
Le Lillois avait raison car c'est de ce côté qu'est venue l'ouverture du score espagnol à la suite d'une incompréhension entre les deux latéraux qui laissa un boulevard au virevoltant Jordi Alba qui n'avait plus qu'à centrer sur la tête de Xabi Alonso. En première mi-temps, le choix tactique, qui s'avérait plus être un pari qu'autre chose, était un échec cuisant mais attendu.
Victime du changement tactique
Seulement, au retour des vestiaires, le courant semblait revenir dans le couloir de Debuchy qui maîtrisait de mieux en mieux le duo Alba-Iniesta et qui servait des ballons meilleurs les uns après les autres en phase offensive. Il en arriva même à donner des frissons aux hommes de Vicente Del Bosque lorsqu'il plaça une tête quasi parfaite techniquement, mais qui mourut malheureusement à quelques centimètres de la barre transversale d'Iker Casillas. À ce moment, on se met à rêver, un doux rêve où la France pourrait revenir au score et faire douter la meilleure équipe du monde.
Là vient la seconde erreur tactique de Laurent Blanc dont Debuchy fut encore la victime. Au moment où les Bleus semblaient renaître de leurs cendres, le sélectionneur de l'époque décidait de remplacer Debuchy et Malouda, excellents depuis la mi-temps, par Jeremy Menez et Samir Nasri. C'est là que s'arrête l'histoire entre Debuchy et l'Euro 2012 en Pologne et en Ukraine. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la plaie fut compliquée à cicatriser : « j'aurais forcément préféré que ça se finisse mieux mais, sur le coup, je comprenais le choix du coach. Il était pressé et il trouvait que l'apport offensif de Menez soit avantageux pour revenir dans le match. Après quelques semaines, je me rendais compte qu'on aurait pu faire largement mieux ».
Une revanche à prendre
Ce soir, Debuchy sera latéral droit mais il n'aura plus un joueur du même poste dans les pattes. À la place, il devra partager le couloir droit avec Jeremy Menez ou Mathieu Valbuena, même s'il semble plus probable qu'il s'agisse du Parisien. Pour Debuchy, il s'agira d'une revanche car il sera confronté aux mêmes espagnols, c'est-à-dire Jordi Alba et Andres Iniesta : « ce duel m'excite beaucoup. Avoir deux joueurs de ce calibre en face de toi, c'est toujours important pour un latéral. Et c'est un peu comme un test. J'ai beaucoup progressé ces dernières années mais il faut que je sache si j'ai le niveau international, le niveau de jouer des gros matchs ».
À l'image du match, ce duel sera compliqué, mais s'il devait être remporté par le Nordiste, il pourrait être annonciateur d'une bonne surprise, qui sait ?