
L'équitation est un sport qui traîne de nombreux préjugés. Pourtant, beaucoup de ces idées reçues sont fausses ou méritent d'être nuancées. Démêlons le vrai du faux.
L'équitation est-elle vraiment un sport trop cher ?
Ceci n'est qu'à demi vrai. Quand un enfant exprime l'envie de commencer l'équitation, c'est bien cette première idée qui vient à l'esprit des parents. Au début de la pratique, et si l'on en reste au stade de club, l'équitation n'est pas plus chère qu'un autre sport. Il est vrai qu'il faut du matériel, mais quel sport n'en requiert pas un minimum ?
Généralement, les clubs peuvent fournir un casque aux débutants (ou aux pratiquants occasionnels). Le pantalon ? Un simple jogging peut faire l'affaire au début, ou un pantalon bien serré. Les bottes ? Une paire de bottes de pluie suffit (avec des talons, très important – question de sécurité !). Ce petit matériel suffit largement pour commencer. Et les cours ? Ce n'est pas parce que l'équitation fait intervenir un animal que les cours sont à des prix inabordables : ce n'est pas le cheval qui prend des cours, c'est vous !
Il est certain que plus on avance, plus l'envie d'acquérir l'ensemble du matériel qu'offre le monde équestre est alléchante. Et c'est là que l'idée reçue sur le coût de l'équitation devient vraie. Le matériel actuel est très cher, mais souvent de bonne qualité et généralement en cuir. De plus, l'équitation étant le seul sport où un animal intervient, un si grand animal a besoin de beaucoup de matériel. Mais ce stade financier n'intervient qu'assez tard dans la carrière d'un cavalier, et uniquement s'il dispose de sérieux moyens.

L'équitation muscle-t-elle vraiment le corps ?
Faux, faux, faux, archi-faux ! L'équitation est un sport. Et qui plus est, un sport qui muscle véritablement. Ne serait-ce que parce que l'équitation est une discipline olympique, elle mériterait d'être considérée comme un sport à part entière par la population française. Car en plus de viser Athènes, les Français ont de fortes chances de remporter quelques médailles.
Ensuite, au niveau du cavalier : parmi les personnes qui n'ont véritablement jamais monté à cheval (en mettant à part les tours de poneys faits dans la tendre enfance), je vous lance le défi de faire, ne serait-ce qu'une petite heure, un vrai cours d'équitation. Attendez le lendemain, et vous verrez que l'équitation muscle partout. Il est clair que même avec 20 ans de cheval dans les jambes, vous n'atteindrez jamais la carrure de Schwarzenegger, même pas le tiers d'ailleurs. Mais le fait est que l'équitation muscle, différemment des autres sports, mais elle muscle. Et jusqu'aux plus petits adducteurs dont vous ne soupçonniez même pas l'existence.
Vous utilisez tout : les jambes, les mollets tout comme les cuisses, les bras (un peu moins mais tout de même) jusque dans les doigts, le dos (rester archi droit pendant toute une séance de dressage vous le prouvera), et qui plus est vous utilisez votre tête ainsi que la matière grise qu'elle contient. Car quelle chose fantastique d'être responsable et attentif à un cheval. Une phrase dit « Il n'y a pas de secret plus intime que ceux d'un cavalier et de son cheval ». Et il est vrai que comprendre un pareil animal est quelque chose de formidable. Ce n'est pas pour rien qu'on dit du cheval qu'il est la plus belle conquête de l'homme.

Le cheval fait-il tout le travail à notre place ?
Complètement faux ! En équitation, il n'y a qu'une seule discipline où le cheval fait absolument tout, tout seul : c'est celle de tout faire pour vous mettre par terre. Sans vouloir effrayer les novices, pensez-vous qu'un animal qui pèse en moyenne 600 kg (pouvant atteindre la tonne pour les plus énormes), qui a un cerveau plus ou moins bien développé et qui plus est est une proie, va tout faire tout seul dans le seul but de satisfaire la personne qui a posé son postérieur sur son dos ? Je vous garantis que non.
Le cheval, à l'état sauvage, est une proie, et nous sommes pour lui un prédateur. Son premier réflexe inné sera de fuir devant nous, de tout faire pour nous échapper. Lorsqu'il sera apprivoisé, il ne saura pas de naissance comment ramener un troupeau de bétail, dérouler une reprise de dressage par cœur, ou passer un parcours d'obstacles sans faute en un temps record – tout seul, sans commande du cavalier ! Tout cela, il l'apprend, avec un cavalier certes, mais c'est lui l'élève. Lorsqu'il sera bien dressé, il sera apte à répondre aux demandes de son cavalier. Par exemple, pour faire avancer un cheval, on ne va pas hurler « yaaaaa » comme les cow-boys ou le matraquer de coups de cravache, non, une simple pression des mollets lui indiquera que l'on désire qu'il se porte en avant. Et cela est valable dans toutes les disciplines équestres du monde.
Conclusion : un sport riche et accessible
En conclusion, l'équitation est un sport qui, malgré ses mauvaises étiquettes, apporte de grandes satisfactions à qui sait être persévérant et compréhensif. Car l'équitation, c'est même plus qu'un sport : c'est un art, des connaissances anatomiques et vétérinaires. C'est aussi des dizaines de disciplines différentes adaptées à tous les goûts : sports d'équipe, de perfection, de sensations fortes et de jeux. Bref, un sport à choix multiples, à pratiquer de 7 à 77 ans !