
On commencera d'abord par le début de match parfait de la Roja qui impressionnait par sa maîtrise, sa force, sa conquête et son mouvement pendant une très grosse partie de la première mi-temps. Une période de domination qui se conclut de la plus belle des manières pour le Champion du Monde en titre lorsque Diego Costa s'écroula dans la surface et que l'arbitre italien de la partie désigna le point de penalty. Une faute injustement sifflée contre Stephan De Vrij qui permettait à Xabi Alonso d'aller ouvrir le score. Avant cela, l'Espagne s'était procuré quelques situations chaudes sans jamais faire frémir Cillessen. C'est surtout après l'ouverture du score qu'elle eut l'opportunité de doubler la mise. On pensera avant tout à cette balle piquée de David Silva bien stoppée par Cillessen à la réception d'une passe laser de Xavi.

Robben prend sa revanche
Tout semblait tranquille pour les Espagnols. Trop tranquille pour que ça dure. Et quand la sérénité se transforme en suffisance, il y a souvent déconvenue à l'arrivée. L'Espagne ne dérogera pas à la règle et se fera punir peu avant la mi-temps par une tête plongeante de Robin Van Persie qui lobait Casillas. L'affaire n'était plus du tout la même et le jeu espagnol non plus car l'égalisation redonna des couleurs aux Hollandais. La défense à trois défenseurs centraux de Van Gaal semblait enfin en place. Le pressing plus puissant de Martins Indi et De Jong perturbait le jeu de la Roja fait de passes courtes. Quand la conservation du ballon lui échappe, l'Espagne ne semble plus tout à fait maîtresse de son destin car elle n'est pas habituée à ne pas avoir le ballon et hier, la gestion des contres oranjes fut une calamité. Blind, déjà passeur sur l'égalisation de Van Persie, rejouait la scène mais cette fois avec Arjen Robben. Là où Sergio Ramos paraissait coupable sur le but du Mancunien, ce fut à Gerard Piqué d'être fautif sur le deuxième but néerlandais, le défenseur catalan se faisant piéger par un crochet avant de voir le Munichois donner l'avantage aux siens. Casillas se prenait la tête dans les mains comme si le ciel lui tombait sur le coin de la face. Et son affaire ne s'arrangeait pas lorsque De Vrij allait en marquer un troisième bien que Van Persie chargea irrégulièrement Casillas sur le coup franc à l'origine du but. Comme si l'addition n'était pas encore assez salée comme cela, Iker Casillas manquait son contrôle, à la réception d'une passe en retrait de Jordi Alba, qui permettait à Van Persie d'y aller de son doublé bientôt suivi par Arjen Robben qui prenait de vitesse Sergio Ramos avant de rejoindre son compatriote au sommet du classement des buteurs.
L'Espagne peut-elle se qualifier ?
Il y a quatre ans, l'Espagne avait aussi perdu son premier match contre la Suisse (0-1) avant de devenir la première équipe à remporter la Coupe du Monde en ayant perdu son match d'ouverture. Lors de ce Mondial sud-africain, les Espagnols n'avaient encaissé que deux buts sur l'ensemble de la compétition (contre la Suisse et le Chili en phase de poules). En une seule rencontre, ils en ont encaissé trois de plus. Mais il serait prématuré d'enterrer le champion du monde en titre car il est largement capable de battre l'Australie et le Chili et encore plus, concernant le deuxième, depuis qu'ils ont pu le voir mis en difficulté par l'Australie. Si la question de la capacité des Espagnols à se sortir de cette poule B ne se pose pas pour l'instant, la principale information de la journée serait que la chance que se retrouvent l'Espagne et le Brésil en huitièmes de finale grossit fortement...