
Sachant qu'il devait jouer juste après, Gasquet ne pouvait évidemment pas être dans les gradins pour assister au duel tchéco-canadien. Mais entre deux exercices d'échauffement, le numéro un français pouvait jeter un œil sur l'un des postes de télévision installés dans les vestiaires et apprendre rapidement que sa saison ne se terminerait pas cette semaine, mais qu'il serait bien à l'O2 Arena de Londres pour y disputer les Masters. "C'était un peu particulier de devoir suivre un autre match. Je voulais voir si Raonic s'en sortait mais en même temps, je devais rester concentré sur mon match. Participer aux Masters, c'est déjà une très bonne nouvelle qui va rendre encore plus belle ma fin de saison, mais ce tournoi de Paris Bercy est un tournoi qui me tient réellement à cœur parce que c'est en France et que tout joueur français veut briller quand il joue chez lui devant son public."
Ce ne sera pas le premier Masters de la carrière du Biterrois, lui qui y a déjà participé il y a six ans. En 2007, il avait été le huitième qualifié et n'avait pas réussi à se qualifier pour les demi-finales (s'inclinant contre Rafael Nadal et David Ferrer, puis l'emportant sur Novak Djokovic). Cette année, il compte faire mieux : "Avec les années compliquées que j'ai traversées il y a trois ou quatre ans, je n'imaginais pas forcément retrouver les Masters un jour. C'est déjà une grosse satisfaction d'y être, mais c'est tellement compliqué d'y participer qu'on n'a pas le droit de ne pas jouer à fond et d'avoir de gros objectifs."

Grosjean et Piatti : les artisans du succès
Surtout, cette qualification pour les Masters est l'aboutissement et la conclusion d'une saison très positive du Biterrois, qui sera à la fin de la saison le meilleur joueur français, devançant sur le fil Jo-Wilfried Tsonga. Il faut bien le dire, ce dernier a été perturbé par quelques blessures à l'orée de la tournée asiatique qu'il affectionne d'habitude. Cette saison, Gasquet l'a abordée d'une manière bien différente. Ses deux entraîneurs, Grosjean et Piatti, n'y sont pas pour rien. Sébastien Grosjean avoue : "Avec les problèmes qu'il a connus, son jeu a un peu changé. Il s'est trop recroquevillé sur lui-même. Lui qui était offensif et qui aimait prendre des risques, il s'est mis à défendre. Il pensait plus à retourner la balle plutôt qu'à attaquer. En gros, il ne croyait plus en lui alors qu'il avait besoin de confiance."
Ils lui ont donc concocté un programme riche dans lequel il participerait à des tournois plus modestes. Le tournant de cette saison, c'est sa victoire à Doha en janvier pour l'ouverture de sa saison. Piatti ajoute : "Le but était qu'il gagne un tournoi rapidement même si l'adversité n'est pas sensationnelle. Sportivement, ce n'est pas forcément un exploit, mais dans la tête, c'est très important. Sa victoire à Doha l'a bien lancé." D'ailleurs, sans sa victoire à Moscou à la fin du mois de septembre, certainement que Richard Gasquet n'aurait pas reçu le petit smoking floqué de son nom que l'on donne aux participants aux Masters. Mais le jeu du vainqueur de Nishikori a également changé : "J'en avais marre de le voir reculer constamment dans le court. Ce n'était pas possible quand on a ses qualités de retourneur. Mais il devait aussi travailler physiquement pour tenir l'intégralité d'une saison", reconnaissait l'ancien numéro quatre mondial.
Gasquet prêt pour Nadal et les Masters
La semaine prochaine, à Londres, peut-être que le tout nouveau numéro un français retrouvera la route de Rafael Nadal comme ce fut le cas en 2007. Mais avant cet hypothétique duel, les deux se retrouveront assurément ce soir. Sachant que le Biterrois n'a plus battu le numéro un mondial depuis dix ans et leurs années juniors, on se dit que le Palais Omnisport de Paris Bercy pourrait être le cadre parfait pour inverser cette statistique peu flatteuse. Une victoire lui donnerait, du moins en cas de succès, le plein de confiance avant une semaine importante et tout aussi excitante...