
Pourquoi une arrestation pendant le Tour ?
Di Gregorio, longtemps décrit comme le nouveau Richard Virenque après une échappée montagnarde lors du Tour de France 2008, était mis sur écoute depuis quelques mois déjà. L'enquête avait débuté lorsque son ancienne équipe, Astana (formation kazakhe qui a déjà connu des problèmes de dopage), a fait l'objet d'une investigation. Une question se pose : pourquoi avoir attendu le Tour de France pour boucler une enquête qui dure depuis des mois ? On peut remarquer que l'épreuve est toujours salie par des affaires de ce type.
Quand il a appris la nouvelle, Yvon Sanquer s'est empressé de demander pourquoi les forces de l'ordre n'avaient pas agi plus tôt ou pourquoi elles n'avaient pas attendu la fin du Tour. Il a reçu pour réponse que les enquêteurs étaient à la recherche d'un flagrant délit et qu'ils avaient surpris une conversation durant laquelle Di Gregorio passait commande de stéroïdes. Il a été pris la main dans le sac à quelques encablures de l'hôtel de Cofidis, situé dans la périphérie de Bourg-en-Bresse.
La stupéfaction chez Cofidis
Le Français est le premier cas positif de ce 99e Tour de France. On espère qu'il n'y en aura pas d'autre. Au sein de son équipe, c'était la stupéfaction. Lors de la conférence de presse qu'il a donnée vers seize heures, son directeur sportif a avoué que certains de ses coureurs avaient laissé couler quelques larmes. Parmi eux, Samuel Dumoulin, son partenaire de chambrée : « Je suis choqué par cette nouvelle. Je me demande comment je n'ai pas pu m'apercevoir de choses aussi graves. »
Avant de poursuivre, le coureur a précisé que le Marseillais n'avait pas l'air différent que d'habitude : « C'était la journée de repos et comme il en a l'habitude les autres jours, il s'était levé tôt. Discrètement, vers neuf heures, il est sorti de la chambre mais il n'y avait aucune raison de me méfier de quoi que ce soit. Si j'avais su que c'était pour ça... » Yvon Sanquer ne comprend pas non plus l'attitude de son grimpeur : « Il paraissait bien. C'est le genre de personne qui met l'ambiance. Je ne comprends pas pourquoi il a fait une bêtise pareille. Il avait encore deux années de contrat chez nous, il n'avait pas besoin de ça pour se montrer sous son meilleur jour. »
La question de la présence de l'équipe de crédit par téléphone au départ de Mâcon s'est alors posée. Mais Yvon Sanquer s'est empressé de préciser : « Il n'y a aucune affaire de dopage généralisé. Le cas de Rémy est un cas isolé. Les gars méritent de poursuivre car ils ont trop de respect pour le Tour de France pour le quitter à cause d'un tricheur. » Encore une fois, c'est le cyclisme qui s'en trouve terni...