
Cela fait maintenant quatre saisons que mon club, l'OGC Nice, a retrouvé les joutes de la première division française. L'entraîneur actuel Frédéric Antonetti a repris l'équipe cette saison, succédant ainsi à notre emblématique coach allemand Gernot Rohr, qui a bâti les fondations du renouveau niçois.
Club phare des années 50, le Gym a remporté quatre titres de Champion de France et deux Coupes de France durant cette période. Il fait partie du clan très fermé des équipes françaises tombeurs du Real Madrid. Malgré l'arrivée de joueurs de renommée internationale, le club azuréen ne gagne rien dans les années 70, finissant plusieurs fois finaliste ou malheureux second.
Histoire de l'OGC Nice : des années 80 aux années 2000
L'année 1982 est même cauchemardesque avec, à la clé, une descente en deuxième division en dépit d'une équipe composée de jeunes prometteurs. La remontée se fait en trois ans et Nice réalise en 1989 sa meilleure saison depuis 25 ans avec une sixième place très encourageante, mais pas suffisante pour accéder à nouveau à l'Europe. Pire, deux ans plus tard, le club subit une relégation pour raisons financières — la mauvaise gestion financière est véritablement un fléau niçois !
Le retour dans l'élite se fait en 1994 et le vieux Gym tient trois ans avant de redescendre à nouveau après une saison catastrophique (dernier au classement, le plus petit nombre de points marqués de l'histoire du championnat français). Mais les supporters niçois se consolent avec la victoire de leur équipe en finale de Coupe de France 1997 aux tirs au but (8 000 Niçois à Paris).
L'ère italienne et la remontée en Ligue 1
Découvrant le football, je m'attache véritablement au club de ma ville durant cette période qui est loin d'être la plus heureuse de l'histoire du club. L'arrivée des Italiens à la tête de l'équipe promettait plein d'espoirs de remontée, mais c'est le contraire qui faillit se produire. Le président, également propriétaire de l'AS Roma, nous promet des joueurs de talent mais ce sont des jeunes sans talent et sans envie qui débarquent à Nice la plupart du temps. L'équipe n'a plus d'âme, elle est au bord de la descente en National et se sauve pour quelques points chaque saison, avec notamment une valse d'entraîneurs tous les six mois et un recrutement de joueurs venus de tout part.
Alors qu'une nouvelle saison se profile, qui apparaît aussi stressante sportivement que les précédentes avec toujours à la tête du club les maudits Italiens pour qui le club n'a aucune valeur sentimentale, on retrouve une équipe plus combative et composée de quelques bons footballeurs. Ce championnat 2001-2002 se passe très bien : Nice lutte pour la montée et la vente, quasiment à dix matches de la fin du club par les Italiens, arrive comme un soulagement et même un signe du destin après tant d'années de galères. En fin de parcours, l'OGC Nice termine troisième et accède sportivement à la première division !

DNCG, possible perte du statut pro... Puis le soulagement, Nice en L1 !
Mais décidément, rien ne se passe normalement à Nice. Le club se voit refuser ce qui lui est dû car c'est une nouvelle fois l'aspect financier qui fait tout déraper. C'était trop beau : le départ des Italiens n'était pas innocent à cela, leur mauvaise gestion économique était désastreuse.
Un dossier béton est préparé, de nouveaux dirigeants sont annoncés pour la survie du club qui fait appel de la décision. Celui-ci est refusé et le club passe tout droit du rêve au cauchemar. On parle de relégation en National, donc de perte du statut professionnel, voire même de la disparition totale du club azuréen ! Les amoureux du club ne peuvent rien faire, personne n'est au courant de rien, on s'informe uniquement en lisant les brèves de Nice-Matin.
Finalement, un dernier recours au Comité Olympique qui reçoit notre réclamation et un nouvel examen devant le Conseil fédéral le 19 juillet nous est favorable : Nice est enfin promu en Ligue 1 ! Quel soulagement pour tous les supporters et les joueurs niçois qui avaient gagné leur place sur le terrain.
Une saison 2002-2003 historique sous Gernot Rohr
Le championnat débute dans quinze jours. Le club, qui n'a pas la possibilité de recruter onéreusement, jette son dévolu sur des joueurs remplaçants des équipes de l'élite, se faisant prêter au moins sept joueurs qui évolueront comme titulaires tout au long de la saison. Celle-ci s'annonce très difficile avec comme entraîneur Gernot Rohr, tous les médias voyant déjà le Gym finir bon dernier au vu du peu de temps eu à disposition pour fonder une équipe compétitive.
C'est tout le contraire qui se produit : soutenu par ses incroyables supporters au sang chaud par moments, Nice survole pendant longtemps le championnat. Le club, emmené par son capitaine José Cobos, se retrouva plus de dix fois leader de la Ligue 1 devant les grosses cylindrées que sont Lyon, Marseille ou Monaco.
Mais la mauvaise préparation physique d'avant saison des joueurs niçois et le peu d'expérience qu'ils ont ne leur permettent pas de poursuivre ce rêve éveillé. L'équipe chute logiquement au classement et la saison se termine en milieu de tableau (qualification pour l'Intertoto tout de même) pour ces héros qui n'étaient pas des cadors du football mais des joueurs revanchards de leur situation — joueurs prêtés par des clubs qui estimaient qu'ils ne valaient rien.

Confirmation en Ligue 1 et exploit contre Monaco
Le nouvel homme fort du Gym, Maurice Cohen, président ambitieux mais d'abord occupé à restructurer le club sur le plan économique, est obligé après pression des supporters et à cause d'une situation sportive difficile de mettre fin à sa relation avec le sulfureux entraîneur allemand Gernot Rohr à quelques matches de la fin de la saison 2004-05, estimant que celui-ci se butait sur ses choix, emmenant le club droit vers la Ligue 2.
Mais avant cela, deux années convaincantes ont eu lieu avec notamment une nouvelle qualification pour la Coupe Intertoto et une onzième place. L'équipe est toujours aussi combative à l'image d'un match énorme de la part des joueurs niçois : menés 3-0, soutenus toujours par leurs supporters, ils réussissent l'impossible en remportant le match 4-3 contre... Monaco dans une ambiance « argentine ». Didier Deschamps, l'entraîneur monégasque à l'époque, en fait encore des cauchemars. Les joueurs avoueront après match qu'ils n'avaient jamais connu pareille ambiance.
Malgré ce match, la fin de saison est très difficile. Une défaite 4-0 en Coupe de France face à Nîmes, qualifiée de « honte » pour le club par le président niçois, fait basculer à ce moment-là le destin de l'entraîneur allemand, poussé sur le départ par une majorité des supporters niçois.

La Brigade Sud 1985 : le cœur des supporters niçois
La Brigade Sud est un groupe ultra, un des plus vieux de France. Il n'est pourtant composé que de 1 500 à 2 000 membres, mais la force des supporters niçois, c'est leur fidélité. La BSN a fêté ses vingt ans l'année dernière, mais aussi la passion qu'ils portent à leur ville.
Les chants qu'on retrouve au Stade du Ray sont principalement en français mais aussi en niçois et italien, Nice n'étant française que depuis 1860. Le mélange des cultures donne une ambiance très latine en tribunes.
Le rôle des supporters est de jouer le douzième homme pour son équipe. À Nice, on peut parler de ce phénomène : quand les supporters niçois chantent à l'unisson, le Ray devient une véritable forteresse, les tribunes étant près du terrain, les adversaires ressentent plus la pression que dans d'autres stades en France.
La rivalité Nice-Monaco
Les Monaco-Nice sont des matches très attendus par les Niçois. Le débarquement dans les rues de la ville princière en voiture ou scooters (à l'italienne), c'est un peu les « pauvres chez les riches » et grâce à l'engouement du peuple niçois, le résultat depuis la remontée est toujours favorable.
La fidélité des supporters
En fin de saison 2004-05, la BSN a sorti une gigantesque banderole suspendue au grillage afin de remercier ses joueurs d'avoir fait honneur à leurs couleurs tout au long de la saison et pour les féliciter de leur victoire face au rival monégasque. Les joueurs ont été très émus à leur entrée sur la pelouse.
« NOUS SOMMES FIER DE VOUS » (BSN 85)
Le match Nice-Nantes qui devait être décisif pour le maintien voit la BSN et leurs membres responsables du groupe faire passer un message fort aux joueurs avant la rencontre : un tract distribué dans le vestiaire des joueurs appelant ces derniers à aller au combat et à se battre pour le club. Les supporters n'ont pas oublié les années de galère de D2.
Depuis la remontée, c'est une mentalité « nissarda » (niçoise) qui s'est créée, des supporters soudés derrière leur équipe après tous les malheurs connus par le passé. Les Niçois viennent au stade pour chanter leur fierté d'être « nissart ». Nissa la Bella, hymne de la ville, est repris en chœur avant chaque match au Ray.

De Rohr à Antonetti : de la construction à l'ambition
Avec l'arrivée de Frédéric Antonetti, l'OGCN veut commencer à bâtir une équipe européenne en vue du Grand Stade qui devrait voir le jour pour fin 2007. Un début de saison difficile pour l'entraîneur corse : le 4-3-3 qu'il a mis en place s'avère infructueux, ce dispositif isolant Bakary Koné, la perle ivoirienne du Gym (meilleur buteur de L2 avec 24 buts avec Lorient), sur le côté droit, poste où il n'est pas à l'aise.
Le coach niçois sera très critiqué car plusieurs défaites à domicile interviennent à cette période malgré un fond de jeu réel. Il mettra dix matches à se rendre compte que Nice ne gagnera pas en continuant comme cela et passe à un 4-3-1-2 avec Marama Vahirua positionné en meneur axial derrière deux attaquants. Ce changement va lancer la saison du Gym, Bakary retrouvant son poste d'avant-centre.
Une finale de Coupe de la Ligue historique
Une deuxième partie de saison du feu de Dieu (3ème des matches retours) permet au club de finir à la 8ème place — c'est le meilleur résultat depuis des décennies. L'OGC Nice atteint même la finale de la Coupe de la Ligue mais la victoire n'est pas au rendez-vous : battu par Nancy, mais le déplacement sur la capitale de plus de 20 000 Niçois est une réussite historique alors que la SNCF a mis des bâtons dans les roues aux supporters en mettant à disposition un très faible nombre de trains.
Le peuple niçois, solidaire de cette situation, réalise une grosse performance en tribunes. Le président de la Ligue, Monsieur Frédéric Thiriez, parla même de la meilleure ambiance du Stade de France depuis longtemps.
Malgré le fait que la victoire n'a pas été au bout — ce qui aurait permis à Nice d'être en avance sur son projet européen (le vainqueur accède à l'UEFA) — la ferveur qui a entouré l'événement annonce un avenir ensoleillé au vieux Gym.
Saison 2006-2007 : les ambitions et le futur du Gym
Antonetti reconduit, tout comme plusieurs cadres qui ont prolongé l'aventure, le Nice version 2006-07 devrait repartir sur les mêmes bases que celles qui ont permis au club de faire une belle fin de saison dernière.
Les cadres de l'équipe
L'expérience est là avec Cyril Rool et Olivier Echouafni (largement trentenaires chacun et plus de 150 matches à leurs actifs). Le métronome niçois Florent Balmont, longtemps annoncé dans divers clubs, devrait finalement rester au club. Marama Vahirua, l'homme de la dernière passe, continue également.
Le milieu de terrain devrait donc être sensiblement le même avec l'achat définitif du jeune Brésilien Ederson, auteur du but de la qualification en fin de match pour la finale contre Monaco dans une ambiance électrique.
Le recrutement estival
Du côté du secteur offensif, le club a recruté définitivement David Bellion qui était prêté par Manchester United et qui a démontré en fin de saison un potentiel non négligeable. L'arrivée surprise est celle de l'attaquant lillois Moussilou pour 4 M€, lui qui a été remplaçant cette saison mais qui il y a deux ans avait réalisé une grosse saison. Il a l'avantage d'avoir fait deux campagnes européennes.
Sammy Traoré, le rigolo de la bande, l'animateur de vestiaire mais tout de même très bon défenseur, est parti pour le PSG. Son remplaçant a été retrouvé rapidement : il s'agit du capitaine strasbourgeois Cédric Kanté, également d'origine malienne comme le néo-parisien.
L'arrivée d'un latéral gauche est maintenant la priorité de recrutement du club.
Les espoirs de la saison
Mais le club compte surtout sur la base de l'année dernière pour progresser. Certains joueurs n'avaient jamais jouu en Ligue 1, plus maintenant, et on espère qu'un joueur comme Bakary Koné explosera dans cette nouvelle saison, lui qui a été auteur d'un joli Mondial en Allemagne malgré l'élimination prématurée de l'équipe nationale ivoirienne (il a réalisé un somptueux but contre les Pays-Bas).
Également de la confirmation du latéral droit Rod Fanni qu'on disait supervisé par la Juventus et qui a lui aussi prolongé son contrat.
L'avenir du Gym s'avère donc intéressant pour les supporters rouge et noir. L'OGC Nice attire à nouveau des joueurs de talent et espère renouer dans le futur avec son glorieux passé — et pourquoi pas se prendre à rêver d'un titre européen.