
Problème d'identité pour le basket français ?
Dans les temps qui courent, il devient de coutume de parler d'identité nationale. En Pro A, c'est plutôt le fait d'être français qui pose problème actuellement. En effet, le basketteur français devient une espèce minoritaire. Pour dire, à l'heure actuelle, la Pro A est composée à 50,86 % de joueurs étrangers. "Il y a trop d'étrangers dans notre championnat, et, du coup, très peu de joueurs français ont de l'importance et des responsabilités au sein de leur équipe" résume Aymeric Jeanneau, joueur de Villeurbanne et président du syndicat national des basketteurs (SNB).
En effet, à y regarder les stats de ce début de saison, seul le joueur de Vichy, Dounia Issa, est en mesure de rivaliser avec ses compères étrangers. "Joueurs formés 'localement'. Espèce en voie de disparition" était ainsi écrit en fin d'après-midi sur le tee-shirt des dix protagonistes français au moment de la conférence de presse d'avant-match. L'occasion également pour le SNB de se révolter et de pousser un cri d'alarme. "On veut la parité pour l'année prochaine en terme de contrats pros" expliquait alors Jean-François Raymond, responsable du développement du SNB. Ainsi, pour dire, à 20h, au moment de la présentation des équipes, ils étaient peu à donner cher de la peau des Tricolores...

Une victoire française surprise
Touchée dans son orgueil, piquée au vif, la sélection française, emmenée par son cinq majeur (Tchicamboud, Diot, Akpomedah, Issa, Traoré), n'a alors pas mis beaucoup de temps à rentrer dans la partie. Et de la meilleure des manières, surtout. À la fin du 1er quart temps, l'avantage est déjà là. Les Français mènent 26-12, ayant même atteint un +15 à la huitième minute (24-9). Cependant, même si les Tricolores sont toujours devant à la pause, les étrangers (5 majeurs : Woodside, Spencer, R. Greer, Obasohan, Nsomwu) rattrapent leur retard et ne sont plus menés que de 6 pts à la mi-temps (48-42 pour les Français).
"Une qualité de basket vraiment excellente dans cette 1ère mi-temps" s'exclame alors George Eddy, speaker d'un soir. Un peu chauvin, sans doute. Le temps alors pour les "showmans" d'un soir d'entrer en piste. Le temps surtout pour Kareem Reid (Vichy) de remporter le concours de meneurs, Thomas Andrieux (Boulazac, Pro B) de remporter celui de tirs à 3 points et Kevin Kemp le fameux concours de Dunks. Philippe, l'inconnu du public, lui, repart bredouille, son shoot étant trop court. Les 100 000 euros et la gloire éphémère, ce sera donc pour un autre jour.
Mais la gloire, elle, ce soir, était pour les dix Français présents sur le parquet. Malgré des étrangers de plus en plus dangereux, sur le terrain et au score, les Français continuent de se démener, non sans peine : 65-63 à la fin du 3ème quart temps. Ils en viennent même à se permettre d'à nouveau creuser l'écart début du dernier quart temps (86-77 à trois minutes du terme). Le moment venu alors pour les étrangers, emmenés par Spencer (15 pts), de relever la tête, et surtout, d'égaliser.
Avant, à huit dixièmes de la fin, de commettre l'impardonnable. Très légère faute sur Antoine Diot et voilà le Manceau qui se fait justice lui-même et offre la victoire à la sélection française d'un ultime lancer-franc : 89-88. Emmenée par un Steed Tchicamboud (Nancy) auteur de 18 pts et MVP de la rencontre, la sélection française a réussi avec brio à déjouer tous les pronostics. Et a surtout fait passer un message...