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Sports

Greg LeMond sonne la charge

Greg LeMond rejoint la CCN pour défier l'UCI et lutter contre le dopage dans le cyclisme.

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L'Union Cycliste Internationale vient de débuter un séminaire de deux jours sur le thème "comment rendre le cyclisme plus attractif ?". Ce séminaire a lieu au siège de l'UCI à Aigle, en Suisse. Tous les managers de première division étaient conviés et la présence était fortement conseillée. Cependant, on a pu dénombrer quelques absences de marque, comme celles de Bjarne Riis (Saxo Bank-Tinkoff), Patrick Lefevere (Omega Pharma Quick-Step) et Eusebio Unzué (Movistar), plutôt réfractaires aux dirigeants déjà en place.

L'Union Cycliste Internationale a notamment exposé ses nouveaux systèmes de géolocalisation, capables de rendre les retransmissions télévisuelles un peu plus intéressantes. Il y fut question également de l'animation autour de la course, qui devra être améliorée pour attirer plus de spectateurs aux bords des routes.

Qui est Greg LeMond et que veut la CCN ?

Pendant que l'UCI travaillait sur l'attractivité de son sport, Greg LeMond se trouvait à Londres pour évoquer sa possible future implication dans les grandes instances du cyclisme. Hier, Greg LeMond a également dévoilé qu'il se montrait fortement séduit par le projet de la CCN (Change Cycling Now). La CCN est un nouveau groupe qui met pression sur les dirigeants actuels de l'UCI et principalement sur le duo Pat McQuaid-Hein Verbruggen.

Malgré ce que l'on serait tenté de croire, ce n'est en aucun cas une tentative de putsch ou de coup d'état. Le groupe, présidé par Jaimie Fuller, patron de la société australienne de vêtements techniques Skins, sponsorise certaines équipes du ProTour. Skins a décidé il y a deux mois de porter plainte contre l'UCI et de demander des dommages et intérêts qui pourraient s'élever à deux millions d'euros pour sa participation dans l'affaire Lance Armstrong. Le groupe commence à s'étoffer de plus en plus.

Dans ses rangs, on peut retrouver des pointures techniques de la profession :

  • Mike Ashenden, physiologiste australien spécialisé dans le dopage sanguin, qui a participé aux côtés de l'Union Cycliste Internationale aux dossiers Contador et Armstrong.
  • Paul Kimmage, ancien cycliste professionnel irlandais qui officie aujourd'hui en tant que journaliste au Sunday Times, et qui, comme Jaimie Fuller, a déposé plainte contre l'UCI et ses différents présidents.
  • Eric Boyer, ancien vainqueur de trois étapes du Tour d'Italie, qui a été nommé à la tête de la formation française Cofidis après les divers scandales de dopage qui ont entaché l'équipe en 2004.
  • Jonathan Vaughters, seul à agir encore dans le système cycliste actuel à la tête de Garmin-Sharp.
  • Et depuis hier, Greg LeMond, ancien cycliste américain.

La critique de l'UCI et du dopage

La CCN reproche à l'UCI son inefficacité face aux problèmes de dopage qui éclaboussent la discipline depuis près de quinze ans, comme le réaffirmait Greg LeMond hier : "Le dopage a commencé en 1998 après l'affaire Festina et depuis, cela fait déjà plus de quatorze ans, rien de concret n'a été fait pour endiguer ce problème. On peut même dire que c'est encore pire aujourd'hui".

De plus, l'UCI a confié à une commission indépendante l'investigation de l'affaire Armstrong, mais le déroulement de cette commission ne satisfait pas du tout l'Américain : "Cette commission est une pure mascarade. Déjà, le cahier des charges n'a été rédigé que par l'UCI elle-même. Ce n'est pas normal. L'Agence Mondiale Antidopage n'y participe pas. La commission n'est donc pas indépendante".

Soutien de l'AMA et de l'USADA

De plus, le nouveau groupe qui veut changer le cyclisme dès aujourd'hui peut compter sur le soutien de pas mal de monde, et pas des moindres : "David Howman, directeur général de l'AMA, est venu nous voir ce dimanche pour avoir des informations sur notre projet. À première vue, notre charte serait compatible avec le Code mondial antidopage. On a également parlé avec Travis Tygart, le patron de l'USADA, qui avait l'air d'approuver ce que l'on est en train de faire", expliquait Jaimie Fuller.

Mais dans ce groupe figure également Eric Boyer : "C'est un projet très intéressant. Je suis très heureux d'en faire partie. Je sais que mon expérience du monde cycliste, dans le peloton mondial, pourrait aider. J'aime mon sport et ce serait lâche de ne pas agir, je serais en contradiction avec mes principes".

Greg LeMond président de l'UCI ?

Quand on lui parle du titre de Président de l'Union Cycliste Internationale, Greg LeMond botte en touche : "Si on me demandait de faire l'intérim, il est possible que j'accepterais. Mais je ne ferai pas plus qu'un intérim, je n'ai pas ce petit côté politicien qu'il faut pour le poste". Avant cela, il faudra que Pat McQuaid et Verbruggen démissionnent : "Ils ont fait tant de mal au cyclisme pendant toutes ces années. En ne faisant pas le nécessaire pour arrêter la spirale du dopage, ils ont fait planer un doute permanent sur le cyclisme. Au point que Bradley Wiggins doive absolument se défendre de sa bonne éthique. Seulement, il ne peut même pas justifier ses performances. Ce n'est pas normal. Le cyclisme doit retrouver sa dignité", affirmait celui qui, un certain dimanche de juillet 1989, avait déposé Laurent Fignon pour huit petites secondes. C'est sûr que ce renouveau ne passera pas par Pat McQuaid and Co...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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