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Froome prend rendez-vous

Froome remporte le Critérium du Dauphiné et impressionne avant le Tour de France.

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Cette fois, Christopher Froome n'aura pas à débourser la coquette somme de deux cents francs suisses. C'est pourtant ce même montant que le grimpeur britannique a eu à payer samedi pour ne pas s'être rendu à la conférence de presse d'après-étape. Histoire de faire taire la polémique naissante, il avançait une confusion et assurait n'avoir pas manqué ce rendez-vous de façon intentionnelle. Mais les journalistes présents ne lui en tinrent pas rigueur, tant sa démonstration de l'après-midi avait éclipsé cette histoire insignifiante.

S'il y en a un qui a réussi sa semaine, c'est bien Christopher Froome. Le leader de la Sky, qui n'avait plus gagné depuis la Ruta del Sol en début d'année, a réussi la prouesse de remporter les deux étapes du week-end, qui venaient parachever une semaine durant laquelle il sembla monter progressivement en régime. D'abord limité jeudi et vendredi où il ne parvint pas à décrocher le vaillant Tejay Van Garderen, il est apparu beaucoup plus serein sur les deux dernières étapes. Mais c'est principalement hier après-midi, dans la courte ascension vers Modane où il prit assez d'avance sur Van Garderen, que Froome impressionna ses adversaires lorsqu'il attaqua à un peu plus de trois kilomètres de l'arrivée pour venir remporter son deuxième Critérium du Dauphiné après 2013, année où il écrasa le Tour de France.

« Je crois qu'on a retrouvé le grand Chris Froome. Pas dans ses attaques car il a toujours gardé cette guitare qui lui permet de créer une différence rapidement. Mais ces derniers temps, il semblait incapable de garder le même rythme pour distancer ses adversaires. Aujourd'hui, il a su en remettre pour décrocher Van Garderen », commentait Pierre Rolland.

Il y a deux ans, son premier succès sur le Dauphiné avait suivi un début d'année 2013 durant lequel Chris Froome avait presque tout raflé (Tour d'Oman, Critérium International et Tour de Romandie). Cette seconde victoire est bien différente, car on attendait énormément de cette semaine pour connaître le niveau réel de celui qui entamera le Tour dans moins de trois semaines dans le costume de favori.

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Bilan mitigé pour les favoris du Tour

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y avait du très beau monde présent cette semaine sur la route du Dauphiné. Mis à part Chris Froome, le peloton contenait de nombreux coureurs qui espèrent briller durant le mois de juillet (Nibali, Valverde, Van Garderen, Rui Costa pour ne citer que les principaux). Parmi ceux-là, seul Tejay Van Garderen a semblé être en mesure de répondre aux offensives de Chris Froome.

« Tejay a beaucoup progressé. Il a amélioré sa science de la course. Il est beaucoup plus sage, plus intelligent dans ses choix. L'année dernière, il aurait essayé de suivre Froome et il aurait rapidement explosé. Cette semaine, il a été calme et a bien géré ses accélérations en revenant progressivement à son rythme, sans paniquer », analysait Amaël Moinard, son coéquipier chez BMC.

Malgré cela, l'Américain, qui gardait dix-huit secondes d'avance au départ de la dernière étape à Saint-Gervais, a dû céder dans la montée vers Modane qui semblait taillée pour lui car s'agissant d'une montée courte et régulière. Mais au moins a-t-il semblé accepter la bagarre avec Froome.

Ce qui n'a pas été le cas des autres, au premier rang desquels on retrouve Alejandro Valverde. Le double vainqueur de l'épreuve en 2008 et 2009 a clairement inquiété à trois semaines du grand départ du Tour de France à Utrecht. Il fut d'abord lâché très rapidement jeudi dans l'étape amenant à Pra-Loup. Le lendemain, il a semblé se réveiller en accrochant l'offensive instiguée par Vincenzo Nibali à plusieurs dizaines de kilomètres de l'arrivée, mais du groupe de quatre (Nibali, Valverde, Gallopin et Rui Costa), il fut le premier à craquer quand l'arrivée pointa. Finalement, il aura terminé la semaine à plus de trois minutes de Chris Froome. Ce qui vient confirmer une idée de plus en plus persistante, selon laquelle il ne tiendrait que le rôle de lieutenant de luxe pour Nairo Quintana en juillet.

Quant à Vincenzo Nibali, il est assez compliqué d'évaluer sérieusement la dernière semaine. Comme Valverde, il n'a pas tenu bien longtemps quand la route s'est élevée, mais contrairement à l'Espagnol, le vainqueur du Tour 2014 ne semblait pas à la peine. Il ressemblait bien plus à un coureur pas à 100 % soucieux de ne pas trop dépenser d'énergie alors que le Tour se profile dans moins d'un mois. Ce que semblait confirmer Froome : « Il n'était pas au top de sa forme mais son objectif c'est le Tour de France et il sera bien plus fort en juillet ».

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Comment se sont comportés les Français ?

Avec Thibaut Pinot préférant la Suisse pour parfaire sa préparation au prochain Tour de France, les yeux étaient braqués sur Jean-Christophe Péraud et Romain Bardet (2e et 6e du dernier Tour). Les deux Français de l'équipe AG2R ont connu des semaines bien différentes. Le premier, qui connaît une saison bien compliquée où il alterne blessure et manque de forme, a servi de coéquipier pour Bardet plutôt que de jouer sa carte personnelle. On se demande clairement comment il sera au Tour et même si ce dernier est retenu. Mais de toute façon, le leader de l'équipe sera Romain Bardet.

Sixième du classement général final à deux minutes de Froome, il a clairement réussi son pari de tenir la tête aux meilleurs pedigrees présents, avec comme une cerise sur le gâteau une victoire d'étape sublime dans la manière, remportée jeudi à Pra-Loup. La chute qu'il a subie le lendemain dans un virage mal négocié trouble un peu l'analyse du week-end, car son coude semblait le faire souffrir. Malgré cela, il aura le droit d'avoir des ambitions en juillet. Même si pour défier Froome, il faudra se lever tôt.

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Fruitier Manu @rmcriolo
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