
On savait depuis longtemps que tout allait se jouer cette nuit du jeudi 24 au vendredi 25 janvier. C'était la date prévue de l'annonce des remplaçants par les coachs de la conférence Est et de la conférence Ouest, autant dire le seul et unique moment où des Français pouvaient être qualifiés pour le match des Étoiles. Jamais un de nos ressortissants n'intégrera le cinq majeur d'un All-Star Game, il faut donc forcément s'en remettre au bon vouloir des entraîneurs qui, heureusement pour nous autres Français, privilégient le niveau sportif plutôt que la popularité ou la nation inscrite sur la carte d'identité.
Alors, c'est vrai, le principe même du All-Star Game est de récompenser les fans toujours aussi fidèles dans les salles étatsuniennes et canadiennes, donc il paraît normal que ce soient ces mêmes supporters qui choisissent les hommes qu'ils ont envie de voir. Mais il ne paraît pas normal que Dwight Howard, vu sa forme actuelle assez mauvaise, fasse partie du starting five à l'Ouest.
Mais arrêtons avec les critiques et savourons seulement le fait que deux Français fassent partie de ce match, une première pour le basket tricolore.
Tony Parker sélectionné pour son 5e All-Star Game
À l'Ouest, il faut avouer que l'on s'attendait un peu à voir Tony Parker figurer dans les sept noms ajoutés au cinq choisi directement par les fans. Cependant, un léger doute subsistait car en face de notre TP national se trouvaient de grands noms de meneurs comme Damian Lillard des Portland Trail Blazers et Stephen Curry des Golden State Warriors.
Au final, c'est Tony Parker qui sera présent dans l'enceinte du Toyota Center de Houston pour disputer sa cinquième sélection au All-Star Game après les éditions 2006, 2007, 2009 et 2012. « Je vais jouer mon cinquième All-Star Game à Houston où j'avais participé à mon premier match All-Star en 2006, j'interprète cela comme un signe et le voyage de San Antonio aura l'avantage d'être assez court », s'amusait le meilleur basketteur français de tous les temps.
Cette sélection vient juste récompenser l'excellent début de saison du Texan qui marque, depuis le début du championnat en novembre dernier, plus de dix-neuf points par match et distribue près de huit caviars, autant dire sa meilleure saison. « J'ai la chance d'avoir un excellent coach en la personne de Gregg Popovich qui me donne constamment de nouveaux objectifs et des challenges toujours plus compliqués à relever donc ça me pousse à ne pas me reposer. Gregg croit en moi et est sûr que je peux toujours mieux faire sur le parquet », ajoutait Tony Parker.
À ses côtés, il retrouvera son coéquipier Tim Duncan qu'il avait « abandonné » la saison passée. « Ça avait été compliqué de ne pas avoir Tim au dernier All-Star Game. Je suis entré dans ce cercle fermé sous son aile donc j'étais triste qu'il ne soit pas choisi. C'est pourquoi j'étais aussi très heureux pour lui quand j'ai appris la nouvelle. Lui était même étonné d'en faire partie. Pour preuve, il avait prévu de partir en vacances », nous confiait l'éternel numéro neuf bleu.
Joakim Noah : une première consécration
Et comme un plaisir ne vient jamais seul, il fallait forcément qu'un autre Frenchie s'invite à la fête. Et qui d'autre que Joakim Noah pour verrouiller l'intérieur de la conférence Est ? Si Derrick Rose avait joué ce début de saison, sans doute qu'on n'aurait pas vu ce second Français présent sur un All-Star. Car avec l'absence de son meneur incroyable, les Bulls de Chicago avaient besoin de grands gars pour prendre le relais et Joakim n'a pas hésité à prendre ses responsabilités.
Comme son copain texan qu'il retrouvera à Houston, le fils de Yannick réalise sa meilleure saison statistique avec plus de douze points par apparition sur un parquet et onze rebonds. Une sélection étonnante pour un pivot qui s'exprimait ainsi il n'y a pas si longtemps : « Je n'ai pas trop le style All-Star. Je ne suis pas du genre à faire le show à tout va. Ce que j'aime, c'est d'empêcher mes adversaires de marquer. Moi, c'est la défense qui m'excite et qui me transcende vraiment ».
Heureusement pour le double vainqueur du tournoi universitaire avec les Florida Gators en 2006 et 2007, le style du All-Star Game a un peu changé. Fini les matches sans défense où le seul objectif était de dépasser les cent-quarante points, il a été prouvé que ça commençait à fortement ennuyer les fans, donc les coachs se sont remis à penser défense. Là, Joakim Noah va pouvoir s'amuser, même s'il sait que son temps de jeu sera réduit. « Je suis déjà surpris d'en faire partie alors je ne vais pas pleurer si je passe la majorité du temps sur le banc. Je sais qu'en face, je vais avoir Kevin Garnett et Tyson Chandler, autant dire du bon monde mais pas vraiment de la concurrence car l'important est de gagner. Les distinctions personnelles ne m'ont jamais intéressées. Quand je serai sur le parquet, j'essaierai juste d'aider la Team Est ».
Nicolas Batum : le futur en marche
Deux Français présents dans un All-Star Game, c'est déjà une prouesse qui aurait été impensable il n'y a pas si longtemps, mais un troisième Bleu aurait pu garnir les bancs du Toyota Center. Nicolas Batum n'était pas loin du tout du Graal suprême, mais malgré une saison étincelante où l'ailier des Portland Trail Blazers culmine à plus de quinze points par match, plus de six rebonds et quatre passes et demie, il paie la mauvaise saison de sa franchise, enlisée depuis les toutes premières semaines de la saison régulière dans le ventre mou de la conférence Ouest.
De plus, tout le monde sait que l'Ouest est plus garni en matière de talents individuels, mais dans les prochaines années, certains coachs comme George Karl croient en Nicolas Batum : « Ça a pas mal parlé de lui. Il est peut-être un peu jeune. Mais s'il confirme, je ne serais pas surpris de le voir très prochainement dans un tel évènement et ce dès la prochaine saison ».
Qui a dit que le basket français n'allait pas bien ?