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L'eternelle crise automnale

Carlo Ancelotti l'a admis : le PSG est en crise. Analyse de cette difficulté collective.

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Bon nombre d'observateurs pensaient qu'à coup de pétrodollars, les coutumes incontournables du Paris Saint-Germain allaient s'estomper. Nous étions persuadés que Carlo Ancelotti, arrivé lors des premiers jours de l'année 2012, éviterait l'éternelle crise d'automne que son prédécesseur sur le banc du Parc des Princes, Antoine Kombouaré, avait lui-même connue quelques semaines avant son départ. Depuis une dizaine d'années, que ce soit Luis Fernandez, Vahid Halilhodzic, Laurent Fournier, Guy Lacombe ou Paul Le Guen, le mois de novembre a toujours été l'un des mois les moins prolifiques, quel qu'ait été le niveau de l'effectif et du classement du moment.

Les entraîneurs n'aiment généralement pas avouer en public que leur gestion subit des difficultés, mais Carlo Ancelotti était tellement énervé à la suite de cette nouvelle défaite sur son terrain contre le Stade Rennais (2-1), où sa formation s'est inclinée en jouant près d'une demi-heure à onze contre neuf, qu'il ne put cacher sa déception. Dans un élan de sincérité, il exprimait son désarroi : « le PSG est en crise ». Comment, après avoir dépensé tant de millions d'euros, le PSG pourrait-il se retrouver en crise au bout de trois mois ?

Pourtant, après le recrutement d'Ezequiel Lavezzi, de Marco Verratti et des arrivées conjuguées de deux superstars de la trempe de Thiago Silva et, par-dessus tout, de Zlatan Ibrahimovic, il était fort probable que Paris s'installe en haut du championnat sans laisser que des miettes à ses adversaires. Malgré un début de saison quelque peu compliqué, le club de la capitale retrouvait la tête de la Ligue 1 le soir d'un succès peu enthousiasmant dans son antre contre le Stade de Reims (1-0 après un but de Gameiro). On le croyait alors bien installé, qu'il ne lâcherait plus jamais cette place, mais après un deuxième échec à domicile deux semaines après une défaite face à Saint-Étienne, Lyon lui passait devant.

D'un point de vue purement sportif, il faut pourtant avouer qu'il est difficile de trouver un match vraiment emballant en championnat pour le Paris Saint-Germain. À part sur la réception du Dynamo Kiev (victoire 4-1), lors de la première journée de la phase de poule de la Ligue des Champions, que Paris retrouvera mercredi soir avec pour objectif la qualification, on n'a eu le plaisir de voir que des morceaux de matches, voire une mi-temps, comme ce fut le cas lors du Classique (2-2 au Stade Vélodrome). En voyant Paris, on se remet rapidement en tête que le sport que l'on aime tant, le football, est avant tout un sport d'équipe où le collectif prend le dessus sur l'individuel, même si, au XXIe siècle, on essaie de mettre les joueurs en avant. Alors, c'est vrai, pour qu'un collectif se mette à bien marcher, c'est un avantage d'avoir des hommes capables de faire la différence.

Un collectif à créer

Les joueurs, Paris en a à la pelle. Il a le meilleur effectif du championnat de France, mais force est de constater que le PSG que les Qataris essaient de forger n'est toujours pas une équipe. Et ce problème, Carlo Ancelotti aura du mal à le régler. Pourtant, du côté du PSG, les joueurs disent le contraire. « L'ambiance est vraiment très bonne. Il n'y a pas de clans du tout. Tout le monde se parle et personne ne joue les divas », résumait le capitaine parisien, Mamadou Sakho, avant que Salvatore Sirigu n'ajoute : « un effectif ne se forge pas en quelques semaines. Cet été, il y a eu beaucoup de changements. Et en plus, ceux qui sont arrivés sont logiquement entrés dans l'équipe type donc il y a des repères à trouver. Le jour où on pourra être stable, ça serait sûrement meilleur sur la pelouse ».

Côté Ancelotti, on préférait trouver autre chose. Il a signalé d'ailleurs que « des choses allaient changer ». C'est bien, mais on se demande bien quoi. Il montrait sans doute du doigt les attitudes de Jérémy Ménez et de Javier Pastore, qui ont parfois marché face à Rennes. Ce serait donc la raison qui expliquerait que ces deux derniers soient écartés du onze de départ face à Kiev. Par changement, il pensait aussi à son attitude personnelle. Ne voulant froisser aucun égo, il restait très pédagogue, mais on est forcé de voir que cela ne marche pas vraiment.

Des perspectives rassurantes

Mais sur le tableau du Paris Saint-Germain, tout n'est pas noir non plus. À commencer par la confrontation de Kiev qui, en cas de match nul, qualifierait les joueurs de Carlo Ancelotti et qui, en cas de victoire, permettrait de jouer la première place du groupe lors d'un match Paris-Porto qui s'annonce bouillant. La semaine prochaine, Paris pourra également prendre sa revanche sur Saint-Étienne, qui l'avait battu 2-1 en championnat, pour une place en demi-finale de la Coupe de la Ligue. Et pour finir, on pourrait dire aussi que les Parisiens vont bénéficier d'un calendrier un peu plus simple que lors des trois derniers matches. Samedi, ils recevront Troyes avant d'aller du côté d'Evian-Thonon-Gaillard et d'accueillir Nice. Ensuite, il faudra aller au Stade du Hainaut et recevoir Lyon avant un déplacement à Brest à quelques jours de Noël.

Avec tant de défauts et sans jeu, Paris n'est qu'à deux points de Lyon, le leader qui, par ailleurs, pourra en prendre cinq en cas de victoire au Vélodrome mercredi prochain, et pourrait largement basculer en tête pour débuter 2013. Et avis aux populations, Zlatan revient...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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