
Mais hier matin, lorsqu'il est venu s'entraîner sur un court annexe accompagné de son sparring-partner, il n'était encore que sur la troisième marche du podium. Pour passer premier, le contrat était simple : gagner Wimbledon en battant l'enfant du pays Andy Murray, autant dire que ce n'était pas gagné d'avance. Après le premier set, perdu 6-4, l'affaire semblait encore plus compliquée, d'autant que, comme lors de son match contre Jo-Wilfried Tsonga, son service n'offrait aucun espoir. Si Tsonga avait réagi après s'être mangé un deuxième set dans la figure, le Suisse, quant à lui, eut la très bonne idée de réagir plus tôt. Cela n'empêcha pas le Britannique de se procurer deux balles de break à 2-2 puis à 4-4. Deux balles de break qu'il concéda sans que Roger Federer n'ait besoin de forcer son talent.
Andy Murray aurait-il pu mener 2 sets à 0 ?
Le tournant de cette finale a eu lieu sur le douzième jeu du deuxième set. Federer mène 6-5, donc Murray sert pour le tie-break. Sur une seule balle de break et une faute directe d'Andy Murray, Federer revient à un set partout. C'est le point de bascule, car sur les deux derniers sets, on ne verra plus que la classe du nouveau numéro un mondial. Malgré l'interruption de la rencontre à cause de la pluie et la mise en place du toit, il est même possible que cette nouvelle configuration en indoor ait facilité la tâche de Federer qui, beaucoup plus rapide et vif que le Britannique, eut tout de même recours à deux balles de match pour accrocher son dix-septième titre de sa carrière, à bientôt 31 ans.
La désolation pour Murray et l'avenir aux Jeux Olympiques
Pendant que le Suisse s'effondrait littéralement de joie sur le gazon londonien, Murray se tenait la tête comme s'il n'y croyait pas. Comme Ivan Lendl avant lui, Murray vient de perdre sa quatrième finale de Grand Chelem, mais cette dernière est encore plus amère. Perdre chez lui, devant ses plus grands fans, alors qu'il venait de réaliser un parcours quasi sans faute. Dans trois petites semaines, il pourra retenter sa chance sur ce gazon londonien, cette fois-ci pour les Jeux Olympiques. Encore une fois, il trouvera sûrement le Suisse sur son chemin et, comme le gazon lui va si bien...