Représentation graphique de la cérémonie de clôture des Jeux de Milan-Cortina 2026 au stade San Siro.
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JO Milan-Cortina 2026 : record historique pour la France et passation vers 2030

La France rentre de Milan-Cortina 2026 avec un record historique de 23 médailles, portée par un biathlon dominateur et une nouvelle génération prometteuse. Entre cérémonie de clôture féerique à Vérone et passation vers les Alpes françaises de 2030,...

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Les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 se sont refermés dimanche 22 février dans la magie des arènes de Vérone, après deux semaines de compétitions intenses qui ont vu la France établir un nouveau record historique de médailles. Entre performances sportives exceptionnelles, moments de fête italienne et passation symbolique aux Alpes françaises pour 2030, cette édition restera dans les mémoires comme celle de la consécration du biathlon tricolore et de l'émergence d'une nouvelle génération de champions prêts à briller sur leurs terres dans quatre ans. 

Représentation graphique de la cérémonie de clôture des Jeux de Milan-Cortina 2026 au stade San Siro.
Représentation graphique de la cérémonie de clôture des Jeux de Milan-Cortina 2026 au stade San Siro. — (source)

Une cérémonie de clôture féerique dans les arènes de Vérone

Le décor grandiose choisi par l'Italie

Localisation de Vérone
Localisation de Vérone

C'est dans l'un des monuments les plus emblématiques de l'Italie que les Jeux de Milan-Cortina ont trouvé leur épilogue. Les arènes de Vérone, cet amphithéâtre romain vieux de deux millénaires, ont offert un écrin incomparable à la cérémonie de clôture. Construit au Ier siècle, ce joyau architectural pouvait accueillir jusqu'à 30 000 spectateurs dans l'Antiquité. Dimanche soir, c'est devant une foule conquise que s'est déroulé le spectacle final de cette quinzaine olympique, dans une atmosphère chargée d'histoire et d'émotion.

Les organisateurs avaient choisi pour thème « la beauté en action », un concept qui s'est traduit par une mise en scène sophistiquée et poétique. Une grande scène centrale était entourée d'un immense rideau vert, évoquant les couleurs du drapeau italien, tandis que des chandeliers monumentaux apportaient une touche de théâtralité baroque. L'ensemble créait une atmosphère à la fois intime et grandiose, parfaitement en accord avec l'esprit romantique de cette ville berceau de l'histoire de Roméo et Juliette de William Shakespeare.

Le choix de Vérone n'était pas anodin. En dispersant les épreuves sur sept sites différents et sur 22 000 kilomètres carrés, ces Jeux avaient mis en lumière la diversité des territoires italiens. La cérémonie de clôture incarnait cette philosophie : « un spectacle où l'Italie devient une scène », selon la formule choisie par les organisateurs. Le pays tout entier était invité à célébrer cet événement planétaire, véritable vitrine de la culture et du savoir-faire italiens. 

Artistes soulevant une structure en forme de flamme devant l'Architecture de Vérone lors de la cérémonie.
Artistes soulevant une structure en forme de flamme devant l'Architecture de Vérone lors de la cérémonie. — (source)

La parade des athlètes et l'ambiance festive

Comme le veut la tradition olympique, la cérémonie s'est ouverte sur la parade des athlètes. Ce moment toujours émouvant permet aux sportifs de toutes nations de se mêler les uns aux autres, oubliant pour une soirée les rivalités compétitives. L'ambiance était à la fête, avec des sourires sur tous les visages et des drapeaux de tous les pays qui flottaient dans la brise italienne, créant une mosaïque colorée sous le ciel étoilé de Vérone.

Les arènes de Vérone ont résonné des acclamations du public venu nombreux saluer les champions de ces deux semaines. L'amphithéâtre antique, témoin de combats de gladiateurs il y a deux mille ans, accueillait ainsi une forme modernisée de célébration sportive, où l'émulation et la fraternité avaient remplacé l'affrontement mortel. La richesse culturelle de l'Italie était mise en valeur à travers des tableaux artistiques mêlant danse, musique et projections, offrant un spectacle visuel époustouflant aux millions de téléspectateurs connectés aux quatre coins du monde. 

Vue générale de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 avec la scène centrale.
Vue générale de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 avec la scène centrale. — (source)

La cérémonie a également permis de revenir sur les spécificités de ces Jeux. L'éparpillement géographique des sites de compétition, qui avait suscité des critiques en amont de l'événement notamment concernant le transport des athlètes et des spectateurs, a été présenté comme une force plutôt qu'une faiblesse. En investissant des territoires variés, les organisateurs ont voulu montrer une Italie plurielle et accueillante, capable de partager les retombées économiques et médiatiques entre plusieurs régions.

Lou Jeanmonnot et Mathis Desloges, porte-drapeaux inspirants

Le choix des porte-drapeaux français pour la cérémonie de clôture n'était pas anodin. Lou Jeanmonnot et Mathis Desloges ont été sélectionnés pour incarner cette France qui se projette déjà vers 2030. Deux athlètes aux parcours inspirants, symboles d'une nouvelle génération qui sera en pleine maturité dans quatre ans et qui portera les espoirs d'une nation entière lors des Jeux des Alpes françaises.

Lou Jeanmonnot, avec ses 4 médailles aux JO 2026, s'impose comme l'une des figures marquantes du biathlon mondial. À seulement 26 ans, elle a encore de nombreuses années de compétition devant elle et devrait être l'une des têtes d'affiche des Jeux de 2030. Mathis Desloges, triple médaillé d'argent en ski de fond, représente l'émergence de la France dans une discipline traditionnellement dominée par les nations nordiques, démontrant que les Bleus peuvent désormais rivaliser avec les meilleures équipes mondiales.

Ces deux athlètes incarnent parfaitement l'esprit de conquête qui animera l'équipe de France en 2030. Leur présence à la tête de la délégation lors de la parade des athlètes envoyait un message fort aux observateurs : la France prépare activement sa revanche sur ses terres, portée par une génération talentueuse et ambitieuse qui ne demande qu'à confirmer ses exploits italiens devant son public.

Le bilan sportif historique de l'équipe de France

Un record absolu de médailles pulvérisé

L'équipe de France rentre de Milan-Cortina avec un bilan exceptionnel : 23 médailles au total, dont 8 en or, 10 en argent et 5 en bronze. Ce résultat place la France à la sixième place du tableau des nations, une performance inédite dans l'histoire des Jeux d'hiver tricolores. Le précédent record datait de Pyeongchang 2018 avec 15 médailles : il est désormais pulvérisé avec une marge impressionnante de huit unités supplémentaires.

L'objectif fixé par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) avant le coup d'envoi de l'événement était de 21 récompenses. Les Bleus ont non seulement atteint cet objectif mais l'ont largement dépassé, démontrant la vitalité du sport d'hiver français et la pertinence des politiques d'investissement menées ces dernières années. Cette réussite s'inscrit dans une dynamique positive initiée depuis plusieurs Olympiades et concrétisée par des moyens financiers conséquents dans la formation et l'accompagnement des athlètes vers l'excellence.

Cette moisson de médailles est d'autant plus remarquable qu'elle a été obtenue dans des disciplines variées. Si le biathlon a naturellement tiré son épingle du jeu avec une domination impressionnante, d'autres sports ont contribué à ce tableau chiffré impressionnant, montrant la diversité des talents français sur la neige et sur la glace. Le ski de fond, en particulier, a connu une progression spectaculaire avec les performances de Mathis Desloges qui a rapporté trois médailles d'argent à lui seul. 

Les cinq anneaux olympiques illuminés au-dessus de la foule à la fin des Jeux de Milan-Cortina.
Les cinq anneaux olympiques illuminés au-dessus de la foule à la fin des Jeux de Milan-Cortina. — (source)

Le biathlon français au sommet du monde

Le biathlon français a écrit l'une des plus belles pages de son histoire lors de ces Jeux de Milan-Cortina. Avec 13 médailles dont 6 titres olympiques, la France s'est imposée comme la meilleure nation de la discipline devant les grandes puissances traditionnelles que sont la Norvège et l'Allemagne. Une domination quasi totale, puisque les Tricolores n'ont raté le podium qu'à une seule reprise sur les 11 courses au programme, lors de la poursuite féminine remportée par l'Italienne Lisa Vittozzi devant son public.

Les individualités ont brillé autant que le collectif. Julia Simon et Quentin Fillon Maillet ont tous deux récolté 3 médailles d'or et 1 médaille d'argent, s'affirmant comme les leaders incontestés de leurs équipes respectives et confirmant leur statut de stars mondiales de la discipline. Lou Jeanmonnot, avec 4 médailles (2 or, 1 argent, 1 bronze), a confirmé son statut de star montante du biathlon mondial et s'impose désormais comme la successorale désignée de la génération actuelle.

L'équipe masculine de relais a décroché le titre olympique avec une course maîtrisée de bout en bout, tout comme l'équipe féminine qui a écrasé la concurrence. Ces victoires collectives témoignent de la profondeur du vivier français et de la qualité du travail effectué par les encadrements techniques sous la direction de l'entraîneur en chef. La France peut légitimement prétendre à dominer le biathlon mondial pour les années à venir, avec un réservoir de talents qui semble inépuisable.

Les révélations qui ont marqué les Jeux

Ces Jeux ont également été ceux des révélations et des histoires inspirantes. Océane Michelon, 23 ans, a incarné cette nouvelle génération qui monte en puissance avec une détermination remarquable. Gendarme depuis octobre 2025, la jeune biathlète a vécu un parcours hors du commun qui ressemble à un scénario hollywoodien. Opérée du cœur en 2023 après des problèmes de tachycardie qui auraient pu mettre un terme définitif à sa carrière, elle a su revenir au plus haut niveau pour décrocher 3 médailles : l'or au relais féminin, l'or sur la mass start et l'argent au sprint.

Son histoire est d'autant plus remarquable qu'elle n'était que remplaçante au début des Jeux, attendant son opportunity sur le banc de touche. C'est en remplaçant Justine Braisaz-Bouchet, médaillée d'or individuelle aux Jeux précédents, qu'elle a saisi sa chance avec brio, devenant l'un des symboles de la richesse du vivier tricolore et de la capacité des entraîneurs français à préparer des remplaçants prêts à en découdre. Son parcours inspire désormais une génération de jeunes sportifs qui rêvent de suivre ses pas et prouve que le parcours atypique peut mener vers les sommets.

Mathis Desloges, triple médaillé d'argent en ski de fond, a également marqué ces Jeux par sa régularité et sa combativité sur chaque course. Associé à Jules Chappaz dans les épreuves de sprint par équipes, il a contribué à faire briller les couleurs françaises dans une discipline historiquement dominée par les nations nordiques. Ses trois médailles d'argent constituent une performance exceptionnelle pour un fondeur français et laissent entrevoir de grands espoirs pour les prochaines années, notamment pour les Jeux de 2030 où il évoluera devant son public.

Le classement des nations et les grandes puissances

La Norvège, reine incontestée des JO d'hiver

La Norvège confirme son statut de nation dominante des sports d'hiver avec une régularité impressionnante. Avec 41 médailles dont 18 en or, les Scandinaves terminent largement en tête du classement des nations, confirmant leur hégémonie sur les neiges olympiques. Une performance qui s'inscrit dans la continuité de leurs résultats historiques, la Norvège ayant remporté le plus grand nombre de médailles aux Jeux d'hiver devant les États-Unis et l'Allemagne au cumul des éditions passées.

Cette domination s'explique par une culture du sport d'hiver profondément ancrée dans la société norvégienne, où le ski est véritablement une seconde nature. Dès le plus jeune âge, les enfants sont initiés au ski de fond et aux disciplines nordiques dans un cadre naturel exceptionnel. La formation des athlètes est structurée de manière professionnelle et les moyens financiers importants permettent d'accompagner les talents jusqu'au plus haut niveau, avec des entraîneurs de qualité et des infrastructures à la pointe de la technologie.

Les stars norvégiennes ont une nouvelle fois brillé lors de ces Jeux, notamment en ski de fond et en biathlon où les rouges et bleus ont trusté les podiums. La profondeur du vivier scandinave permet de renouveler les générations sans perdre en compétitivité, un modèle que beaucoup de nations envient et tentent d'imiter sans toujours y parvenir. La Norvège reste la référence absolue en matière de sport d'hiver et devrait conserver cette position dominante dans les années à venir.

Les États-Unis et les Pays-Bas sur le podium

Les États-Unis, avec 33 médailles dont 12 en or, terminent à la deuxième place du tableau des nations. Une performance solide portée par des résultats dans des disciplines variées, du hockey sur glace au snowboard en passant par le patinage de vitesse. L'équipe américaine a notamment brillé dans les sports de glisse, confirmant l'attraction de ces disciplines pour la jeunesse américaine et la qualité des infrastructures dont disposent les athlètes outre-Atlantique. Le titre olympique en hockey sur glace masculin a couronné une quinzaine réussie pour la délégation américaine.

Les Pays-Bas complètent le podium des nations avec 20 médailles dont 10 en or, une performance remarquable pour un pays qui ne dispose pas de montagnes mais qui a su développer une expertise mondialement reconnue sur la glace. Le patinage de vitesse reste la discipline reine des Néerlandais, qui dominent les épreuves de longue piste depuis plusieurs décennies avec une supériorité quasi absolue. Leur capacité à produire des champions année après année dans cette discipline spécifique force l'admiration du monde sportif.

Cette réussite néerlandaise démontre que la géographie n'est pas un destin en matière sportive, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Grâce à des infrastructures adaptées et une formation de qualité dès le plus jeune âge, les Pays-Bas ont su s'imposer comme une puissance majeure des Jeux d'hiver malgré l'absence totale de relief montagneux sur leur territoire. Un modèle qui pourrait inspirer d'autres nations plates souhaitant développer des ambitions olympiques hivernales.

Les moments forts qui ont fait le buzz

Tiramisu Man : le phénomène viral des réseaux sociaux

Les Jeux olympiques ne se résument pas aux performances sportives et aux tableaux de médailles. Ils sont aussi devenus un terrain de jeu pour les contenus viraux qui font le bonheur des réseaux sociaux et rapprochent les athlètes de leur public. Après le « Muffin Man » norvégien de Paris 2024 qui avait conquis internet avec ses vidéos gourmandes au village olympique, c'est un Suisse qui a conquis les coeurs lors de cette édition hivernale avec un engouement similaire.

Jonas Hasler, jeune snowboardeur de 19 ans, est devenu le « Tiramisu Man » des JO 2026 presque malgré lui. Ses vidéos le montrant déguster avec délices le tiramisu du village olympique, spécialité italienne oblige, ont cumulé plus de 3 millions de vues sur les plateformes sociales en quelques jours seulement. Un succès imprévu pour cet athlète qui n'avait pas forcément les médailles comme objectif principal mais qui a su capter l'attention mondiale par son authenticité désarmante et sa gourmandise communicative.

Ce type de contenu témoigne de l'évolution de la couverture médiatique des Jeux et du rapport entre sportifs et public. Les athlètes sont devenus des créateurs de contenu à part entière, partageant leur quotidien avec une authenticité qui séduit les jeunes générations et humanise ces champions parfois perçus comme inaccessibles. Le village olympique, lieu de vie et de rencontre entre nations, devient ainsi un décor naturel pour ces moments de spontanéité qui font le bonheur des community managers et des fans du monde entier.

Le duel États-Unis-Canada en hockey sur glace

La finale du tournoi masculin de hockey sur glace a offert un spectacle d'anthologie aux amateurs de la rondelle et du sport collectif en général. Les États-Unis affrontaient le Canada dans un duel aux relents politiques, quelques mois seulement après les tensions commerciales entre les deux pays voisins. Le match s'est terminé sur une victoire américaine 2-1 après prolongation, mettant fin à 46 années de disette pour les Américains dans cette épreuve reine qu'ils n'avaient plus remportée depuis les Jeux de Lake Placid en 1980.

Le contexte était particulièrement chargé et les médias n'avaient pas manqué de rappeler les épisodes précédents. Lors de la Confrontation des 4 nations en février 2025, le précédent affrontement entre les deux équipes (remporté 3-2 par le Canada) avait été marqué par des bagarres sur la patinoire dès les premières minutes et l'hymne américain sifflé à Montréal par une partie du public. Les menaces de droits de douane de 25 % brandies par Donald Trump avaient ajouté une dimension politique à cette rivalité sportive historique, le président américain n'hésitant pas à qualifier publiquement le Canada de « 51e État ».

Malgré ce contexte tendu, la finale olympique s'est déroulée dans un relatif apaisement, le sport reprenant ses droits sur les considérations géopolitiques le temps d'une rencontre. Les stars de la NHL, ligue professionnelle nord-américaine, étaient de retour aux Jeux après plusieurs éditions d'absence liées à des conflits de calendrier, offrant au public un niveau de jeu exceptionnel et une intensité palpable jusqu'à la dernière seconde de la prolongation.

La passation vers les Alpes françaises 2030

Le drapeau olympique en route vers la France

L'un des moments forts de la cérémonie de clôture a été la passation officielle du drapeau olympique aux représentants des Alpes françaises, futures hôtes des Jeux d'hiver 2030. Après l'extinction des deux chaudrons olympiques à Milan et à Cortina, symbole fort de ces Jeux à géométrie variable répartis sur plusieurs sites, le drapeau a été remis solennellement aux délégations françaises sous les applaudissements nourris du public italien venu en nombre pour l'occasion.

Une Marseillaise réorchestrée a résonné sous les arènes de Vérone, marquant le début de ce passage de témoin chargé d'émotion. Une séquence artistique mêlant artistes et athlètes français a ensuite été projetée sur les écrans géants installés dans l'amphithéâtre, offrant un aperçu de ce qui attend le monde dans quatre ans. Les images des sommets alpins, des stations de ski emblématiques et des paysages grandioses des Alpes françaises ont fait naître l'envie chez les spectateurs du monde entier. 

Moment protocolaire avec le drapeau olympique entouré du logo des Alpes françaises pour 2030.
Moment protocolaire avec le drapeau olympique entouré du logo des Alpes françaises pour 2030. — (source)

Cette passation intervient dans un contexte particulier pour le comité organisateur français qui devra rapidement stabiliser sa gouvernance. Le Cojop de 2030 a été secoué par le départ de trois de ses cadres depuis début décembre 2025 et traverse une crise de gouvernance qui inquiète les observateurs. La cérémonie de Vérone a constitué une parenthèse enchantée, un moment de célébration et d'unité avant le retour aux réalités organisationnelles et aux défis qui attendent les organisateurs français.

Le retour du drapeau olympique à Albertville

Le drapeau olympique fera son « grand retour » en France dès le lundi 23 février, à Albertville en Savoie. Une grande soirée sons et lumières est prévue en présence des médaillés des Jeux italiens qui seront accueillis en héros par leur public. L'occasion pour les supporters français de fêter les exploits de leurs champions et de commencer à rêver aux prochains Jeux qui se dérouleront sur le sol national, une première depuis 1992.

Albertville, ville hôte des Jeux d'hiver de 1992, occupe une place particulière dans l'histoire olympique française. C'est là que furent célébrés les derniers JO d'hiver organisés sur le sol tricolore, il y a maintenant plus de trois décennies. Le retour du drapeau olympique dans cette ville chargée d'histoire prend une résonance particulière et symbolise la continuité entre les deux éditions françaises qui seront séparées par 38 ans.

Les Jeux des Alpes 2030 s'annoncent déjà comme un événement majeur pour le sport français et pour les territoires de montagne. Les organisateurs français auront à cœur de proposer une édition mémorable, qui s'inspirera du modèle italien tout en y apportant une touche hexagonale distinctive. Les infrastructures existantes seront privilégiées, conformément aux recommandations du CIO pour des Jeux plus durables et économiquement responsables, une approche déjà adoptée avec succès par Milan-Cortina.

L'héritage des Jeux de Milan-Cortina

Logo officiel des Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026.
Logo officiel des Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026. — (source)

Une nouvelle génération de Jeux d'hiver

En prenant la parole à la tribune des arènes de Vérone, la présidente du Comité international olympique Kirsty Coventry a salué le modèle établi par les organisateurs italiens avec des mots élogieux. « Vous avez établi un modèle de référence pour les éditions futures. Vous pouvez être fiers », a-t-elle lancé aux représentants du comité d'organisation, qualifiant ces Jeux d'inauguration d'une « nouvelle génération de Jeux d'hiver » plus responsables et adaptés aux réalités contemporaines.

Ce modèle repose sur plusieurs piliers fondamentaux qui marquent une rupture avec les éditions précédentes. Le premier est l'utilisation des installations existantes plutôt que la construction de nouveaux équipements coûteux et potentiellement sous-utilisés après les Jeux. Une approche qui répond aux critiques croissantes concernant l'impact environnemental et financier des grandes compétitions sportives internationales, souvent accusées de laisser des « éléphants blancs » aux territoires hôtes.

Le deuxième pilier est la dispersion géographique des épreuves entre plusieurs sites existants. En répartissant les compétitions sur sept sites différents et sur 22 000 kilomètres carrés, les organisateurs ont voulu partager les retombées économiques et médiatiques entre plusieurs territoires plutôt que de concentrer tous les bénéfices sur une seule ville ou région. Une approche qui présente des défis logistiques indéniables mais qui permet de mettre en valeur la diversité d'une région entière et de créer un véritable dynamisme territorial.

Les leçons pour les organisateurs de 2030

Les Jeux des Alpes françaises de 2030 pourront s'inspirer de l'expérience italienne pour éviter certains écueils et reproduire les réussites. Le modèle Milan-Cortina a démontré qu'il était possible d'organiser des Jeux d'hiver réussis sans construire de nouvelles infrastructures majeures, une excellente nouvelle pour les finances publiques françaises. Les sites existants dans les Alpes françaises sont nombreux et de qualité reconnue internationalement, ce qui devrait faciliter l'organisation et rassurer les observateurs sur la viabilité du projet.

La gestion des transports entre sites dispersés sera l'un des défis majeurs à relever pour les organisateurs français. Les critiques formulées contre l'éparpillement italien, notamment concernant les temps de trajet parfois longs pour les athlètes et les spectateurs, devront être prises en compte pour éviter les mêmes écueils. Des solutions de transport durables et efficaces devront être mises en place pour assurer la fluidité des déplacements entre les différents sites de compétition et les villages olympiques.

L'implication des populations locales sera également cruciale pour créer une ambiance festive inoubliable. Les Jeux de Milan-Cortina ont bénéficié d'un fort engouement populaire, avec des foules nombreuses et enthousiastes sur les sites de compétition tout au long de la quinzaine. Les organisateurs français devront cultiver cette mobilisation citoyenne dès maintenant pour créer une atmosphère chaleureuse et accueillante qui marquera les esprits des visiteurs du monde entier en 2030.

Conclusion

Les Jeux olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 se referment sur un bilan exceptionnel pour l'équipe de France qui rentre chez elle la valise pleine de médailles et le cœur gonflé de fierté. Avec 23 médailles dont 8 en or, les Bleus ont établi un nouveau record historique et confirmé leur place parmi les grandes nations du sport d'hiver, aux portes du top 5 mondial. Le biathlon français a particulièrement brillé lors de cette quinzaine italienne, s'imposant comme la discipline reine de cette édition avec 13 médailles dont 6 titres olympiques qui scellent la domination tricolore sur la scène mondiale.

La cérémonie de clôture dans les arènes de Vérone a offert un final en beauté à cet événement planétaire, dans un décor chargé d'histoire et d'émotion. Entre spectacles artistiques célébrant la culture italienne sous toutes ses formes et passation émouvante vers les Alpes françaises pour 2030, cette soirée restera dans les mémoires comme un moment de fraternité sportive et de partage entre les nations. Les regards se tournent désormais vers la France, qui accueillera les prochains Jeux d'hiver dans quatre ans sur ses sommets alpins et qui aura l'opportunité de confirmer son ascension sur le tableau des médailles devant son public.

Le modèle établi par Milan-Cortina, privilégiant les installations existantes et la dispersion géographique des épreuves, devrait inspirer les organisateurs de 2030 qui s'engagent dans la même voie de la durabilité et de la responsabilité. Après une cérémonie de clôture placée sous le signe de « la beauté en action », c'est une France ambitieuse et confiante qui se prépare à prendre le relais de l'Italie. Les athlètes français, portés par une nouvelle génération talentueuse emmenée par Lou Jeanmonnot, Mathis Desloges ou encore Océane Michelon, auront à cœur de confirmer leurs exploits italiens sur leurs terres, devant un public conquis venu les soutenir en nombre. Rendez-vous est pris dans les Alpes françaises pour une nouvelle aventure olympique qui s'annonce mémorable.

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Thomas Rabot @terrain-pro

Ancien handballeur en nationale 3, je vis le sport avec passion même si mon genou m'a dit stop. Coach sportif à Dijon, je regarde tout : foot, basket, tennis, sports de combat, e-sport. J'analyse les perfs avec un œil technique mais accessible. Les stats, c'est bien, mais je préfère raconter les histoires humaines derrière les résultats. Le sport, c'est pas que des chiffres – c'est des gens qui se dépassent.

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