
Seulement, en huit ans, le pré-adolescent a bien changé. Il est devenu une sacrée baraque de près de deux mètres, mais il n'a pas perdu ses faucettes. Quand il arrive au village olympique, il ne sait pas vraiment où il en est. Il n'arrive pas à dégager de réels objectifs par rapport à son 50 m nage libre, seule course où il est engagé car sa distance de prédilection, le 50 m papillon, n'est toujours pas approuvée comme discipline olympique. À la veille de son entrée en lice, il dit « essayer d'aller en demi-finale et de faire un temps pas trop mal ». Passé en demi-finale, il explique : « La finale, ce serait une bonne chose ». Alors on ne saura jamais ce qu'ambitionnait le petit frère de Laure dans ces Olympiades. Par contre, ce que l'on sait, c'est qu'il ne visait sûrement pas ce qu'il venait de réaliser.
Florent Manaudou en finale du 50 m nage libre
En finale, il est loin d'être le favori : Cesar Cielo et Cullen Jones paraissaient largement au-dessus du lot, donc une petite médaille de bronze aurait déjà eu des allures d'exploit et aurait sûrement ravi les parents de ce dernier. Était-ce parce qu'il ne se sentait en aucun cas favori qu'il fut le seul des huit finalistes à sourire lors de son entrée sur le plot de départ ? En effet, pendant que Cesar Cielo, Cullen Jones, Anthony Ervin et Eamon Sullivan jouaient les grincheux hyper concentrés sur leur course, Florent Manaudou saluait ceux qui étaient venus pour le voir, pour le soutenir dans sa première finale olympique.
Le seul espoir de médaille passait par un excellent départ du nageur sociétaire du club de Marseille. Rien que le temps de réaction montre qu'il a bien mis toutes les chances de son côté. On savait qu'il avait une coulée bien plus longue que ses concurrents et c'est un peu sans surprise qu'on le voyait débouler en premier, mais largement devant les autres. Cependant, le plus dur arrivait car on l'avait bien partir en séries et en demi-finale et après le passage aux 30 mètres, il voyait les autres revenir. Là, pour ce qui est sans doute devenu la course de sa vie, il a gardé son avance et a même mis deux dixièmes d'avance sur le second, Cullen Jones, un écart gigantesque pour un 50 m.
Après ces Jeux Olympiques de Londres plutôt réussis (1 course, 1 victoire), le plus jeune des Manaudou va se poser un peu avant de réfléchir à la suite de sa jeune carrière. On l'a entendu parler de 100 m. Avec Yannick Agnel, dans les prochaines années, les Français vont assommer les bassins de France et de Navarre...