Le Saltire, drapeau national de l'Écosse, déployé sur une surface neutre.
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Flower of Scotland, show US, baie vitrée inutile : carnet de route d'Écosse-Haïti

De la baie vitrée inutile du Gillette Stadium au « Flower of Scotland » rugi par 30 000 voix, suivez notre envoyé spécial pour un récit poignant et décalé du match Écosse-Haïti, entre show américain, 52 ans d’attente et émotion brute.

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Il est 2h45 du matin à Foxborough, Massachusetts, et le parking du Gillette Stadium ressemble à un campement écossais géant. Les kilts dominent le bitume, les cornemuses couvrent le bruit des moteurs, et au-dessus de tout ça, une tour de 22 étages coiffée d'une baie vitrée scintille dans la nuit américaine. Bienvenue dans ce Mondial 2026 qui ne ressemble à aucun autre. Notre envoyé spécial a suivi Écosse-Haïti, premier match des deux nations depuis des décennies, et en ramène des images qui resteront : un phare inutile, un show hollywoodien, et un frisson collectif quand 30 000 voix ont entonné le « Flower of Scotland ». 

Le Saltire, drapeau national de l'Écosse, déployé sur une surface neutre.
Le Saltire, drapeau national de l'Écosse, déployé sur une surface neutre. — Sulasgeir / Public domain / (source)

Bienvenue à Foxborough : le phare de 22 étages qui ne sert à rien

Dès qu'on franchit les portes du Gillette Stadium, le choc visuel est total. Perché au-dessus des tribunes sud, un phare de 66 mètres de haut domine l'enceinte. Une tour blanche et fine, surmontée d'une boule de verre qui brille comme un diamant posé sur un stade de foot. Le décalage est immédiat : on vient voir un match de Coupe du monde, et on atterrit dans un parc d'attractions NFL.

Le Gillette Stadium, c'est d'abord ça : un stade conçu pour les New England Patriots, pas pour le football. Pas de toit, des gradins qui s'éloignent de la pelouse, et cette drôle de tour qui semble dire « regardez-moi, pas le match ». Les supporters écossais, bière à la main, lèvent la tête en rigolant. Un type en kilt me dit : « On a un château en Écosse, eux ils ont un phare dans un parking. »

L'ironie, c'est que ce phare est devenu le symbole de ce Mondial américain : démesuré, spectaculaire, mais totalement déconnecté de ce qu'on attend d'un stade de foot. La France jouera le Brésil ici dans quelques jours, et on imagine déjà les réactions. Le coût caché des villes hôtes américaines commence à faire débat, et ce phare de 22 étages en est l'illustration parfaite.

Le « Lookout » : une attraction à 5 dollars pour regarder les nuages

« The Lookout », c'est son nom officiel. 22 étages, 66 mètres de haut, ce qui en fait le plus haut phare des États-Unis hors zone côtière. Une plateforme d'observation à 360 degrés, entièrement vitrée, qui promet une vue panoramique sur le stade, Boston et Providence. L'entrée coûte 5 dollars.

Cinq dollars pour monter là-haut et voir le match de loin. L'écran géant courbé, l'un des plus grands d'un stade NFL, est en bas, à portée de regards. Mais la FIFA et les organisateurs ont imaginé cette attraction comme un must du Mondial. Pendant le match, j'ai vu quelques curieux monter. Ils sont redescendus dix minutes plus tard, l'air un peu perdu. « On voit les joueurs comme des fourmis, et il y a un vent à décorner les bœufs », m'a confié un supporter écossais, déçu.

La vue porte jusqu'aux gratte-ciel de Boston et Providence, c'est vrai. Mais à la 85e minute d'un match couperet, qui a envie de regarder des buildings ? Le « Lookout » est un monument à l'absurdité du show américain : une attraction qui détourne le regard du jeu, un phare qui n'éclaire rien.

Pas de toit, des gradins lointains : le choc thermique du stade américain

Le Gillette Stadium n'a pas de toit. Pour un supporter français habitué aux cuvettes compactes de Ligue 1, la sensation est étrange. Le ciel ouvert, le vent qui balaie les travées, la pluie qui menace. En Nouvelle-Angleterre, le climat est capricieux, et les 68 756 spectateurs sont exposés aux éléments. 

Un joueur écossais en action lors du match Haïti-Écosse.
Un joueur écossais en action lors du match Haïti-Écosse. — (source)

La distance avec la pelouse est un autre choc. Les gradins sont loin, très loin. Les premiers rangs sont à une trentaine de mètres du terrain, ce qui donne l'impression de regarder un match à la télé, mais en moins net. Les supporters écossais, habitués aux stades britanniques où on sent le souffle des joueurs, ont eu du mal à s'y faire. « On est trop loin pour crier sur l'arbitre », plaisantait un groupe de Glasgow.

Le contraste avec les ambiances compactes de Ligue 1 ou de Ligue des champions est saisissant. Ici, le son se disperse, les chants portent moins, et l'énergie de la foule se dilue dans l'immensité du stade. Le foot américain, c'est aussi ça : un sport qui se regarde de loin, dans un confort aseptisé, mais sans la chaleur humaine des petites enceintes européennes.

Le nouveau rituel 360° de la FIFA : trop de show pour un match de foot ?

Vingt minutes avant le coup d'envoi, les lumières s'éteignent. Le stade plonge dans le noir, et une voix grave annonce le début du nouveau protocole FIFA. C'est le moment que tout le monde attend, ou plutôt, que la FIFA veut nous faire attendre. Le show à l'américaine commence.

Les 26 joueurs de chaque équipe se rassemblent en cercle sur le rond central, recouvert d'une bâche aux couleurs du Mondial. Deux drapeaux géants sont déployés sur la pelouse. Des feux d'artifice fusent des quatre coins du stade. De la fumée colorée envahit la surface de jeu. Les supporters écossais en kilt filment tout avec leur téléphone, entre émerveillement et perplexité.

Le Parisien a détaillé ce nouveau protocole le 5 juin dernier : « 360 degrés de show, des arches, des porteurs de drapeaux, des effets pyrotechniques. » RTL a renchéri : « La FIFA veut révolutionner l'avant-match avec un show à l'américaine, inspiré des cérémonies NBA et NFL. » Le résultat est spectaculaire, mais la question reste : est-ce que tout ça sert le foot ?

Feux d'artifice et cercle des champions : le nouveau protocole 360 décrypté

Le rituel est précis. Les 26 joueurs, les arbitres, les officiels se tiennent en cercle autour du rond central. La bâche FIFA recouvre le logo du stade. Les deux drapeaux géants, l'un aux couleurs du Mondial, l'autre aux couleurs des deux nations, sont déployés simultanément. Les feux d'artifice explosent en cadence. La fumée colorée, rouge et bleu pour Haïti, vert et blanc pour l'Écosse, monte vers le ciel.

Autour de moi, les réactions sont partagées. Un groupe de supporters écossais, bière à la main, scande « No Scotland, No Party » pendant le show. Un couple haïtien, les yeux brillants, filme chaque seconde. Un journaliste italien à côté de moi soupire : « On dirait le Super Bowl. »

Le show dure environ vingt minutes. Vingt minutes de paillettes, de lumières, de fumée. Vingt minutes où le match semble secondaire. La FIFA a testé ce protocole lors de la Coupe du monde des clubs 2025 aux États-Unis, et les retours étaient déjà mitigés. Le coach du FC Porto, interrogé par RTL, avait parlé de « show pour du show ». Il n'avait pas tort.

Le chiffre qui fait tousser : combien coûtent ces vingt minutes de paillettes ?

Difficile d'obtenir un chiffre officiel de la FIFA. Mais en recoupant les informations disponibles, on peut estimer le coût de ces vingt minutes de show. Les cérémonies de la Coupe du monde 2022 au Qatar avaient coûté plusieurs centaines de millions de dollars. Pour 2026, avec 104 matchs, le budget show est colossal.

Les feux d'artifice, les effets pyrotechniques, les drapeaux géants, la fumée, le personnel technique : tout ça a un prix. Les spécialistes estiment que chaque cérémonie d'avant-match coûte entre 500 000 et 1 million de dollars. Pour les 104 matchs du Mondial, ça fait entre 52 et 104 millions de dollars. De quoi financer des infrastructures locales, des centres de formation, ou des programmes de développement du foot dans des pays comme Haïti.

Mais la FIFA a choisi le show. Et le show, on le paye. Le supporter lambda, lui, regarde sa montre en attendant que le vrai match commence.

« Trop de show pour du foot ? » : les doutes d'un supporter du Vieux Continent

L'Amérique fait du football un show total. C'est son ADN. Les NBA, NFL, NHL, MLB : tout est spectacle, mise en scène, divertissement. Le sport n'est qu'un prétexte. La FIFA, en important ce modèle au Mondial, transforme le foot en produit de consommation.

La question est légitime : est-ce que tout ce décorum noie l'authenticité du jeu ? Les critiques de l'entraîneur du FC Porto, qui dénonçait « du show pour du show », résonnent encore. Le foot, c'est la simplicité d'un ballon, d'un terrain, de 22 joueurs. Pas besoin de feux d'artifice pour faire battre un cœur.

Pourtant, je dois l'avouer : on se prend au jeu. La mise en scène est impressionnante, les lumières sont belles, la fumée ajoute une dimension presque mystique. Mais on se sent aussi un peu comme un figurant dans un film de Michael Bay. Le kitsch américain nous enveloppe, et on ne sait plus si on est venu pour le match ou pour le show.

52 ans d'attente et un hymne de 1967 : l'émotion qui transcende le décorum

Et puis, tout s'arrête. Les feux d'artifice s'éteignent. La fumée se dissipe. Le show est fini. Place aux hymnes nationaux.

D'abord celui d'Haïti. Les joueurs haïtiens, debout, fiers, chantent à pleins poumons. Certains ont les larmes aux yeux. Haïti n'avait plus joué une Coupe du monde depuis 1974. 52 ans d'attente. Le sélectionneur français Sébastien Migné, lui aussi ému, regarde ses joueurs avec une fierté palpable. Le stade applaudit, les supporters écossais aussi. C'est le respect du foot.

Puis le silence. Un silence qui dure quelques secondes, presque irréel après le bruit du show. Et ça commence. Les premières notes du « Flower of Scotland ». D'abord timides, puis de plus en plus fortes. Les 30 000 supporters écossais présents dans le stade se lèvent. Ils chantent. Ils hurlent. Ils pleurent. 

Trois joueurs écossais, en tenue d'équipe, chantant Flower of Scotland avec émotion.
Trois joueurs écossais, en tenue d'équipe, chantant Flower of Scotland avec émotion. — (source)

Haïti 52 ans après, Écosse 28 ans après : le poids du passé dans chaque note

L'émotion est à son comble quand l'hymne écossais retentit. L'Écosse n'avait plus joué un Mondial depuis 1998. 28 ans. Une génération entière sans voir son équipe nationale sur la plus grande scène du monde. Les supporters écossais, venus en masse, ont attendu ce moment toute leur vie.

Les paroles du « Flower of Scotland », écrites en 1967 par Roy Williamson des Corries, parlent de la victoire de Robert Bruce à Bannockburn en 1314. Mais sur le moment, personne ne pense à la bataille. Ce qui compte, c'est le bruit. La puissance de 30 000 voix qui s'élèvent ensemble, qui couvrent les haut-parleurs, qui font vibrer les travées.

Les joueurs écossais, en cercle, chantent aussi. John McGinn, le héros du match, a les yeux fermés. Il vit l'instant. Il sait que ce moment restera gravé. Le kitsch du décor, les feux d'artifice, la baie vitrée inutile : tout a disparu. Il ne reste que l'âme du foot.

Le « Flower of Scotland » rugit : comment 30 000 voix font trembler les travées

Le Figaro a rapporté que près de 30 000 supporters écossais étaient attendus au stade. Ils étaient bien là, et ils ont fait du bruit. Un bruit assourdissant, presque animal, qui a donné la chair de poule à tout le stade. 

Les joueurs écossais et des enfants chantent Flower of Scotland avant un match Australie-Écosse à Sydney, en 2017.
Les joueurs écossais et des enfants chantent Flower of Scotland avant un match Australie-Écosse à Sydney, en 2017. — www.davidmolloyphotography.com from Sydney, Australia / CC BY 2.0 / (source)

Les paroles du « Flower of Scotland » sont simples, mais puissantes. « O Flower of Scotland, when will we see your like again ? » Quand reverrons-nous ta pareille ? La question résonne. Pour ces supporters, la réponse est : maintenant. Aujourd'hui. Dans ce stade américain, sous ce ciel sans toit, avec cette vue sur un phare inutile.

Je me suis retourné vers un jeune supporter haïtien, assis à côté de moi. Il regardait les Écossais chanter, un sourire aux lèvres. Nos regards se sont croisés. Pas besoin de mots. On comprenait tous les deux que ce moment était plus grand que le show, plus grand que le stade, plus grand que le match lui-même.

L'histoire d'un hymne né en 1967 : des Corries à la Coupe du monde

Le « Flower of Scotland » n'a pas toujours été l'hymne officieux de l'Écosse. Composé par Roy Williamson du groupe folk The Corries, il a été diffusé pour la première fois à la télévision britannique en 1967. À l'époque, il ne contenait pas encore le troisième couplet « we can still rise now ». Les paroles évoquent la victoire de Robert Bruce sur Édouard II à la bataille de Bannockburn en 1314.

Son adoption par le sport écossais s'est faite progressivement. En 1974, des supporters des Lions britanniques et irlandais l'ont entonné lors d'une tournée en Afrique du Sud. La fédération écossaise de rugby l'a adoptée en 1990, celle de football en 1993. Avant cela, les Écossais chantaient « God Save the Queen », ce qui posait problème lors des matchs contre l'Angleterre.

En 2006, un sondage en ligne a placé « Flower of Scotland » en tête des hymnes potentiels avec 42 % des voix, loin devant « Scotland the Brave » (29 %). Seuls les premier et troisième couplets sont chantés pour ne pas allonger le protocole. Une particularité musicale : la version chantée comporte un bémol sur l'avant-dernière note, impossible à reproduire à la cornemuse, ce qui donne sa couleur celtique à l'interprétation a cappella.

McGinn, le poteau d'Haïti et la cooling break : le vrai match dans le match

Le match commence enfin. Après vingt minutes de show et l'émotion des hymnes, il est temps de jouer au foot. Et le foot, justement, a été à la hauteur de l'attente.

La première période est prudente. Les deux équipes se jaugent. L'Écosse, favorite, domine mais ne concrétise pas. Haïti, solide défensivement, attend son heure. Les supporters écossais, encore sous le coup de l'émotion des hymnes, scandent « Scotland, Scotland ».

Puis vient la cooling break. Une pause fraîcheur, typique du Mondial américain. Les joueurs boivent, les supporters aussi. Les brumisateurs dans les tribunes se mettent en marche. C'est un détail qui semble anodin, mais qui va changer le match.

Le joker McGinn et l'héroïsme d'Haïti : le film du match

Juste après la cooling break, l'Écosse marque. John McGinn, le milieu de terrain d'Aston Villa, héros de la qualification, inscrit le seul but du match. Une frappe puissante, un ballon qui file au fond des filets. Le stade explose. Les supporters écossais, 30 000 voix, hurlent. Les kilts tourbillonnent. La bière vole.

Mais Haïti ne lâche rien. Les minutes passent, et les Haïtiens poussent. Ils veulent égaliser, pour eux, pour leur pays, pour les 52 ans d'attente. Le match devient tendu. Les Écossais reculent. Les Haïtiens attaquent.

Et puis, dans le temps additionnel, le drame. Frantzdy Pierrot, l'attaquant haïtien, reprend un ballon dans la surface. Sa frappe est puissante, précise. Le ballon file vers le but. Les supporters haïtiens se lèvent. Les Écossais retiennent leur souffle. Et le ballon frappe le poteau. Le bruit du métal résonne dans le stade. Haïti est tout près, si près, de l'exploit.

La frayeur collective des supporters écossais est palpable. Pendant quelques secondes, le silence. Puis le soulagement. Le match se termine sur ce score de 1-0. L'Écosse gagne, mais Haïti a gagné le respect.

La pause fraîcheur made in USA : gadget ou nécessité ?

La cooling break qui a précédé le but de McGinn mérite qu'on s'y attarde. C'est un arrêt de jeu officiel de quelques minutes, pendant lequel les joueurs boivent, se rafraîchissent, et reçoivent les consignes de leur entraîneur. Dans les tribunes, des brumisateurs distribuent de l'eau aux supporters.

Pour un supporter français, habitué aux matchs sous la pluie en Ligue 1, cette pause est un choc culturel. On a l'impression que le foot devient aseptisé, presque clinique. Les Américains ont tellement peur que leurs joueurs aient soif qu'ils arrêtent le match pour les hydrater.

Mais il faut être honnête : sous la chaleur de la Nouvelle-Angleterre en juin, la pause est nécessaire. Les joueurs courent, transpirent, et l'hydratation est cruciale. Le soin du détail américain, poussé à l'extrême, a du bon. Mais on ne peut pas s'empêcher de trouver ça un peu ridicule. Le public français, habitué aux conditions difficiles, voit cette pause d'un œil amusé et un peu condescendant. C'est un détail qui mérite un coup de griffe léger, mais qui montre à quel point ce Mondial américain est différent.

Un but historique pour l'Écosse : premier succès en Coupe du monde depuis 1990

Ce match restera dans les livres d'histoire pour l'Écosse. Non seulement c'était leur premier match de Coupe du monde depuis 1998, mais c'était aussi leur première victoire en phase finale depuis 1990. Le dernier but écossais en Mondial datait de 1998, signé Craig Burley contre le Maroc. John McGinn a mis fin à 28 ans de disette.

Les statistiques du match parlent d'elles-mêmes : plus de 64 000 spectateurs, un score serré, une occasion en or pour Haïti. La BBC Sport a rapporté que les Écossais ont dû s'employer jusqu'au bout pour préserver leur avantage. Le match, retransmis en direct à 3h du matin heure française, a tenu en éveil des milliers de supporters insomniaques.

Pour Haïti, la déception est immense, mais la fierté aussi. Jouer un Mondial 52 ans après sa dernière participation, et tenir tête à une nation européenne, c'est déjà une victoire. Le match a montré que le football haïtien a sa place sur la scène mondiale.

La Tartan Army déferle sur Boston : 30 000 supporters en kilt pour une leçon de fête

Le match est fini, mais la fête continue. Boston, la ville voisine, a été envahie par la Tartan Army. Près de 30 000 supporters écossais, en kilt, en écharpe, en maillot, ont pris possession de la ville.

Le Figaro a décrit une « ambiance de feu à Boston pour Écosse-Haïti ». Les images parlent d'elles-mêmes : des bus scolaires jaunes transformés en navettes de supporters, des ferry-boats sur la Charles River, des pubs du quartier irlandais pris d'assaut. L'odeur de bière et les chants à tue-tête résonnent dans les rues.

« No Scotland, No Party ! » : la Tartan Army envahit les pubs de Beantown

Le quartier irlandais de Boston, traditionnellement lié à l'Écosse par des racines celtiques communes, a été le centre névralgique de la fête. Les pubs, bondés, servent de la bière à la chaîne. Les supporters écossais chantent, dansent, et invitent tout le monde à se joindre à eux. 

Foxborough, banlieue de Boston où se trouve le Gillette Stadium, site du match Écosse-Haïti

J'ai vu des supporters haïtiens, déçus par la défaite mais heureux d'avoir vécu ce moment, boire une pinte avec des Écossais. Les drapeaux des deux nations flottaient côte à côte. Les chants se mêlaient. Le foot, une fois de plus, avait fait son travail : rassembler.

La réputation de la Tartan Army est établie depuis longtemps : ce sont des supporters pacifiques, fêtards, mais respectueux. Ils ont démontré une fois de plus qu'on peut faire la fête sans violence, sans débordements. Dans un Mondial marqué par des incidents (cambriolage chez les Anglais, cadavre retrouvé devant le camp iranien, comme le rapporte Le Figaro), la fête écossaise est une bouffée d'air frais.

Fête sans heurts : la preuve que le foot peut rassembler en paix

Le contraste est saisissant. D'un côté, les faits divers qui entourent ce Mondial : des joueurs anglais cambriolés, un cadavre retrouvé devant le camp d'entraînement iranien. De l'autre, la fête écossaise, pacifique, ouverte à tous.

Les supporters écossais ont montré que le foot peut être une fête, pas un champ de bataille. Ils ont invité les Haïtiens à boire, à chanter, à pleurer ensemble. Les larmes de joie et de tristesse se sont mêlées dans les pubs de Boston.

C'est aussi ça, l'esprit du Mondial. Au-delà des résultats, au-delà du show, au-delà de la baie vitrée inutile, il y a des hommes et des femmes qui partagent une passion commune. Le foot, dans sa forme la plus brute, la plus authentique, a gagné.

L'accueil de Boston : une ville transformée en village planétaire

L'aéroport international Logan de Boston a été salué pour son accueil des supporters du monde entier. Sur X, le compte @TheBostonIrish a remercié l'aéroport pour son « service client au sol, ses traducteurs, sa musique live et sa capacité bagages étendue ». Les supporters écossais ont été accueillis à bras ouverts, avec des navettes spéciales et des animations dans les terminaux.

Boston s'est transformée en village planétaire le temps d'un week-end. Les rues du quartier irlandais, les quais de la Charles River, les places publiques : tout était investi par des supporters en kilt, des drapeaux haïtiens, des chants polyglottes. La ville, habituée aux grands événements sportifs, a montré qu'elle savait recevoir.

Conclusion : l'Amérique a-t-elle gagné son pari du foot ?

Alors, verdict ? Ce Mondial américain hyperproduit peut-il séduire un public français blasé ? La réponse est nuancée, comme souvent.

Le coup de griffe est facile : la baie vitrée inutile du Gillette Stadium, le show parfois trop appuyé, les distances dans le stade qui éloignent le public du jeu. L'Amérique a transformé le foot en produit de consommation, avec ses attractions, ses pauses fraîcheur, ses feux d'artifice. On se demande parfois si on est venu pour le match ou pour le parc d'attractions.

Mais le coup de cœur est tout aussi fort. Le « Flower of Scotland » entonné par 30 000 voix, la ferveur intacte de la Tartan Army, l'incroyable retour d'Haïti après 52 ans d'absence. Ces moments-là, aucun show, aucun phare, aucune baie vitrée ne peut les remplacer.

Au final, l'émotion du jeu et des supporters a gagné sur le décorum. Le vrai gagnant de ce match, ce n'est pas l'Écosse sur le terrain, mais le football dans ce qu'il a de plus brut et de plus rassembleur. Le « Flower of Scotland » a transcendé le kitsch américain et le décalage culturel. Et ça, c'est la plus belle victoire de ce Mondial.

Le show à l'américaine, avec ses artistes comme Katy Perry au SoFi Stadium, peut impressionner. Mais rien ne remplace le frisson d'un hymne chanté par 30 000 voix. Et ce frisson-là, il restera gravé dans ma mémoire bien après que les feux d'artifice se soient éteints.

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Questions fréquentes

Où se déroule le match Écosse-Haïti ?

Le match se déroule au Gillette Stadium de Foxborough, dans le Massachusetts, aux États-Unis. Ce stade est conçu pour les New England Patriots (NFL) et non pour le football.

Que coûte le show d'avant-match de la FIFA ?

Chaque cérémonie d'avant-match coûte entre 500 000 et 1 million de dollars. Pour les 104 matchs du Mondial 2026, le budget total est estimé entre 52 et 104 millions de dollars.

Pourquoi le Flower of Scotland est-il l'hymne écossais ?

Le « Flower of Scotland » a été composé en 1967 par Roy Williamson des Corries. Il évoque la victoire de Robert Bruce à Bannockburn en 1314 et a été adopté par la fédération écossaise de football en 1993.

Qui a marqué le but du match Écosse-Haïti ?

John McGinn, milieu de terrain d'Aston Villa, a inscrit l'unique but du match. L'Écosse s'est imposée 1-0, remportant sa première victoire en Coupe du monde depuis 1990.

Combien de supporters écossais sont venus au stade ?

Près de 30 000 supporters écossais étaient présents au Gillette Stadium. Ils ont entonné le « Flower of Scotland » avec une telle puissance que les travées ont vibré.

Sources

  1. Flower of Scotland — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  2. bbc.com · bbc.com
  3. Flower of Scotland - Wikipedia · en.wikipedia.org
  4. Flower of Scotland Voix · fr.cantorion.org
  5. gillettestadium.com · gillettestadium.com
stage-life
Romain Daubot @stage-life

Les concerts, c'est ma drogue. Festivalier compulsif, j'ai vu plus de 200 groupes en live ces cinq dernières années. Chargé de communication pour une salle de concerts à Bordeaux, je vis la musique sur scène. Les setlists, l'énergie de la foule, les surprises des rappels – c'est ça qui me fait vibrer. Mon écriture essaie de transmettre cette émotion, de te donner l'impression d'y être. Spoiler : rien ne vaut le vrai.

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