
La fin de la saison 2012 a voulu redonner une once de justice dans la planète tennis, ce qui est par définition très rare dans le milieu du sport. D'abord, en donnant un premier titre du Grand Chelem à Andy Murray lors de l'US Open, lui qui commençait à en avoir marre que le trio Federer, Djokovic, Nadal s'accapare à chaque fois les tournois du Grand Chelem. Ensuite, en permettant à David Ferrer de remporter son premier Masters 1000 alors qu'il avait vu tour à tour s'imposer Tsonga, Del Potro, Berdych et Soderling. En l'absence de Nadal, dont le genou n'est toujours pas au point, avec le forfait de Roger Federer et les éliminations prématurées de Novak Djokovic (battu par Sam Querrey) et d'Andy Murray (battu par Jerzy Janowicz), la route était quasiment libre pour le numéro cinq mondial, devenu le mieux placé dès les quarts de finale.
C'est sûr que ça aurait été beaucoup plus compliqué si les membres du Big Four avaient été présents car, à l'instar de notre Jo-Wilfried Tsonga, David Ferrer ne réussit pas si bien que ça lorsqu'il affronte un membre du Top 8. Avant d'aller à Paris-Bercy, il n'en avait battu qu'un cette saison : c'était sur la terre battue de Roland-Garros, en quart de finale, où il avait pris son ticket pour le dernier carré aux dépens d'Andy Murray. Et pour conquérir ce premier Masters 1000, il n'a eu qu'à se défaire d'un bien médiocre Tsonga en quart de finale. D'ailleurs, de son propre aveu : « Même si Jerzy a fait un très bon match et a très bien joué, je me dis que l'affaire aurait été plus compliquée si j'avais eu Djokovic ou Federer en face de moi ».
Bien qu'il soit la révélation de ce tournoi de Paris-Bercy, Jerzy Janowicz n'a rien pu faire contre Ferrer. Pourtant, au premier set, le Polonais a eu des balles de break pour mener 4-3, service à suivre. Mais Ferrer les a repoussées toutes une à une avec un sang-froid plus qu'impressionnant et, au contraire, sur la seule balle de break que l'Espagnol a pu obtenir, alors qu'il menait 5-4, une erreur de Jerzy Janowicz lui a offert le premier set. « Sur le premier set, j'arrive à avoir des balles de break mais je n'ai pas la force de surmonter la pression. Je passe à côté des points importants et ça me coûte le premier set. C'est encore toute la différence entre un joueur de la trempe de David Ferrer et moi : lui arrive à convertir sa première balle de break », analysait Janowicz.
Premier Masters 1000 pour David Ferrer
Avec le premier set en poche, on pensait que la suite s'apparenterait à une promenade de santé pour le numéro deux espagnol, mais c'était sans compter sur le courage d'un Jerzy Janowicz qui, poussé par un public de Paris-Bercy acquis à la cause du petit poucet du tournoi bien qu'il dépasse aisément les deux mètres, a réussi enfin à breaker au début de la deuxième manche. Maintenant en position plutôt favorable, il fallait évidemment que Janowicz bafouille son tennis, du moins le tennis qu'on l'avait vu développer depuis le début de la semaine lorsqu'il s'est mis à battre Philip Kohlschreiber. Il a commencé à donner des points en coup droit à un Ferrer qui n'en demandait pas tant pour se débreaker et ensuite pour conclure le match 6-4, 6-3.
Cette victoire en Masters 1000, la première de la carrière de David Ferrer alors qu'il vient de passer le cap de la trentaine, aura également le mérite de redonner confiance à un joueur qui commençait à douter, comme l'avouait son entraîneur de toujours, Javier Piles : « Il arrivait à trente ans et n'avait toujours pas gagné un Masters 1000 donc il s'inquiétait, doutait de lui et de son tennis. Depuis que je l'entraîne, il a toujours été très peu sûr de lui. » Au point même que lorsqu'il est entré dans les dix premiers joueurs mondiaux, il a dit à son coach : « Je suis le pire Top 10 de l'histoire du tennis » et lorsqu'il est entré dans les cinq premiers, il a dit : « Je suis le pire Top 5 de l'histoire ».
Les défis à venir pour l'Espagnol
Pour bon nombre de joueurs, la saison s'est terminée par le Tournoi de Paris-Bercy. On penserait alors que la saison de David Ferrer se serait achevée par une victoire, mais pour lui, cette année 2012 est très loin d'être finie. Dès mardi, David Ferrer devra défier Juan Martin Del Potro pour son premier match de poule du Masters de Londres. S'il va jusqu'en finale du Masters, David Ferrer prendra la quatrième place mondiale et ravira à Rafael Nadal sa position de numéro un espagnol. Il retrouvera en plus Tomas Berdych en finale de Coupe Davis, où les Espagnols devront se défaire d'une équipe de République Tchèque solide dont la Coupe Davis est le principal objectif. Ferrer pourrait même mener sa nation vers une seconde victoire consécutive en Coupe Davis. Si avec ça, il ne prend pas confiance...