
18 ans de carrière professionnelle au plus haut niveau européen et mondial. Il subit les marquages les plus durs, idole de la jeunesse de son pays, amant des lettres, de la musique, du cinéma, des voyages et du beau football… Un footballeur humaniste.
Un champion aux valeurs pacifistes
Entre 1971 et 1988, en pleine époque de la dérive du beau football vers la bataille physique, il ne renonce pas à ses idées pacifistes. Il réalise des one-deux, des buts et il dribble la haine. Il est amoureux de la beauté collective et individuelle de l'art du football. Cheveux longs de chevalier, Don Quichotte du XXe siècle.
Pour lui, le football n'est pas une guerre : c'est l'aventure collective d'un groupe d'hommes, d'un groupe d'amis, jouant au jeu le plus universel, formateur et révélateur de la beauté et de la laideur de l'homme, comme l'écrivait Albert Camus.
Un record inégalé : aucun carton en 18 ans de carrière
En 18 ans, il ne reçoit aucun carton rouge. Cas unique ? Sans doute pas. Aucun carton rouge ! D'accord, mais… Il aura écopé de quelques cartons jaunes, cet ange déplacé dans le football agressif de la fin du XXe siècle ?
Non, aucun carton jaune, aucun carton rouge en 18 ans de carrière ! Un cas unique ? Nous le croyons, invraisemblable mais vrai, en cette fin du siècle passé, quand déjà importait plus la bataille de la victoire que le jeu de l'art.
Ailier droit et attaquant, il recevait d'innombrables fautes qui provoquaient cartons jaunes et rouges pour l'adversaire, pour aller toujours de l'avant, vertical ou ondulant, cheveux au vent, au milieu des féroces défenses du football physique.
Un palmarès exceptionnel
Aucun carton en 18 ans de carrière. Mais de nombreux titres et récompenses : 4 fois champion de France, 3 Coupes de France, trois clubs (Saint-Étienne, PSG et Toulouse), finaliste de la Coupe d'Europe 1976 avec Saint-Étienne contre le Bayern de Beckenbauer, champion d'Europe des Nations en 1984.
Il participe à trois Coupes du monde (1978, 1982, 1986) dont il est deux fois demi-finaliste avec cette belle équipe de Platini qui jouait alors un beau football.
Dominique Rocheteau est maintenant président du Conseil national de l'éthique du football français, de récente et obligée création, par la violence engendrée, depuis que la France se menotta au football-business de la télévision, après le Mondial 98.