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Juste pathétiques

Les Bleus s'inclinent lourdement (0-3) au Brésil. Analyse d'une inefficacité inquiétante.

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Il y a un peu moins de quinze ans, le 12 juillet 1998, jour de la finale de la Coupe du Monde qui vit l'équipe de France l'emporter sur son territoire, les Bleus avaient largement battu la Seleção sur le score de 3-0 après un doublé de la tête de Zinédine Zidane et un ultime but d'Emmanuel Petit dans les derniers instants de la partie. Quand on commet une telle agression, un crime de lèse-majesté, face à l'une des plus grandes nations du football de tous les temps, on s'attend forcément à ce que le boomerang nous revienne un jour ou l'autre dans la figure.

En 2006, quand le hasard et surtout une magnifique victoire en huitième de finale contre l'Espagne ont voulu que Français et Brésiliens se retrouvent sur le même chemin qui les voyait se rencontrer en quart de finale, on pensait que les Sud-Américains en profiteraient pour se venger. Cependant, il y a maintenant sept ans, l'équipe de France avait encore une équipe de talent où des diamants tels que Zinédine Zidane ou Thierry Henry permettaient à la France de l'emporter. Finalement, il aura fallu une petite quinzaine d'années pour que le Brésil rende la monnaie de sa pièce à l'équipe de France et quoi de mieux qu'un stade de Porto Alegre à guichets fermés pour réaliser la performance. L'équipe de France n'avait pas concédé trois buts à son adversaire depuis une défaite en 2008 contre l'Autriche (1-3) et ne s'était pas inclinée par trois buts d'écart depuis le Championnat d'Europe des nations de 2008 qui avait vu les Pays-Bas infliger un cinglant 4-1 à des Bleus déjà en fin de cycle.

Chaque défaite de l'équipe de France est un triste événement pour toute personne se réclamant supporter des Bleus, mais celle-ci l'est peut-être encore un peu plus. Sa saveur est légèrement différente car l'équipe en face était le Brésil, et une confrontation face à la nation cinq fois championne du monde n'est jamais vraiment anodine, même quand il s'agit d'un match amical. Et cette défaite n'est pas comparable aux autres qui l'ont précédée car elle conclut la première saison de Didier Deschamps et de son staff à la tête de l'équipe de France. L'ancien entraîneur de l'AS Monaco s'est assis à onze reprises sur le banc pour quatre victoires, deux nuls mais surtout cinq défaites.

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Hulk et Neymar : une menace permanente

En une seule saison, Didier Deschamps a perdu plus de matches que Laurent Blanc en deux ans (il avait perdu à quatre reprises en vingt-sept rencontres), ce qui devient inquiétant sachant que dans un peu plus d'un an, la Coupe du Monde s'ouvrira au Brésil. Hier, on a vu une toute petite équipe de France contre une formation qui sera sûrement prétendante au titre de championne du monde l'année prochaine.

Dans un premier temps, on fut agréablement surpris par le début de match, surtout sur le plan défensif. Les Bleus parvenaient à anéantir les offensives brésiliennes avec plus ou moins de sérénité, mais à la mi-temps, la cage de Hugo Lloris était encore inviolée donc le principal était sauvé. Sur les côtés, Mathieu Debuchy et Jérémy Mathieu éprouvaient des difficultés à maîtriser Hulk et Neymar, tous deux très actifs dans leurs couloirs respectifs, mais ils faisaient le nécessaire pour qu'il n'y ait pas péril en la demeure. Mais en deuxième mi-temps, quand les Brésiliens commencèrent à accélérer le mouvement, le Magpie et le Valencien ne pouvaient plus contenir les assauts respectifs de Hulk et de Neymar. "Je ne me suis pas senti en difficulté pendant une heure mais je dois bien avouer que la suite a été plus délicate parce que Neymar et Hulk sont d'excellents joueurs qui peuvent faire le geste décisif à tout moment", concédait Jérémy Mathieu.

Une défense qui a tenu une cinquantaine de minutes avant qu'Oscar n'ouvre la marque, bien aidé par les absences d'Adil Rami. Un but mérité vu la physionomie du match, bien qu'au départ de l'action du but, Marcelo avait clairement fait faute sur Mathieu Valbuena. Et la défense française, qui a encaissé au moins un but lors des neuf derniers matches, s'inclina ensuite par deux fois en fin de match, d'abord par Hernanes à la suite d'une perte de balle de Dimitri Payet, puis par Lucas Moura qui transformait un penalty concédé par Mathieu Debuchy sur Marcelo. "On se prend trois buts largement évitables. Sur le premier, il y a faute sur Mathieu Valbuena. Si on n'encaisse pas ce but, je ne suis pas certain que la suite se déroule de la même manière. Le second, l'action part de nous. Dimitri Payet contrôle mal son ballon, le rend aux Brésiliens qui ont pu contre-attaquer à quatre contre deux. Et le troisième est sur penalty. Ces buts étaient évitables mais le fait est qu'on les a encaissés quand même, ce qui est un peu embêtant", s'inquiétait le sélectionneur.

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Eternelle inefficacité défensive... et offensive

Si l'équipe de France a fait preuve de largesses défensives, c'est aussi offensivement que les Bleus ont été décevants encore une fois. Le constat est saisissant : lors de sa première saison au commandement de la maison bleue, l'équipe de France de Didier Deschamps n'a inscrit que onze buts en autant de rencontres, alors que son prédécesseur marquait un but et demi par match. Comme quatre jours plus tôt en Uruguay, le début de match fut intéressant et encourageant. Le ballon était rapidement récupéré et on constatait une envie réelle de relancer proprement, même si dans l'exercice, Adil Rami s'est souvent emmêlé les pinceaux. Devant, on sentait une volonté de jouer vite, à une touche de balle et vers le but de Julio Cesar, même si cela occasionnait forcément des pertes de balles. Sans vraiment bouger la défense brésilienne bien en place, les Français parvenaient à se créer des situations, pas vraiment des occasions, quand Payet ouvrait sur Blaise Matuidi ou quand Joshua Guilavogui fut tout près d'être à la réception d'un corner. Et même en début de seconde mi-temps, on crut voir le réveil des Bleus qui jouaient plus haut, qui se mettaient à tirer de loin par Yohan Cabaye et Dimitri Payet, et puis vint cette cinquante-deuxième minute, ce but d'Oscar qui enterra les derniers espoirs tricolores d'arracher quelque chose de positif de cette tournée printanière.

Contre l'Uruguay, Luis Suárez marqua à peu près en même temps que le fit le Londonien hier et on avait été déçu par le manque de réaction et d'envie de revenir dans le match, qui décelait un déficit d'engagement. On crut voir la même seconde période dans son déroulement : un but rapide et des Bleus en état de sommeil, incapables de changer le cours de la partie. Déjà que l'animation offensive était poussive lors des cinquante premières minutes, elle est devenue inexistante pour les quarante dernières qui restaient. Ce manque d'envie, d'engagement et de rage est inadmissible à ce niveau-là. Soucieux de ne pas exposer directement ses joueurs, Didier Deschamps se montra tout de même agacé par l'état d'esprit dont firent preuve les siens et notamment ses entrants : "Ils n'ont presque rien apporté, même dans l'engagement, on ne peut pas dire qu'ils nous aient servis à grand chose. Contre le Brésil, tu as le droit de subir mais pas de baisser les bras".

Quand on sort de cette tournée aussi négative, on est forcément inquiet en vue des échéances internationales importantes qui se profilent. Il faudra d'abord gérer la fin des qualifications qui devraient logiquement mener la France vers les barrages du mois de novembre, et quand on étudie les différentes possibilités d'adversaires que pourraient affronter les Tricolores comme la Belgique, on se dit que la route qui mènerait les Français à la Coupe du Monde brésilienne est encore très longue...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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