
Dans la foulée de la contre-performance de ses joueurs sur la pelouse du Stade de France face au Japon (1-0), Didier Deschamps assurait que ce match n'apportait rien de nouveau dans son esprit par rapport à la rencontre contre la meilleure équipe du monde. On en conclut donc que le problème n'a sûrement pas changé d'un poil. La question demeure : comment bousculer l'ogre transpyrénéen ?
Si le sélectionneur national avait posé cette question à son ami et prédécesseur Laurent Blanc, il lui aurait répondu de ne pas aligner deux arriérés latéraux dans le couloir droit, comme il l'avait fait lors du quart de finale perdu du dernier championnat d'Europe. Quand on a demandé à un technicien du pédigrée de Roland Courbis, il nous confiait que « pour battre une équipe bien plus talentueuse, plusieurs solutions sont possibles. Soit tu joues à la manière de Chelsea contre le Barça, un peu la même confrontation que celle de mardi, c'est-à-dire très bas en jouant tout sur des contres très rapides. Sinon, tu peux essayer de faire le contraire, surtout contre la Roja. Tu joues très haut, tu presses beaucoup pour empêcher qu'ils puissent faire circuler la balle tranquillement comme ils adorent le faire ».
Quelle stratégie tactique adopter face à l'Espagne ?
Logiquement, DD n'aura pas recours à la première solution, et ce pour de multiples raisons. La première, c'est que les Bleus ont déjà tenté de défendre très bas pour contenir l'Espagne pas plus tard qu'en juin dernier, et nous connaissons la réussite qui s'ensuivit. Deux buts encaissés, dont le premier venant de la droite, le couloir que Laurent Blanc avait tenté de bétonner en alignant simultanément Anthony Réveillere et Matthieu Debuchy pour contrer Andres Iniesta et Jordi Alba. Deux lames qui seront assurément présentes sur la pelouse lors du coup d'envoi.
La seconde raison, utile lorsque l'on espère un peu plus que de laisser sa cage inviolée, c'est que pour avoir l'espoir, aussi mince soit-il, de marquer ne serait-ce qu'une fois, il faut aller vite en contre, ne pas réfléchir et bombarder vers l'avant, ce qui n'est pas la qualité première de nos Tricolores.
Presser haut ou défendre bas ?
La seconde solution est un peu plus plausible. Pour contrecarrer les plans d'une équipe du talent de la Roja, il ne faut pas les laisser venir, il faut leur montrer qu'ils n'ont pas forcément la mainmise sur le match. Pour cela, il faut s'engager haut sur la pelouse, surtout en phase défensive. Une autre donnée pourrait valider cette hypothèse : vraisemblablement, Vicente Del Bosque devrait aligner le Catalan Cesc Fabregas au poste de numéro 9. C'est-à-dire qu'il ne devrait pas y avoir d'attaquant de pointe de métier comme Fernando Torres ou David Villa. En jouant comme cela, la Roja serait moins rapide offensivement, ce qui pourrait avantager une défense française jouant haut sur la pelouse.
Cette solution, Didier Deschamps y pense sans se dévoiler. Lorsqu'on lui demanda lors de la conférence de presse post France-Japon s'il opterait pour une défense pressente, il avoua « que c'est une possibilité comme une autre ». Il affirme qu'aucune solution miracle n'existe pour battre l'Espagne de 2012. Laissez-nous rêver Didier...