
Bien qu'il y ait contribué de manière évidente, Guillermo Ochoa ne fut pas le seul facteur capable d'expliquer que ce match fut passionnant du début à la fin. Il y avait toutes les composantes pour donner un spectacle fantastique. Il y avait de la tension, du combat, mais surtout du jeu, bien aidé par les espaces laissés par les deux équipes qui ne se sont pas ménagées dès que le ballon fut récupéré. Cette rencontre fut une succession de temps forts. Le premier a été brésilien, avant que le Mexique ne se réveille dans le dernier quart d'heure de la première mi-temps et ne se procure des occasions sur des frappes lointaines de Herrera et de Layún. Un bon passage qui s'est poursuivi pour les Mexicains à l'entame de la deuxième période, mais là encore, ils ne se sont procuré des occasions que sur des frappes de vingt mètres de Vázquez, Herrera ou Dos Santos, qui passèrent toujours quelques centimètres au-dessus de la barre transversale. Une dernière frappe de Guardado dans le temps additionnel donnera des derniers frissons dans les rangs de la Seleção.

Neymar trop seul pour sauver le Brésil ?
Au final, on pourra dire que le match nul était somme toute logique au vu de ce qui nous avait été proposé pendant une heure et demie. Le Brésil devait concéder le match nul alors que cela faisait depuis 1976 qu'il n'avait pas remporté ses deux premiers matches de la phase de poule. Plus que le résultat en lui-même, c'est la manière qui pourrait inquiéter Scolari. Même si la question de la qualification du Brésil pour les huitièmes de finale ne se pose pas, celle concernant la première place du groupe serait digne du plus grand intérêt. Une hypothétique deuxième place dans ce groupe A lui permettrait d'éviter l'Espagne, mais il devrait alors affronter les Pays-Bas, et on ne se félicite jamais de croiser une équipe qui vient d'étriller la Roja (5-1) il y a quelques jours. De plus, ces Néerlandais l'avaient éliminé en quart de finale il y a quatre ans en Afrique du Sud (1-2).
Le plus gros problème de cette Seleção semble se situer devant. Déjà transparent lors du match d'ouverture contre la Croatie — mis de côté le fait d'avoir provoqué un penalty qui n'avait pas lieu d'être —, Fred a encore erré comme un fantôme dans l'antre de Fortaleza pourtant surchauffée par un public tout de jaune vêtu et, cette fois, il n'a provoqué rien du tout. Sa sortie pour Jo en plein cœur de la seconde période n'a pas changé grand-chose au fait que Neymar se retrouvait un peu seul pour dynamiser l'attaque brésilienne. Même Oscar et Ramires ne lui furent d'aucun secours. Le premier se perdait dans des passes en retrait inutiles et le deuxième péchait par trop de précipitation. Neymar est très fort. Il est celui sur lequel repose le Brésil dans sa quête d'une sixième étoile à broder au-dessus de son écusson, mais il ne pourra y arriver tout seul, surtout que son milieu de terrain ne semble pas irréprochable. La seule chose à mettre au crédit de la bande à Scolari, ce seront ses excellentes aptitudes à faire la différence sur les ailes, mais est-ce que cela suffira ? Pas sûr...