Khvicha Kvaratskhelia, ailier du Paris Saint-Germain, a été désigné meilleur joueur de la Ligue des champions pour la saison 2025-2026. Avec 10 buts et 6 passes décisives en 15 rencontres, le Géorgien de 25 ans a porté son équipe vers un deuxième sacre continental consécutif, une performance rare dans l'histoire du football européen. Retour sur une campagne qui inscrit son nom au sommet du football mondial.

Les chiffres qui placent Kvaratskhelia au sommet
Une production offensive record
Avec 16 implications directes sur des buts en Ligue des champions cette saison, Kvaratskhelia établit le total le plus élevé jamais enregistré par un joueur du PSG sur une seule édition de la compétition. Il devance des noms comme Kylian Mbappé, Neymar ou Zlatan Ibrahimović, qui ont pourtant marqué l'histoire du club parisien.

Le Géorgien est le troisième joueur de la compétition qui a le plus tiré au but par 90 minutes (4,19), derrière Mbappé et Victor Osimhen, selon les données compilées par L'Équipe. Il est aussi le second Parisien qui a tenté le plus de dribbles (cinq par match, avec 50 % de réussite) derrière Désiré Doué. Mais ce qui frappe, c'est sa capacité à être décisif dans les moments qui comptent.
Un rendement qui explose en phases finales
La phase de ligue avait pourtant été discrète pour Kvaratskhelia : 3 buts et 3 passes décisives en 8 matchs. Mais dès l'entrée dans le tableau final, le déclic s'est produit. En huitièmes de finale contre Chelsea, il inscrit un doublé lors du match aller remporté 5-2. En quarts, face à Liverpool, il est décisif lors des deux rencontres : un but au Parc des Princes lors du match aller (2-0), puis une prestation majuscule à Anfield.
En demi-finales contre le Bayern Munich, Kvaratskhelia réalise sans doute son chef-d'œuvre. Lors du match aller au Parc des Princes, il inscrit un doublé et délivre une passe décisive dans une rencontre de folie remportée 5-4 par le PSG. Au retour, il provoque le penalty qui permet à son équipe de valider sa qualification pour une deuxième finale consécutive. Au total, depuis les huitièmes de finale, Kvaratskhelia a été décisif à neuf reprises : 6 buts et 3 passes décisives. Personne n'a fait mieux dans la compétition.

Le facteur X du PSG version Luis Enrique
Un style de jeu qui change tout
Ce qui distingue Kvaratskhelia des autres ailiers de haut niveau, c'est sa capacité à créer du danger à partir de presque rien. Son mouvement favori ? Partir côté gauche, attirer son adversaire direct, puis repiquer dans l'axe pour armer une frappe puissante. Un geste qu'il a automatisé au fil des années, au point qu'il n'a presque plus besoin de touche inutile pour le déclencher. « C'est mon objectif, je le travaille beaucoup, étant donné que je suis ailier : repiquer dans l'axe et tirer », expliquait-il avant la demi-finale aller contre le Bayern dans des propos rapportés par L'Équipe.
Mais son jeu ne se limite pas à cette spéciale. Kvaratskhelia est un joueur de très haut volume, qui touche en moyenne 70 ballons par match. Il fixe les défenses adverses, attire les fautes, et libère des espaces pour ses coéquipiers. En finale contre Arsenal, c'est lui qui a provoqué le penalty transformé par Ousmane Dembélé pour l'égalisation, après avoir été fauché par Mosquera à la 62e minute.

L'engagement défensif, la marque des grands
Luis Enrique, son entraîneur, ne tarit pas d'éloges sur son apport dans le jeu sans ballon. « C'est un guerrier, un joueur qui transmet des sensations très positives avec le ballon. Et sans le ballon, c'est un vrai plaisir en tant qu'entraîneur », confiait le technicien espagnol en avril dernier dans un entretien relayé par France 3 Paris Île-de-France.
Dans le système parisien, le pressing à la perte du ballon est une obligation. Kvaratskhelia s'y plie avec une hargne rare pour un joueur offensif de son calibre. Il n'hésite pas à défendre bas, à couvrir les montées de son latéral, et à provoquer des pertes de balle adverses dans le camp adverse. Cette polyvalence en fait un joueur complet, capable de s'adapter à tous les contextes de match.
La route vers le titre : des moments clés
Le tournant Liverpool
Le PSG a failli voir son parcours s'arrêter dès les huitièmes de finale. Le 5 mars, au Parc des Princes, les Parisiens dominaient Liverpool dans les grandes largeurs mais s'inclinaient 1-0 sur un contre assassin à la 87e minute. Comme le rapportait Le Monde, un long ballon atterrit sur la tête de Darwin Núñez, qui gagne son duel aérien avec Marquinhos avant de servir Harvey Elliott pour le but de la victoire. Un scénario cruel qui ressemblait à un hold-up parfait des Reds.
Au retour à Anfield, le PSG devait renverser la vapeur dans un stade bouillant. C'est là que Kvaratskhelia a livré l'une de ses plus grandes performances. Buteur et passeur décisif, il a porté son équipe vers une victoire 2-0 qui reste comme l'un des matchs référence du PSG version Luis Enrique.

La démonstration face au Bayern
Si un match résume la campagne de Kvaratskhelia, c'est bien la demi-finale aller contre le Bayern Munich. Dans un match complètement dingue, remporté 5-4 par le PSG, le Géorgien a inscrit un doublé et délivré une passe décisive. Sa capacité à faire basculer un match en un éclair a été décisive.
Lors du match retour, Felix Kroos, commentateur et frère de Toni, a confié avoir noté sur son carnet : « Khvicha Kvaratskhelia, Ballon d'Or ». Toni Kroos, tout aussi admiratif, a toutefois tempéré : « Il ne sera pas champion du monde. » Ces échanges, rapportés par Goal, ont eu lieu lors d'un épisode du podcast « Einfach mal Luppen », dont les épisodes sont disponibles sur les plateformes d'écoute habituelles.
Une finale à suspense
La finale contre Arsenal a pourtant mal débuté pour les Parisiens. Menés 1-0 dès la 6e minute sur un but de Kai Havertz, les hommes de Luis Enrique ont longtemps semblé incapables de trouver la solution face au bloc défensif des Gunners. Le trio Doué-Dembélé-Kvaratskhelia était réduit à néant en première période. Mais Kvaratskhelia a provoqué le tournant du match à la 62e minute. Lancé dans la surface, il a été fauché par Mosquera, offrant un penalty que Dembélé a transformé pour l'égalisation. Le Géorgien a ensuite touché le poteau à la 77e minute, avant que le match ne se termine aux tirs au but (1-1, 4-3 TAB). Un scénario qui rappelle que le PSG a gagné en maturité et en solidité mentale.

Une consécration historique pour le PSG
Premier Parisien à remporter ce trophée individuel
Kvaratskhelia devient le premier joueur du Paris Saint-Germain à être élu meilleur joueur de la Ligue des champions. Une performance qui prend encore plus de sens quand on sait que le club parisien court après ce titre individuel depuis des années. Des joueurs comme Mbappé, Neymar ou Messi ont pourtant marqué l'histoire de la compétition, mais aucun n'avait décroché cette distinction.
Cette récompense intervient après une saison exceptionnelle pour le PSG, qui a remporté sa deuxième Ligue des champions consécutive en battant Arsenal aux tirs au but en finale. Le club parisien devient ainsi le neuvième de l'histoire à réaliser le doublé en C1, après des géants comme le Real Madrid, Benfica, l'Inter Milan, l'Ajax, le Bayern Munich, Liverpool, Nottingham Forest et l'AC Milan.
Un parcours européen maîtrisé
Le chemin du PSG vers la finale n'a pas été un long fleuve tranquille. Après une phase de ligue terminée à la 11e place avec 14 points (4 victoires, 2 nuls, 2 défaites), les Parisiens ont dû passer par les barrages contre Monaco (5-4 sur l'ensemble des deux matchs). Ils ont ensuite écarté Chelsea (8-2), Liverpool (4-0) et le Bayern Munich (6-5) avant de dominer Arsenal aux tirs au but. Kvaratskhelia a inscrit des doublés lors des matchs clés contre Chelsea et le Bayern, confirmant son statut d'homme des grands rendez-vous.
Un Géorgien dans la cour des grands
Le parcours d'un enfant de Tbilissi
Khvicha Kvaratskhelia est né le 12 février 2001 à Tbilissi, en Géorgie. Fils de Badri Kvaratskhelia, international azerbaïdjanais, il a baigné dans le football dès son plus jeune âge. Formé au Dinamo Tbilissi, il dispute son premier match professionnel à seulement 16 ans, le 29 septembre 2017, face au Kolkheti 1913 Poti. Ce jour-là, il délivre déjà une passe décisive.
Son parcours l'a mené en Russie, au Lokomotiv Moscou puis au Rubin Kazan, avant de rompre son contrat en mars 2022 en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Un choix fort, qui l'a conduit au Dinamo Batoumi, puis au SSC Naples à l'été 2022 pour environ 10 millions d'euros.
L'éclosion à Naples, la confirmation à Paris
C'est à Naples que Kvaratskhelia s'est révélé au monde entier. Surnommé « Kvaradona » par les supporters napolitains en référence à Diego Maradona, il a remporté le Scudetto dès sa première saison en Italie. Son transfert au PSG en janvier 2025, pour un montant estimé à 70 millions d'euros, a été présenté comme la meilleure recrue hivernale de l'histoire.
En un an et demi à Paris, Kvaratskhelia a déjà remporté deux Ligues des champions consécutives, un titre de champion de France, et s'est imposé comme l'un des meilleurs joueurs du monde. Son palmarès individuel s'enrichit désormais de ce trophée de meilleur joueur de la Ligue des champions.
La question du Ballon d'Or
Cette récompense relance inévitablement le débat sur le Ballon d'Or. Kvaratskhelia, qui était 12e au classement 2025 dominé par son coéquipier Ousmane Dembélé, fait désormais figure de sérieux candidat pour l'édition 2026.
Mais un obstacle de taille se dresse sur sa route : la Coupe du monde. La Géorgie n'est pas qualifiée pour le tournoi estival en Amérique du Nord, et l'histoire récente du Ballon d'Or montre que la compétition mondiale pèse lourd dans les votes. Comme le soulignait Toni Kroos dans le podcast des frères Kroos rapporté par Goal, « Il ne sera pas champion du monde. »
Pourtant, Kvaratskhelia ne s'inquiète pas. Interrogé sur le sujet, il préfère soutenir la candidature de son coéquipier Dembélé. « Ousmane est un joueur exceptionnel. Nous l'avons encore vu ce soir. Il a montré pourquoi il avait remporté le Ballon d'Or l'année dernière. Et il est capable de le remporter plusieurs fois », a-t-il déclaré après le doublé de l'international français lors de la victoire 2-0 contre Liverpool à Anfield le 14 avril, selon Goal.
Le contraste Ligue des champions - Ligue 1
Des statistiques qui interrogent
Un constat s'impose : Kvaratskhelia est nettement plus performant en Ligue des champions qu'en Ligue 1. En championnat, le Géorgien affiche 8 buts et 4 passes décisives en 28 matchs, soit presque le double de rencontres pour des statistiques inférieures à celles de la compétition européenne.
Cette différence s'explique en partie par le style de jeu du PSG en Ligue 1, où les équipes adverses jouent souvent très regroupées défensivement. En Ligue des champions, les espaces sont plus grands, les duels plus ouverts, et Kvaratskhelia peut pleinement exprimer ses qualités de dribbleur et de finisseur.
La réponse du principal intéressé
Interrogé sur ce sujet avant la finale, Kvaratskhelia a tenu à relativiser dans une interview accordée au site officiel de la Ligue des champions et relayée par RMC Sport : « Certains disent que j'apporte plus à l'équipe lors des matchs de Ligue des champions, mais je ne le pense pas. Il y a des matchs où l'on ne parvient pas à marquer ou à faire de passe décisive, mais où l'on aide quand même l'équipe du mieux qu'on peut, ce qui est exactement la stratégie que notre équipe applique. »
Une réponse qui en dit long sur l'état d'esprit du joueur. Pour lui, l'important n'est pas tant les statistiques que la contribution collective. « Quand je sors du terrain à la fin d'un match, je veux être sûr d'avoir donné 100 % et aidé l'équipe à gagner », ajoutait-il.
L'humilité d'un champion
Un joueur apprécié dans le vestiaire
Au-delà de ses performances sur le terrain, Kvaratskhelia est unanimement apprécié pour sa personnalité. « À chaque entraînement, on prend simplement du plaisir à se retrouver et on est très heureux. Je n'ai jamais vu un joueur arriver le matin à l'entraînement avec l'air triste, car quand on vient ici, on ne peut s'empêcher de sourire », confiait-il en avril 2026 dans des propos rapportés par France 3 Paris Île-de-France.
Son intégration au PSG s'est faite naturellement. Arrivé en cours de saison, il a rapidement trouvé sa place dans un collectif déjà bien rodé. Sa relation avec Ousmane Dembélé est particulièrement forte, les deux joueurs combinant régulièrement sur le terrain et partageant une complicité évidente en dehors.
Une ambition intacte
Malgré cette consécration, Kvaratskhelia ne compte pas s'arrêter là. « Je suis heureux d'avoir marqué beaucoup de buts et délivré beaucoup de passes décisives, mais je veux terminer le travail et continuer à le faire aussi longtemps que possible », déclarait-il avant la finale dans l'interview accordée au site officiel de la LDC et reprise par RMC Sport.
À 25 ans, le Géorgien a encore de belles années devant lui. Son contrat avec le PSG court jusqu'en 2029, et tout porte à croire qu'il continuera à marquer l'histoire du club parisien et de la Ligue des champions.
Conclusion
Khvicha Kvaratskhelia est bien plus qu'un simple élu meilleur joueur de la Ligue des champions. Il incarne la nouvelle génération du football européen, celle qui allie talent technique, engagement physique et humilité. Son parcours, de Tbilissi à Paris en passant par Naples, raconte l'histoire d'un joueur qui a su saisir chaque opportunité pour s'imposer au plus haut niveau.
Avec 10 buts et 6 passes décisives en 15 matchs de C1, le Géorgien a livré une campagne européenne historique. Mais au-delà des chiffres, c'est sa capacité à faire basculer les matchs dans les moments décisifs qui restera dans les mémoires. Du doublé contre Chelsea à la provocation du penalty en finale contre Arsenal, en passant par la démonstration face au Bayern Munich, Kvaratskhelia a été le facteur X du PSG version Luis Enrique.
Cette récompense individuelle vient couronner une saison collective exceptionnelle, marquée par le deuxième sacre consécutif du PSG en Ligue des champions. Un exploit rare, que seuls huit clubs avaient réalisé avant les Parisiens. Et si la question du Ballon d'Or reste ouverte, une chose est sûre : le gamin de Tbilissi a déjà marqué l'histoire du football européen.