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C'est ça la méthode Sagnol !

Bordeaux caracole en tête de Ligue 1. Découvrez la méthode rigoureuse mais efficace de Willy Sagnol.

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Willy Sagnol a débarqué en Gironde au début du mois de juin. Son travail à la tête des espoirs ne le comblait plus totalement : « J'avais besoin d'être avec mes joueurs au quotidien. La sélection, c'est beaucoup de visionnage, de repérage. J'arrivais à un moment de ma carrière où je pensais devoir m'inscrire dans un projet de club et celui de Bordeaux m'a séduit immédiatement ». Il n'a pas manqué ses débuts en gagnant ses trois premiers matches. Il serait un peu injuste de mettre ses succès au seul actif de Sagnol, lui-même avait tenu à plusieurs reprises à remercier Francis Gilot, mais il a bien évidemment une part de responsabilité. Pour connaître ce qu'apporte un entraîneur, qui plus est quand il vient d'arriver, le mieux reste d'aller voir les entraînements et ceux dirigés par Willy Sagnol sont pour le moins savoureux. On y voit des joueurs souriants, heureux d'être là. Au fond, c'est un peu l'état d'esprit voulu par leur coach. « Il nous dit tout le temps qu'il faut prendre le plus de plaisir possible dans ce que l'on fait pour que ce soit bien fait », confirmait Grégory Sertic.

Mais ne voyez surtout pas ici un quelconque laxisme, il n'en est rien. L'ambiance est détendue mais c'est simplement pour que le travail soit bien fait. Willy Sagnol s'implique énormément lors des entraînements, bien plus que ne le faisait Francis Gilot : « Je ne vais pas dire que c'est mieux. C'est simplement différent. Ils ont des conceptions différentes de leur métier », continuait Sertic. Dans la méthode Sagnol, le dialogue y tient une place importante, une place prépondérante même. Mais là également règne une certaine rigueur, comme le fait d'avoir prohibé le tutoiement : « J'ai été habitué à cela et je trouve ça mieux. Ça permet de se souvenir que l'on est dans un contexte de travail. Je ne suis pas leur copain et les joueurs ne sont pas les miens », s'explique Sagnol. Ce qui ne l'empêche en rien de passer beaucoup de temps avec ses hommes, souvent individuellement, car ça fait partie pleinement de son travail. Une proximité appréciée par les joueurs : « Il vient beaucoup nous voir. Il a instauré une sphère de confiance. Quand on a quelque chose à dire, on sait qu'on sera écouté. C'est vraiment bien car l'ambiance du groupe en est que plus saine », se réjouissait Cheick Diabaté. Les mises au vert et les repas d'après-match ont été réinstaurés. L'ancien international français responsabilise ses cadres. Il leur demande régulièrement leur ressenti sur le groupe ou leur avis sur un choix tactique. Autre chose : c'est à ces mêmes cadres de gérer la cagnote des retards (la règle veut qu'il faut arriver au moins quarante-cinq minutes avant le début de la séance d'entraînement). « Mes joueurs sont assez grands. Je n'ai pas à être le gendarme. Je n'ai pas à gérer ce genre de choses. Cela appartient au groupe », commente Sagnol.

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Rigueur et attaque comme mots d'ordre

Son passé au sein du Bayern Munich lui a donné une réputation de rigueur. Ce qui n'est pas faux. Mais on pourrait le croire intransigeant, pour ne pas dire inflexible, alors qu'il suffit de parler avec ses joueurs ou de regarder son comportement à l'entraînement. Un esprit positif flotte au-dessus du Haillan. Jamais vous ne verrez Willy Sagnol élever la voix après un geste manqué ou après un mauvais choix. Il recadre, il conseille, il reprend. Tout cela dans le calme et la sérénité. Une véritable attitude positive qui s'étend jusqu'en match. Ce sont ses mots qui permirent à ses joueurs de se reprendre après des premières mi-temps délicates contre Monaco et Nice pour deux victoires finales (respectivement 4-1 et 3-1). « Il ne nous a pas mis la pression du tout. Il ne nous a pas adressé de reproches. Il a juste dit ce qui n'allait pas et ce qu'il fallait changer pour que ça aille mieux. Après, ce sont les gros de l'effectif qui prennent le relais », appréciait Wahbi Khazri, arrivé en Gironde cet été et déjà indispensable dans les plans de Sagnol.

À tout cela s'ajoute un projet de jeu ambitieux qui a le mérite de plaire à son effectif. Et jusqu'à présent, on n'a rien vu de mieux pour rassembler un groupe. Surtout que le discours est empreint de vérité : « Il nous a clairement dit comment il voulait qu'on joue. Il veut qu'on joue haut avec un bloc compact, qu'on tienne le ballon et qu'on soit constamment tourné vers l'avant. Mais il nous a également prévenu que ce serait compliqué, qu'il nous arriverait de prendre des buts et de perdre des matches. Parce que c'est son jeu qui veut ça », expliquait Sertic.

Pour l'instant, Bordeaux gagne sans vraiment être conforme aux souhaits de son nouvel entraîneur. On l'a vu plus souvent exploser des contres plutôt que faire des phases de conservation. Mais tant que ça marche... Bordeaux devra cependant battre Bastia cet après-midi pour confirmer ses bonnes dispositions du mois d'août. Seulement, il devra faire sans Plasil et Contento, blessés, et Diabaté, suspendu. C'est ce qui arrive quand on a voulu une préparation physique poussée. Mais il en faudra plus pour faire douter Sagnol...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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