
D'habitude, c'est-à-dire les années d'avant, Rafael Nadal et Roger Federer mangeaient à eux deux tous les titres et toutes les récompenses. Mais cette année, de peur de friser l'indigestion comme les autres fois, ils ont décidé d'un commun accord d'en laisser un peu pour les autres, comme si la générosité leur était apparue soudainement devant les yeux. Ils ont quand même tenu à en garder un peu pour eux. Ainsi, chacun des membres du Big Four pourra garder quelque chose de cette année 2012.
L'ascension d'Andy Murray après les Jeux Olympiques
Roger Federer a repris son sceptre de numéro un mondial et a ainsi montré qu'il n'était pas tout à fait à jeter, qu'il n'était pas aussi vieillissant qu'on le disait quand Nadal et Djokovic lui passaient au-dessus. Rafael Nadal a pu conquérir un nouveau titre sur la terre battue de Roland-Garros, après une finale époustouflante contre Novak Djokovic qui, même un peu moins bien qu'en 2011, restera assuré d'être numéro un mondial au terme de la saison. Mais celui qui tiendra le rôle de révélation de l'année sera bel et bien Andy Murray. Non pas que l'on doutait de son talent ou de ses capacités, mais on constatait depuis quelques mois que le niveau supérieur était compliqué à atteindre. Auteur d'un début de saison plutôt correct sans être pour autant éclatant, c'est à la fin du mois de juin que la transformation a commencé. Arrivé en finale à Wimbledon, il s'inclinait tout de même contre Federer mais il entrait enfin dans le cœur des Britanniques et il ne fait nul doute que cette finale, bien que perdue, ait joué un rôle décisif dans l'obtention de son titre olympique sur les mêmes terres qui l'avaient vu s'incliner contre le Suisse un mois plus tôt.
Depuis ces mêmes JO de Londres, les deux derniers nommés ont profité de la blessure de longue durée de Rafael Nadal et d'un Roger Federer quelque peu fatigué, incapable d'enchaîner les tournois comme il le faisait les autres années, pour s'acaparer la deuxième moitié de la saison. À Flushing Meadows, pour l'US Open, la finale opposait le Serbe et l'Écossais et ce fut l'Écossais qui gagna au terme d'une finale fantastique tennistiquement parlant. Quelques semaines plus tard, en finale du Masters 1000 de Shanghai, on retrouvait les deux mêmes et cette fois, c'est l'Écossais qui s'est incliné contre le Serbe. Ces duels devraient se multiplier car Roger Federer n'est même plus capable d'enchaîner Bâle, Paris-Bercy et le Masters en l'espace de trois semaines, et la blessure de Rafael Nadal qui dure depuis sa victoire à Roland-Garros pourrait peser à l'avenir. Les finales des plus grands tournois de ce monde verront donc souvent s'affronter Andy Murray et Novak Djokovic. Devenus têtes de série n°1 et 2 avec le forfait de Federer, ils ont les faveurs des bookmakers pour jouer dimanche après-midi sur le central du POPB, même si nos Français viendront sur leur chemin.