
Depuis l'arrivée d'Arsène Wenger aux commandes d'Arsenal, une habitude s'est installée, voire un véritable style de jeu. Le club du nord de Londres a toujours possédé un grand attaquant, un réel leader en pointe. L'étendard en main et balle au pied, ce joueur avait pour mission d'assommer les défenses adverses. Il y a eu Dennis Bergkamp, qui a laissé une trace indélébile dans le cœur des plus fervents supporters des Gunners. Puis, ce fut le tour de Thierry Henry, élu meilleur joueur de l'histoire d'Arsenal il n'y a pas si longtemps. Une statue du recordman de buts en équipe de France trône devant l'Emirates Stadium, symbole de l'amour qui liera à jamais Arsenal et Thierry Henry.
Pour prendre la succession du Français, Robin Van Persie fut le premier à se mettre en avant. Mais tout a une fin. Se rendant compte que sa soif de titres et de victoires ne serait pas satisfaite dans les murs de l'Emirates Stadium, le Néerlandais a abandonné, il y a un an de cela, supporters, coéquipiers et staff qu'il adorait — c'est une certitude — pour s'envoler vers Manchester United avec un titre de champion d'Angleterre en cadeau de bienvenue.
La transition difficile vers Olivier Giroud
Ce départ soudain n'avait pas été préparé par le technicien alsacien. Il s'est trouvé contraint de déposer les clefs de l'attaque entre les mains d'Olivier Giroud, débarqué dans la capitale anglaise au tout début du mois de juillet. Le Français sortait d'une saison étincelante dans les rangs de Montpellier, mais les doutes se faisaient entendre autour du club. Ils se sont poursuivis pendant plusieurs mois et ont fini par titiller les oreilles de l'intéressé.
« Passer après des noms comme Bergkamp, Van Persie ou Henry, ce n'est pas simple. Je suis arrivé en tant que soutien de Robin Van Persie, là les supporters étaient satisfaits, et du jour au lendemain, je suis l'attaquant titulaire. Le championnat français n'est pas très suivi en Angleterre. Pour eux, j'étais un joueur bon mais sans plus, ce que je comprenais », avait-il alors expliqué, la voix un peu triste.
Arsène Wenger s'est mis en tête de débusquer un attaquant plus expérimenté de haut niveau. Une recherche qui a pris des allures de feuilleton estival. Cette saga n'a toujours pas trouvé son clap de fin au rythme des refus essuyés : Luis Suarez, que Liverpool ne voulait pas lâcher malgré les quarante-cinq millions d'euros posés sur la table ; Wayne Rooney, qu'Arsenal pensait attirer sans trop de soucis, l'Anglais étant devenu clairement indésirable durant la fin de règne de Sir Alex Ferguson. Oui, mais ce dernier est parti et son successeur David Moyes compte bien sur celui qu'on envoyait volontiers au PSG il y a quelques mois. Puis, on a entendu le nom de Gonzalo Higuain, mais l'Argentin, conseillé par son compatriote Ezequiel Lavezzi qui a évolué à Naples, a décidé de prendre le poste que venait de laisser libre Edinson Cavani. Ces derniers jours, même le nom de Karim Benzema fut prononcé, ou du moins murmuré.

Giroud confirme son excellent début de saison
Le championnat et les barrages de la Ligue des Champions se profilaient à l'horizon et ils n'allaient pas attendre qu'Arsène Wenger trouve enfin son numéro neuf. Il devait se contenter d'Olivier Giroud en attendant de voir. Sauf que le terme « se contenter » ne sera plus, si la situation reste ainsi, propice ni pertinent. Fini le Olivier Giroud qui se cherchait sur le terrain et avait du mal à communiquer avec ses coéquipiers. Maintenant, on a le droit à un Olivier Giroud sûr de lui, de ses forces et aussi de ses partenaires.
« Une première saison dans un nouveau club, ce n'est jamais simple, surtout dans une équipe comme Arsenal. Je n'ai peut-être pas satisfait toutes les attentes mais je n'ai jamais douté. J'étais rassuré dès la préparation qui s'est très bien passée, autant physiquement que dans le jeu ».
Il le sait, il devra prendre ses responsabilités. Mais il a eu une année pour prendre ses marques et est aujourd'hui pleinement conscient de ce qu'on attend de lui sur la pelouse : « On attend de moi que je serve de pivot ou de point de fixation mais aussi que je marque. L'année dernière, je voulais d'abord faire jouer l'équipe. Je me suis oublié. Résultat, je faisais tout à moitié. Maintenant, j'ai plus confiance en moi et l'équipe me fait confiance également. Je dois tenter plus ».
Un nouveau rôle qu'il a décidé de jouer à la perfection sans attendre. Dès les matches de présaison, l'ancien Montpelliérain avait inscrit huit buts en sept rencontres amicales. Un ratio encourageant qui devait, pour servir à quelque chose, être confirmé en compétition. Là encore, sa forme, ou plutôt son état de grâce, se fait sentir. Lors du premier match de championnat contre Aston Villa (défaite 1-3), Giroud n'a eu besoin que de cinq minutes pour inscrire le premier but d'Arsenal, le temps de couper au premier poteau un centre ras de terre d'Oxlade-Chamberlain. Mercredi, lors du barrage aller de la Ligue des Champions à Fenerbahce, Olivier Giroud fut encore présent pour transformer un pénalty que Théo Walcott s'était évertué à provoquer. Hier, à Craven Cottage face à Fulham, il a prouvé son opportunisme en repêchant un tir non cadré pour donner l'avantage aux siens. Pas besoin d'avoir fait maths sup pour savoir que sur les dix matches disputés depuis juillet par le Bleu, il a marqué à onze reprises, ce qui lui fait une statistique flatteuse à hauteur de plus d'un but par match.
La gestion de la concurrence à Arsenal
Et oui, il est serein et ne redoute pas la concurrence : « Je voulais que Luis Suarez arrive car c'est un excellent joueur qui pouvait faire du bien à l'équipe. On sait, quand on décide d'aller dans un club de cette envergure, qu'il y aura des gars en face. L'année dernière, j'aurais aimé avoir Van Persie à mes côtés. Les noms qu'on a pu entendre n'avaient pas le même style que moi donc je n'avais pas à m'inquiéter. C'est toujours enrichissant d'avoir un joueur de très grand talent avec toi. Ça aide à grandir et à apprendre ».
Arsène Wenger ne cache pas qu'il recherche bel et bien un autre attaquant d'ici la fin de la période des transferts, mais note le bon début de saison de celui que l'Alsacien souhaitait enrôler dès la fin de l'Euro 2012. De plus, il lui réitère sa confiance : « Sa première saison n'a pas été si mauvaise. Il arrivait dans un championnat très compliqué qu'il découvrait. Il se retrouvait seul devant, une position difficile pour un attaquant d'être seul dès le début. Ses premiers matches sont vraiment bien. Il a changé. Mais quoi qu'il en soit, on ne peut pas tenir dans la durée sans un attaquant de pointe supplémentaire. Rien que pour donner plus de possibilités dans le jeu ».