
Son premier match dans ce nouveau championnat français, très différent de ce qu'il a pu connaître au Portugal chez le FC Porto ou en Espagne du côté de Madrid, était l'une des attentes majeures de cette première journée. Présent pendant toute la préparation, que ce soit à l'entraînement ou lors des matchs amicaux du mois de juillet, il n'était guère surprenant de voir le nom de Radamel Falcao figurer sur la feuille de match concoctée par Claudio Ranieri. Bien que l'entraîneur italien ait testé différents schémas tactiques, plaçant parfois l'attaquant sud-américain aux côtés d'Emmanuel Rivière ou de Valère Germain, Falcao joua bel et bien seul à la pointe de l'attaque. Ses premiers pas furent suivis de près, et pas seulement dans nos frontières.
Ce qui étonna en premier lieu, ce fut la rapidité avec laquelle Falcao s'adapta au jeu français. Il n'hésita pas à mettre de l'engagement physique dès ses premiers déplacements, rassurant par la même occasion la pointe d'inquiétude ressentie par son entraîneur : « En Europe, il a joué au Portugal et en Espagne qui sont deux championnats qui se ressemblent pas mal. Il arrive en France où la dimension physique est très importante. Ce n'est pas facile d'apprendre un nouveau football mais il a montré que même en n'étant pas le plus grand en taille, il ne se laisserait pas faire dans les combats. »
Mais le jeune Colombien fut rapidement confronté à une prise à deux, avec la charnière bordelaise, Lamine Sané et Marc Planus, qui ne lâchait pas une miette à l'attaquant, et même parfois à des prises à trois quand Poko rejoignait ses deux compères pour neutraliser le cas Falcao dans les trente derniers mètres. Son premier tir mit un peu de temps à venir, trente-huit minutes pour être précis, mais sa frappe à ras de terre ne mit pas Cédric Carrasso en difficulté.

Un but réussi pour son premier match de L1
La nouvelle star du Rocher ne se découragea pas pour autant : « La Ligue 1 n'est pas vue comme l'un des meilleurs championnats en Europe mais c'est le plus dur pour un attaquant. Les défenses sont vraiment très fortes, dures dans les marquages. Il faut se battre pour se mettre en bonne position. » Il a continué à se battre, tout faire pour se rendre disponible. Il a cherché les espaces et, comme le monde appartient à ceux qui prennent des risques et ne lâchent rien, la lumière finit par arriver. La lumière, il faut l'avouer, vint d'une erreur individuelle de Sané mais alors que bien d'autres attaquants auraient abandonné l'affaire, Falcao, lui, a suivi et a trouvé le moyen de pousser le ballon pour le placer entre Carrasso et le montant : « Je n'ai jamais eu peur d'avoir des responsabilités sur les épaules. Je pense même que j'aime ça. Je suis venu ici pour apporter ce que je sais faire de mieux. Je ne me disais pas qu'il fallait absolument que je marque un but parce que je savais que ça viendrait. Je suis heureux que ça se passe aujourd'hui, pour mon premier match de championnat. Ça commence bien. »
Si Radamel Falcao a inscrit un but, il ne fut pas le premier buteur monégasque de la saison 2013-2014. Et ce n'est pas forcément celui que l'on attendait qui trouva l'ouverture le premier. Claudio Ranieri avait dit au mois de juillet qu'il « faisait confiance à Emmanuel Rivière » même après le recrutement riche que fit l'ASM dans le secteur offensif. Il sait qu'il n'est pas le premier choix dans la liste des attaquants de pointe mais une place de remplaçant officiel de Falcao devrait le satisfaire malgré tout. Et cette place, privilégiée en pareille circonstance, il y tient et l'a montrée dès son entrée en lieu et place de James Rodriguez. Voulant imiter son acolyte colombien, il cherchait les espaces et profitait du marquage subi par Falcao pour se libérer. Sur un nouveau centre de Kurzawa, très actif dans son couloir gauche, Rivière échappait à la vigilance de Planus pour aller ouvrir la marque : « Je connais la situation. Quand il y a un joueur de la qualité de Falcao dans ton équipe, tu sais que ça va être dur. Mais c'est la concurrence qui fait évoluer et moi, ce que je veux, c'est apprendre de joueurs comme Falcao pour progresser. Alors je vais prendre ce que je peux prendre, même si ce ne sont que des miettes, et apporter quelque chose à l'équipe comme j'ai essayé de le faire aujourd'hui. »

Monaco impressionnant en première mi-temps
Mais que ce but mit du temps à venir. Pourtant, la première mi-temps de l'AS Monaco fut de très bonne facture. Alors certes, Falcao n'était pas souvent servi, mais l'obsession de la défense bordelaise de contenir absolument le buteur colombien permit aux autres artilleurs du Rocher d'avoir des espaces. Fereira Carrasco, James Rodriguez et Ocampos s'y donnaient à cœur joie. Une première mi-temps splendide où l'on vit des Monégasques résolument tournés vers le but de Cédric Carrasso et très loin des stéréotypes du championnat français qui veut que l'objectif premier soit de conserver le ballon à tout prix. Tous les risques étaient permis, toutes les inspirations possibles grâce à une qualité technique assez impressionnante. « Pas grave » devaient se dire Ocampos en pensant aux récupérateurs de ballons comme Jérémy Toulalan qui se trouvaient dans les lignes arrières pendant que lui partait au front.
Un jeu impressionnant, certes, mais une efficacité moyenne. Après, il faut savoir ce que l'on veut et ce que voulait Claudio Ranieri, c'était un but, un seul petit but histoire de se mettre à l'abri avant la pause. Kurzawa et Ferreira Carrasco mettaient le feu sur le côté gauche mais c'est de James Rodriguez qu'aurait pu venir la délivrance, sauf que trop altruiste, il cherchait Falcao au lieu de tenter sa chance. Le score nul et vierge qui figurait sur le panneau d'affichage de Chaban-Delmas était flatteur pour Bordeaux qui s'en sortait bien.
Et la débauche d'énergie due à un pressing très haut de Monaco se ressentit rapidement après la pause, qui ne suffit pas à remettre de l'essence dans les moteurs. Mais, comme chacun sait, le football est un sport particulier car c'est à un moment où les Monégasques perdaient le ballon plus vite, à un moment où l'on pensait les Bordelais capables d'allumer la cage de Subasic, que Rivière ouvra le score, suivi par Falcao un peu plus tard. Car le football, c'est profiter de ses temps forts et si ça ne marche pas, il suffit de gérer ses temps faibles. L'équation n'est pas si compliquée...