
Empruntés en première période et sanctionnés par un penalty juste avant la pause, les Olympiens ont réagi vertement en deuxième mi-temps à Lorient grâce à un jeu ultra offensif. Avec l'entrée en jeu de Djibril Cissé et une ligne de quatre attaquants, l'OM a renversé la vapeur tout d'abord par Kanga Akalé lancé dans la profondeur (53e) puis par Niang de la tête (81e). Une victoire qui change beaucoup de choses dans la fin de saison des Marseillais qui reviennent à trois points du troisième Nancy.
Première période : Lorient domine avant la pause
En première période, on a assisté à une bonne période de Lorient, même très bonne. Alors qu'on se dirigeait vers la pause sur un match nul, Lorik Cana a commis une faute dans la surface de réparation sur Ulrich Lepen. Ce penalty a ainsi été transformé par Rafik Saïfi à la 43e minute. À la pause, c'était donc déjà mal parti pour Marseille qui voulait revenir à 3 points de Nancy.
Seconde période : Le renversement de l'OM
Cette période a vu une domination nette des Marseillais, et c'est grâce à cette domination que les Phocéens ont égalisé à la 53e minute par Kanga Akalé, qui a marqué son tout premier but sous les couleurs marseillaises. Après une bonne rentrée de Djibril Cissé qui a remplacé Charles Kaboré à la mi-temps, Marseille est passé dans une autre configuration avec 4 attaquants. Cela a été payant et avec un excellent Mamadou Niang, Marseille ne pouvait pas perdre ce match. C'est logiquement à la 81e minute que Niang a donné l'avantage sur un superbe centre de Laurent Bonnart après une belle transversale de Samir Nasri. Les Marseillais ont réussi à tenir le score jusqu'à la fin du match et ils reviennent à 3 points de Nancy.
Déclarations d'après-match : L'analyse de Jean-Alain Boumsong
C. D. : Comment analysez-vous cette victoire ?
J. A. : Nous avons fait quinze bonnes premières minutes et après, nous avons été beaucoup moins bons. Je ne sais pas si c'est la pluie mais nous avons fait une première mi-temps très moyenne et une deuxième période à l'opposé puisqu'elle a été offensivement brillante. L'essentiel est d'avoir gagné car nous étions venus pour prendre les trois points. Le point du match nul n'était intéressant pour personne. Nous mettons le cinquième à cinq points, ce qui est très positif. Cela nous permet d'être calés à la quatrième place. Nous revenons à trois points de Nancy qui a perdu à l'extérieur. Cela nous fait récupérer le non-match que nous avions fait contre Sochaux. Nous regagnons les points perdus.
C. D. : En deuxième période, l'OM s'est vraiment tourné vers l'offensive...
J. A. : Nous étions obligés. Avec trois attaquants, nous devions utiliser toute la largeur, les côtés. Eric Gerets avait mis des faux pieds, un gaucher à droite et un droitier à gauche. Kanga Akalé a fait un très bon match dans le repli défensif et dans la percussion offensive. Il a marqué le premier but et a réalisé beaucoup de choses intéressantes. Mamadou Niang est revenu à son meilleur niveau en deuxième mi-temps, bien meilleur que sa première période. Nous avons joué sans Cheyrou, sans Valbuena, ce qui n'est pas rien car ce sont des joueurs importants pour nous. Gagner sans eux ici démontre que dans ce groupe, il y a des joueurs qui peuvent pallier les absences des uns et des autres. Maintenant, il y a un gros morceau qui nous tend les bras, Lyon, et il faudra être bons pour garder le bénéfice de cette victoire à l'extérieur.
C. D. : Avez-vous senti une prise de conscience ce soir ?
J. A. : Nous devons continuer à espérer faire cette Ligue des Champions et il faut donc gagner des matches. Cette course-poursuite avec Nancy va durer jusqu'au bout, jusqu'à la dernière journée. C'est le plus régulier qui l'emportera. Nous avons des matches difficiles, Nancy aussi. Ce n'est pas joué. Je ne veux pas être dur mais je voudrais, qu'à un moment donné, l'on réfléchisse sur les conditions d'arbitrage. Je crois que sur le penalty de Lorient, le ballon est déjà parti sur la faute de Lorik Cana. C'est toute la différence entre un arbitre qui a des sensations football et un qui n'en a pas. Ce n'est même plus être mauvais ou bon. L'arbitrage va devenir un vrai problème dans notre championnat car il faut les aider avec la vidéo. Cela marche très bien au rugby, il faudrait y penser pour le football car ça leur donnerait les moyens d'être plus respectés par tout le monde. Il est seul pour 22 joueurs, quelquefois loin de l'action et doit prendre une décision rapide. Ce n'est pas évident pour lui mais c'est aussi pénalisant pour les équipes que ce soit nous ou Nancy et Lens hier. Je crois qu'il faut les aider.
Réaction d'Eric Gerets : Analyse tactique
C. D. : Eric, que pensez-vous de cette victoire ?
E. G. : Il y avait une différence entre le jeu de la première et de la deuxième mi-temps. Je ne suis pas vraiment mécontent de la première période. Seulement, nous avons construit un peu trop lentement. Nous aurions dû faire circuler le ballon plus rapidement. Avec le but que nous avons encaissé, nous étions obligés de prendre plus de risques en jouant avec trois attaquants et avec Samir Nasri derrière. Ce qui est un peu regrettable, c'est que nous avons parfois fait le mauvais choix dans la dernière passe. Nous aurions pu gagner avec plus de buts d'écart. Je crois que la prestation de toute l'équipe et plus particulièrement du secteur offensif, en deuxième mi-temps, a été très bonne.
J'avais dit à Zenden que, lorsque nous étions en possession du ballon, il devait soulager un peu Nasri pour donner la possibilité à Modeste M'Bami d'avoir le ballon dans les pieds et de construire. Ils ont aussi essayé de jouer au football en première période en construisant. Tout le monde était concentré. Mais il fallait plus. Il fallait cinq ou six joueurs sur chaque attaque, être plus dangereux devant. Kanga Akalé et Mamadou Niang sont extrêmement dangereux quand ils rentrent vers l'intérieur. Je trouve que Niang est plus dangereux quand il peut partir du côté gauche. Aujourd'hui, Kanga Akalé a fait un grand match.
Le fil du match avec Pape Diouf
C. D. : C'est une grosse satisfaction. En tant que président, êtes-vous soulagé ?
P. D. : Avant le soulagement, c'est le sentiment du devoir accompli qui prédomine. On connaît nos objectifs et après la série néfaste que l'on a connue, il fallait impérativement réussir quelque chose de probant. On a réalisé une première période un peu difficile. En seconde période, avec les consignes d'Eric Gerets et la volonté de tous, on a pris le match à notre mesure en jouant comme on aurait dû le faire, en gagnant plus de ballons, plus de duels et en concrétisant les occasions que l'on s'est procurées.
C. D. : Mené au score, l'OM est revenu à égalité avant de prendre l'avantage...
P. D. : L'OM avait vraiment envie de ramener la victoire. On a marqué les deux buts qu'il fallait même si on peut regretter de ne pas avoir tué le match plus tôt. Mais il faut savoir que nous sortions d'une période de convalescence donc tout n'est pas encore parfait. Mais je pense que le résultat de ce soir va nous aider à panser les plaies de ces dernières semaines et repartir de l'avant.
C. D. : Les choix tactiques ont permis à l'OM de revenir au score et de l'emporter...
P. D. : Les choix tactiques ne sont formidables que lorsque l'équipe gagne. Ce soir, les consignes ont correctement été appliquées par les joueurs. Les choix de l'entraîneur sont sensiblement toujours les mêmes. Pour que cela fonctionne, il faut une volonté collective de l'emporter et un peu de réussite. Je pense que tout cela était réuni ce soir.
C. D. : La course à la troisième place est-elle selon vous complètement relancée ?
P. D. : On a fait une fixation sur la troisième place mais aujourd'hui mon objectif est que nous revenions dans le jeu et dans le succès. On fera les comptes à la fin, aujourd'hui, c'est prématuré. Après chaque journée, on fait les comptes en regardant qui est devant, qui est derrière mais le plus important est de jouer à notre niveau et de remporter des victoires.