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Sports

Encore deux ans !

Éliminatoires ou pas ? Analyse du match nul des Bleus et des défis à venir pour l'Euro 2016.

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On ne saurait même pas dire s'il s'agit d'une bonne ou d'une mauvaise chose. Mais c'est le jeu qui veut cela. Le pays organisateur d'une grande compétition se doit d'y participer obligatoirement et, au fond, c'est bien normal. Alors, on lui donne un ticket d'entrée sans passer par la case éliminatoires. D'un côté, on se dit tout de suite que c'est une donnée plutôt positive car elle enlève une bonne dose de stress qui accompagne chaque phase de qualifications, bien que la nouvelle formule du championnat d'Europe se veuille bien plus ouverte. Et on peut aussi se dire que c'est l'occasion de bâtir une équipe solide, n'ayant pas dans un coin de la tête une quelconque pression du résultat.

Les limites du statut d'hôte

Oui, mais il existe tout de même quelques bémols à cette situation. On peut tout d'abord se poser de lourdes questions sur l'implication qu'auront les adversaires des Bleus. On pourrait comprendre qu'une équipe ne se donne pas totalement pour un match qui ne compte pas, et encore plus quand il précèdera une rencontre décisive. Cela pourrait expliquer le niveau de l'équipe espagnole qui a perdu jeudi soir au Stade de France (1-0), peut-être la tête tournée vers son premier match de poules face à la Macédoine. On peut aussi se poser cette question pour le match d'hier soir, qui s'est disputé dans l'ignorance générale d'un stade vide, sans ambiance, avec une pelouse à peine digne du niveau international. Assurément, les Bleus auraient été accueillis dans l'enceinte de l'Étoile Rouge de Belgrade s'il s'était agi d'un match de compétition.

Trois jours après avoir rendu une copie très séduisante contre l'Espagne, l'équipe de France n'avait plus exactement le même visage lors du coup d'envoi de Serbie-France. Didier Deschamps avait d'ailleurs, en cohérence avec son discours, procédé à de nombreux changements (seuls Lloris, Varane, Pogba et Sissoko avaient débuté le match face à l'Espagne). Cela va aussi contribuer à fausser le débat sur cette équipe de France qui ne jouera jamais dans la même configuration. Le sélectionneur avait prévenu qu'il utiliserait ces deux années de préparation à cet Euro à domicile. Les prochains matchs amicaux nous diront si la stabilité en sera le maître mot. Il paraît évident que Didier Deschamps fasse quelques tests, mais il prend le risque de perdre une équipe type qui semblait en place.

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Le danger de deux années sans compétition

En parlant de ce match, on pourrait parler de la très bonne prestation de Paul Pogba, qui fut celui qui ouvrit le score peu avant le quart d'heure de jeu d'un but ressemblant à celui que le Turinois avait inscrit contre le Nigeria en huitièmes de finale de Coupe du Monde. Il confirmait son très bon match de la semaine. On pourrait souligner aussi le rôle décisif d'Hugo Lloris, qui stoppa de nombreuses tentatives serbes avant de s'incliner sur un coup franc magistral de Kolarov. Mais il repoussa une tête puissante d'Ivanovic qui aurait pu donner la victoire à la Serbie.

Quand on y regarde de plus près, on se dit que le principal intérêt de ce match n'était pas le résultat en lui-même, mais le fait de savoir si d'autres jeunes loups affamés pouvaient concurrencer certains cadres. Rémy Cabella a montré qu'il avait les capacités de se débrouiller dans le couloir gauche, d'autant qu'Antoine Griezmann est le titulaire le plus discutable de l'équipe de Didier Deschamps. Il est encore très perfectible. Il ne joue pas assez simplement et a manqué une belle occasion au début de la deuxième mi-temps. Morgan Schneiderlin a pesé au milieu de terrain. Dans les points positifs, on pourrait aussi mettre Jérémy Mathieu, qui n'a pris aucun risque, mais comment juger un défenseur dans un tel contexte ? Après, il faut bien avouer que Lucas Digne a donné la réponse à ceux qui veulent voir rester Patrice Evra. De l'autre côté, Bacary Sagna a pris des longueurs de retard sur Mathieu Debuchy, qui a pris sa place à Arsenal.

Des joueurs à l'épreuve du temps

Dans le jeu, on regrettera une trop lente mise en route malgré le but de Paul Pogba. Il fallut attendre la demi-heure de jeu pour voir un semblant de maîtrise parcourir l'équipe de France. Offensivement, ce ne fut pas la joie non plus. La meilleure période a été le premier quart d'heure de la deuxième mi-temps, qui aurait dû permettre aux Bleus de doubler le score, histoire de s'assurer la victoire. Seulement, cette équipe est jeune et des gars comme Loïc Rémy ou Rémy Cabella ne parviennent pas encore à tuer un match. Malgré cela, la combinaison des deux commençait à prendre. Dommage qu'il ait fallu qu'ils soient remplacés peu après l'heure de jeu.

Durant deux ans, on va avoir le droit à ça. Des matchs amicaux sans enjeu qui auront le devoir de construire et de tailler une équipe pour rivaliser avec des poids lourds comme l'Allemagne, l'Espagne ou les Pays-Bas lors de l'Euro 2016. Dès le mois prochain, les Bleus recevront le Portugal. Ce ne sera pas le match du siècle quand on sait que les Portugais se sont inclinés à domicile contre l'Albanie. On compte sur Didier Deschamps pour continuer l'histoire commencée en Ukraine il n'y a même pas un an, mais la tâche ne sera pas simple...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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