
Le visage de Jeannie Longo en disait long sur ce que ressentait la cycliste française. La déception n'était pas cachée, aucune esquive ni dissimulation. Un moment de sincérité symbole d'une passation de pouvoir annoncée depuis le début des années 2000. Plus que la défaite, c'est le fait de voir Londres s'éloigner qui la blessait. Elle a perdu son titre, mais surtout elle n'a pas réussi à trouver les forces pour accrocher un podium salvateur qui lui aurait offert un billet pour les Jeux.
Comme dit le dicton : le malheur des uns fait le bonheur des autres. Les « autres », ce sont les jeunes pousses qui arrivent sur le devant de la scène et à qui une grande carrière est promise. Cette relève, on la voit à travers deux jeunes filles bercées par les performances de la grande Jeannie.
Audrey Cordon : la vice-championne prête pour Londres
La première d'entre elles, Audrey Cordon, vice-championne de France de la spécialité, ne boudait pas son plaisir sur la ligne d'arrivée : « J'y étais pas si loin mais elle mérite de gagner. Sur la fin, j'ai perdu pas mal de temps. » Sa seconde position lui donne de grandes chances pour aller aux Jeux Olympiques en juillet prochain, même s'il faudra attendre la course en ligne pour connaître les forces en présence.
Pauline Ferrand-Prévot : la nouvelle reine
Quant à la grande gagnante, cycliste de l'équipe néerlandaise Rabobank, Pauline Ferrand-Prévot, déjà championne de France espoir contre-la-montre, on lui prédit un avenir brillant. « C'est super. Je suis tellement heureuse, je ne réalise même pas. Ce n'était pas facile. Le chrono était un peu trop court pour que je fasse vraiment la différence mais les 26 kilomètres ont suffi », disait la jeune cycliste.
Elle a aussi ajouté : « Battre une athlète comme Jeannie Longo, c'est énorme et surtout une très grande fierté et j'adorerais être cinquième d'un championnat de France quand j'aurai 53 ans. »
Une fin de règne contestée ?
Tout le monde ne s'accorde pas sur ce point. La médaillée de bronze, Edwige Pitel, 43 ans, ne cachait pas son sourire en voyant la place de Longo : « Enfin, elle va se barrer. » Ce message renferme de la rancœur car Longo l'a toujours éclipsée. Si Longo était encore la meilleure l'année dernière, ce n'est pas un hasard. Avant Pauline Ferrand-Prévot, aucune n'avait pu remettre en cause sa suprématie, une faute attribuée à une génération sans talent. Longo peut encore espérer un ticket vers les JO, mais pour cela, il faudra qu'elle soit sur le podium lors de la course en ligne.