
Cela prouve qu'une réelle inquiétude s'était emparée du Paris Saint-Germain et de ses supporters quant aux performances contrastées du Scandinave depuis son retour de blessure. Tous ceux qui s'inquiétaient de son état de forme ont eu l'occasion de se rassurer, et pas seulement parce qu'il a redonné l'avantage aux siens à un quart d'heure de la fin alors que les Néerlandais venaient d'égaliser quelques minutes plus tôt. Et pour en rajouter une couche, il y a mis du style. À vous de juger : contrôle de la poitrine, frappe enchaînée et croisée parfaite qui a logé le ballon dans le petit filet de Cillessen. Mais au-delà de son but, c'est sa présence sur le terrain qui a fait plaisir à voir, tant ses dernières apparitions contre Metz et Marseille avaient été ternes. Hier, il a participé à la plupart des bonnes actions. D'abord, en adressant une passe sublime à Ezequiel Lavezzi qui s'est heurté au gardien d'Amsterdam. Puis, une dizaine de minutes plus tard, en offrant une nouvelle passe à l'Argentin qui, cette fois, a eu la lucidité de donner le ballon à Edinson Cavani pour l'ouverture du score. Alors, bien sûr, Zlatan Ibrahimovic a fait du Zlatan Ibrahimovic. C'est-à-dire qu'il n'a pas rare de le voir marcher dans le rond central ou jouer très loin de son secteur de jeu. Mais c'est bien lorsqu'il a mis une soufflante à Blaise Matuidi que l'on s'est dit qu'on avait bien retrouvé le Zlatan qui brille au PSG depuis deux saisons maintenant.

Ibra et Cavani très efficaces
Son entente avec Edinson Cavani ne semble toujours pas être au point, mais les deux ont réussi à marquer dans le même match, ce qui n'est pas arrivé si souvent. Quand ils n'arrivent pas à se trouver surgit alors Lavezzi qui se presse de faire le lien entre les deux. L'Argentin a pris hier soir une longueur d'avance sur Lucas par sa capacité à mettre l'attaque du PSG en mouvement. Encore hier, on a pu se rendre compte à quel point Lavezzi et Cavani savaient jouer ensemble. La preuve que leur passage à Naples a laissé des traces. Le premier but de Cavani est venu d'une passe décisive de Lavezzi. Le second, en revanche, l'Uruguayen ne le doit qu'à son flair de renard des surfaces et, il faut bien l'avouer, à une grossière erreur de Zimling qui, en voulant faire une passe en retrait pour son gardien, a envoyé Cavani vers un doublé, inscrivant par la même occasion son quatrième but en Ligue des Champions cette saison. On pourrait lui reprocher de nombreuses pertes de balle, souvent dues à des maladresses techniques, mais comment ne pas lui pardonner quand il marque et quand on le voir se battre comme un lion dans les quatre coins de la pelouse pour récupérer le ballon ou offrir une solution à un de ses coéquipiers.

Finale à Barcelone ?
Qu'on ne s'y trompe pas : le secteur offensif parisien est la vraie bonne nouvelle de la soirée. C'est ce que Laurent Blanc a tenu à souligner. « Cette attaque là est très intéressante. Ce n'est pas une nouveauté car l'année dernière aussi elle était de grande qualité. Mais cette saison, avec les blessures, les trois n'avaient pas pu être alignés très souvent. Ils ont été très efficaces. C'est ce que j'attends d'eux ». Mais on ne peut pas mettre de côté le fait que les Parisiens ont été dominés dans le jeu et sur presque la totalité de la rencontre. Hier soir, l'Ajax Amsterdam a eu le ballon entre ses pieds à 55 % du temps, ce que l'on avait déjà vu en Championnat lors de la réception de l'Olympique de Marseille. La question est de savoir si c'est une volonté de Laurent Blanc afin de pouvoir profiter pleinement de sa force en contre-attaque ou si ce phénomène est pleinement subi. On tendrait plus vers la deuxième proposition. Heureusement pour les Parisiens, leurs adversaires de la soirée se sont montrés très peu dangereux. L'égalisation de Klassen a été inscrite sur leur seul tir cadré du match.
Il n'empêche que le PSG de cette saison semble bien moins capable de dominer un match comme il le faisait l'année dernière. Bien sûr, cela se voit moins quand le milieu titulaire peut être mis en place. Mais montrer une telle fragilité au milieu de terrain quand Thiago Motta et Marco Verratti sont absents peut tout de même s'avérer un peu ennuyeux. Pour l'instant, on essaiera de ne retenir que les points positifs et il y en a. Le principal étant qu'avec cette victoire, le PSG se déplacera au Camp Nou dans deux semaines pour y affronter le FC Barcelone avec un point d'avance sur son adversaire. Ce qui veut dire qu'un match nul suffirait aux Parisiens pour finir en tête de leur poule. On sait à quel point cette première place est importante. Éviter des équipes du pedigree de Chelsea, du Bayern Munich ou du Real Madrid n'est pas forcément une mauvaise idée. Pas que le PSG ne serait pas capable de les battre, mais s'il joue comme hier, il faut bien avouer que l'affaire serait compliquée...