
Après la défaite 2-1 encaissée samedi contre Saint-Etienne au Parc des Princes, le discours restait le même. Pour Pastore, "cette défaite était un accident" et selon Salvatore Sirigu, "il ne fallait pas s'inquiéter d'une contre-performance logique après trois mois de championnat". Restait à savoir s'il s'agissait réellement d'un accident de parcours, d'une petite et courte zone de turbulence dans la saison sans faute du Paris-Saint-Germain. Pour le confirmer, la rencontre d'hier contre le Dinamo Zagreb était primordiale, histoire de reprendre confiance avant une série de matches plutôt compliqués jusqu'à la trêve des Fêtes de fin d'année. En s'imposant contre les Croates, Paris est à un point de la qualification en huitièmes de finale et, avec le match nul 0-0 des Portugais du FC Porto sur leur pelouse contre une solide formation du Dynamo Kiev que Paris retrouvera dans deux semaines, les hommes de Carlo Ancelotti peuvent encore jouer la première place du groupe, ce qui leur permettrait d'éviter de très grosses écuries européennes.
PSG : une victoire rapide mais une première mi-temps difficile
Ce succès ne mit pas longtemps à se dessiner. Dès le quart d'heure de jeu, sur un corner joué à deux avec Ezequiel Lavezzi, le ballon trouva directement le pied droit d'Alex qui, remplaçant un Mamadou Sakho responsable de l'ouverture du score stéphanoise selon Carlo Ancelotti, reprenait parfaitement ce ballon de volée et trompait par la même occasion un Kelava peu tranchant. Paris menait au bout de seize minutes de jeu mais ce but de son défenseur central était un peu l'arbre qui cache la forêt, la forêt étant la piètre première mi-temps du Paris-Saint-Germain. Pendant les quarante-cinq premières minutes, on a revu le même PSG que celui de samedi qui a fait bien peine à voir dans son antre du Parc des Princes. La cause de cette mauvaise première période ? Une nouvelle fois, la tactique de Carlo Ancelotti. Son milieu de terrain inédit composé de Blaise Matuidi, Momo Sissoko et Antoine Rabiot n'a pas pesé lourd, tant défensivement qu'offensivement.
Le choix de mettre Marco Verratti sur le banc, estimant qu'il n'était plus au même niveau depuis quelques semaines, n'a pas fonctionné. Dans ce milieu, seul Blaise Matuidi se débattait pour récupérer et bien relancer les ballons, mais que pouvait-il faire avec, à ses côtés, un Momo Sissoko qui n'a toujours pas retrouvé son niveau d'antan depuis son retour de blessure, et un Adrien Rabiot qui a essayé de se battre comme il le pouvait mais dont le niveau, malgré sa jeunesse, n'est toujours pas proche d'un niveau européen ?
Alors, pour combler ce manque de jeu, Zlatan Ibrahimovic s'est déployé dans tous les coins du terrain, jouant à plusieurs postes en même temps. Au départ, il devait jouer neuf, mais on l'a vu à de nombreuses reprises descendre en huit et même en dix. Conséquence directe : il n'y avait plus grand monde devant et, avec un Jérémy Ménez un peu perdu sur la pelouse qui courait partout sans vraiment d'idées, le danger était limité. À la limite, seul Ezequiel Lavezzi a donné du tonus à son équipe parisienne. Il pouvait enfin montrer ses qualités à un public parisien qui n'avait vu de lui qu'un tacle assassin contre un Ajaccien et un tir rageur dans une glacière sur la pelouse du Stade du Dragon du FC Porto. Il courait partout aussi, mais lui donnait des solutions et se battait sur chaque ballon. Cependant, cela ne suffisait pas à donner vie à un jeu parisien bien trop inhibé.
La rentrée de Verratti transforme le match
À la mi-temps, à la faveur d'une gueulante monumentale de Carlo Ancelotti, Marco Verratti faisait son entrée sur le terrain et donnait un soupçon d'équilibre au milieu de terrain parisien qui en manquait cruellement en première période. Passé l'heure de jeu, les évènements s'accélérèrent subitement. Bien servi par Lavezzi, Zlatan Ibrahimovic faisait un contrôle parfait, se retournait et délivrait une passe parfaite dans la course de Matuidi qui se fit une joie de faire à nouveau trembler les filets du portier croate. Quelques minutes plus tard, le Suédois donnait un bon ballon pour Ménez qui, très discret en première mi-temps, parvenait à éliminer un défenseur avant de clouer Kelava sur place. Les "merci Paris" commencèrent à se faire entendre dans les travées du Parc des Princes. Et pour confirmer cela, quoi de mieux qu'un quatrième but, avec encore Zlatan Ibrahimovic à la passe qui, même à terre, trouvait Guillaume Hoarau qui ne manquait pas l'occasion d'inscrire son premier but en Ligue des Champions. La rentrée aux vestiaires des Parisiens à la mi-temps fut agrémentée de sifflets, mais leur sortie du terrain fut accompagnée d'applaudissements.
Ce succès fait du bien au PSG et rassure les hommes de Carlo Ancelotti. De plus, par une victoire aussi large, Paris montre que sa défaite contre Saint-Etienne n'était qu'un écart, une incartade. Son géant suédois a assuré, mais il ne sera pas présent dimanche contre Montpellier. Carlo Ancelotti devra se débrouiller autrement et pourra sans doute compter sur le retour de Nené, de retour de sa blessure à la pommette.