C'est après 15 années d'une carrière remplie de victoires que Michael Jordan prend, à 40 ans (il est né le 17 février 1963 à New York), une retraite bien méritée. Retour sur le parcours exceptionnel de celui qui a révolutionné le basket mondial.
Les débuts de Michael Jordan en Caroline du Nord
Dès 19 ans, lors de la finale NCAA (championnat universitaire) du 29 mars 1982 face à Georgetown, Jordan se révèle comme un joueur décisif en marquant quatre des cinq derniers paniers de son équipe, dont celui qui offre le titre à North Carolina à 15 secondes de la fin pour une victoire 63-62.
En mai 1984, Jordan est drafté en troisième position par les Bulls de Chicago, où il va porter le désormais célèbre numéro 23, et entre ainsi dans la NBA. Dès son troisième match, il montre qu'il est un joueur hors norme en marquant 45 points, dont 22 dans le dernier quart-temps. Pour sa première saison, il finit meilleur marqueur, rebondeur et passeur de son équipe et permet aux Bulls de retrouver les play-offs, ce qui lui vaut le titre de Rookie of the Year 1985. Le 1er juillet, il devient champion olympique avec une équipe composée des meilleurs universitaires américains.
Malgré des matchs d'exception, Jordan n'arrive pas à s'emparer du titre de champion NBA. Le 20 avril 1986, lors de la défaite contre les Boston Celtics du fabuleux Larry Bird qui déclarera « Je pensais que c'était Dieu déguisé en Michael Jordan », il inscrit 63 points. Puis, il inscrit 61 points le 16 avril 1987 contre l'équipe de son ami Dominique Wilkins (qui en marquera 57) et encore 69 points le 28 mars 1990 (meilleure performance de sa carrière). Néanmoins, même sans être champion, il se forge un palmarès : il gagne le Slam Dunk Contest de 1987 et 1988 — un dunk depuis la ligne des lancers-francs après lequel le commentateur s'exclamera « Oh mon Dieu, j'ai vu un homme voler » — ainsi que le titre de MVP 1988, qu'il gagnera 5 fois au cours de sa carrière. À noter également sa saison 1986-1987 où il marquera 37,1 points de moyenne, sa meilleure performance en la matière.

La consécration : les titres NBA avec les Bulls
Il lui faudra attendre 1991 pour voir « His Airness » devenir champion NBA, titre qu'il conservera en 1992 puis 1993. En juillet 1992, il devient champion olympique pour la seconde fois à Barcelone avec l'équipe qui reste aujourd'hui la plus belle de tous les temps, avec notamment Magic Johnson et Larry Bird. En 1993, pour son premier match contre Shaquille O'Neal, il marque les esprits avec 64 points, deuxième performance de sa carrière.
Mais après l'assassinat de son père, le 23 juillet 1993, le cœur n'y est plus. Jordan n'a plus ni l'envie, ni de défis à relever et déclare « Je n'ai plus rien à gagner. Je veux que mon père ait vu mon dernier match NBA ». Il se lance alors dans une carrière de joueur de baseball dans un club de deuxième zone.

Les retours successifs de Michael Jordan
En 1995, Jordan annonce son retour. En demi-finale des play-offs, il perd la balle qui aurait dû lui permettre de marquer le panier de la victoire. L'année suivante, rien ne lui résiste et le 16 juin 1996, jour de la fête des pères, Jordan s'empare pour la quatrième fois du titre NBA. Il conservera ce titre en 1997 et 1998, où il marque encore le panier décisif en finale NBA, volant le ballon à Karl Malone pour inscrire sur le buzzer les deux points de la victoire.
Le 14 janvier 1999, après le départ de son coach Phil Jackson et alors que la NBA est en grève, il prend sa retraite. « Le mental n'y est plus. Je n'ai plus la flamme » déclare-t-il alors.

Mais le 28 septembre 2001, la fièvre du jeu le reprend et il annonce un nouveau retour avec les Washington Wizards, dont il est propriétaire depuis 2000. Le 29 décembre, il marque 51 points et fait taire les critiques... définitivement. L'année qui vient de passer a ressemblé à une tournée d'adieux, tant Jordan a été applaudi, à domicile comme à l'extérieur. Le 9 février, au All-Star Game, il rentre à nouveau un tir à 15 secondes de la fin qui aurait pu lui offrir une sortie en héros, si Kobe Bryant n'en avait décidé autrement en marquant sur le buzzer. Pour son dernier match à domicile, il aura droit à une standing ovation de 165 secondes.
Hier, pour son dernier match à Philadelphie, il a perdu (107-87) et marqué 15 points. Washington, une des plus faibles équipes NBA avant son arrivée, rate de peu la qualification pour les play-offs.
L'ère Jordan (15 années de domination et près de 1200 matchs, durant lesquels il a fini meilleur marqueur 10 fois) est donc achevée. Désormais, place aux Bryant, Iverson et autres Carter !