Deux mois après son abandon sur la Vuelta, Tadej Pogačar a révélé que sa chute avait entraîné trois fractures vertébrales, en plus de sa fracture de la clavicule. Son récit éclaire les circonstances de l'accident, mais les images de course ne suffisent pas à en confirmer le mécanisme exact ni le bilan médical.

Dans un entretien publié le 31 octobre par The Athletic et relayé par franceinfo, le Slovène a expliqué qu'un scanner passé en Slovénie deux semaines plus tôt avait révélé des fractures aux vertèbres C7, T1 et T2. Il savait déjà que C7 était fracturée ; les deux autres lésions ont été repérées lors de ce nouvel examen. Pogačar dit avoir été "heureux d'être en vie" en découvrant le résultat.
Cette information médicale repose sur son témoignage. Franceinfo ne cite pas de dossier médical indépendant. La révélation donne donc une mesure de la gravité des blessures qu'il décrit, sans permettre de vérifier séparément le diagnostic ni la date à laquelle chaque fracture a été identifiée.
Ce que le déroulement de l'étape permet d'établir
Le compte rendu officiel de la Vuelta indique que Pogačar a chuté à haute vitesse pendant la huitième étape. Il a tenté de remonter sur son vélo, malgré des blessures visibles au bras et à l'épaule gauches, puis a marché jusqu'à l'ambulance et abandonné. Cette séquence permet de confirmer la chute et son issue immédiate, mais ne précise pas ce qui l'a provoquée.
Dans son entretien, Pogačar raconte avoir perdu le contrôle du guidon avec sa main droite, puis être passé par-dessus le vélo. Il dit avoir heurté un coureur portant le maillot jaune de Visma, qu'il pense être Ben Tulett. Il se souvient ensuite d'avoir volé et violemment heurté le sol, mais pas de certains moments, notamment de sa tentative pour se relever.
Ce récit rétrospectif apporte des détails que le compte rendu de course ne donne pas. Mais le coureur lui-même signale des trous dans ses souvenirs : son identification du coureur heurté reste incertaine et son témoignage ne constitue pas, à lui seul, une reconstitution indépendante de la chute.
Une image ne donne pas le bilan médical
Une vidéo peut montrer une chute, la position du coureur ou sa réaction dans les secondes qui suivent. Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer quelles vertèbres sont fracturées ni d'établir avec certitude la succession exacte des contacts. Le récit de Pogačar et les observations faites pendant l'étape répondent donc à des questions différentes.
Le coureur a aussi rapporté des vertiges et des nausées pendant deux semaines, qu'il attribue à des cristaux de l'oreille interne. Il a décrit une période difficile après l'opération de la clavicule, puis une reprise de l'activité sur home trainer. Ces éléments, eux aussi issus de son témoignage, complètent le récit de sa convalescence sans remplacer un suivi médical publié.