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Sports

Brésil, nous voilà !

Grâce à Sakho et Benzema, les Bleus ont créé l'exploit contre l'Ukraine et décrochent leur ticket pour le Brésil !

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Au coup de sifflet final, tous les joueurs de l'équipe de France, titulaires et remplaçants, ainsi que l'ensemble du staff technique se sont regroupés dans le rond central. Ça s'est mis à chanter, à danser, à bouger dans tous les sens. Une image que l'on n'avait plus connue depuis un certain 12 juillet 1998. Ce soir-là, l'équipe de France avait battu le Brésil, pays hôte de la prochaine Coupe du Monde, par le même score, mais elle était avant tout devenue championne du monde pour la première fois de son histoire. Hier, les Bleus n'ont pas remporté de trophée, ne se sont pas qualifiés pour un quart de finale ou une demi-finale de Coupe du Monde, mais ils se sont donnés la chance d'aller de l'autre côté de l'Atlantique pour jouer une compétition qui s'annonce fantastique. De premier abord, on se dit que le football français se contente de peu, mais à voir la joie des principaux acteurs, on n'a jamais été aussi heureux de se contenter de peu.

La France va participer à sa cinquième Coupe du Monde d'affilée. La dernière fois qu'elle avait manqué le rendez-vous ultime du football mondial, c'était en 1994 et la compétition se déroulait aux États-Unis. Les Français de l'époque avaient tout perdu à la dernière seconde avec le but du célèbre Kostadinov. Hier soir, les Bleus auraient pu connaître pareille mésaventure. Défaits 2-0 à Kiev vendredi dernier, les Français se retrouvaient dans l'obligation de battre Pyatov, le portier ukrainien, à deux reprises, lui qui n'avait plus encaissé de but depuis huit matches et qui n'avait plus encaissé deux buts dans la même rencontre depuis l'Euro 2012 et une certaine défaite 2-0 contre... la France.

Au match aller, nos Bleus avaient pêché par excès de confiance. Ils pensaient qu'il n'y avait pas besoin de s'arracher et de tout donner pour se défaire de l'Ukraine. Après la honte ressentie au match aller, les Français devaient se métamorphoser en héros pour espérer accrocher un ticket pour le Brésil. Depuis dimanche, les joueurs français qui se succédaient devant les médias avaient les mêmes mots à la bouche. Mamadou Sakho parlait de « rage et d'envie de se battre ». Giroud appuyait en allant jusqu'à dire qu'il « était prêt à mourir sur la pelouse ». Des mots, c'était déjà bien, mais à un moment, il faut des actes, des faits.

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Le match retour des Bleus face à l'Ukraine

Vendredi, on avait reproché aux Français un manque d'impact physique, un manque d'engagement et une envie trop faible comparée aux Ukrainiens qui se savaient en train de disputer le match de leur vie. On avait déploré un manque de hargne, nécessaire dans ce genre de match où le talent ne fait pas tout. Benzema avait dit : « On est meilleurs qu'eux sur le papier mais on sait que ça ne suffit pas dans des matches comme celui-là ». Il restait à savoir si l'équipe de France était capable d'apporter ce qui lui avait manqué à l'aller.

Hier, les Bleus ont prouvé qu'ils étaient capables de beaucoup mieux et que leur niveau réel était bien au-dessus de ce qu'ils avaient montré à Kiev. Il y a eu de l'engagement. Il y a eu de la présence dans tous les duels, que ce soit dans les airs ou au sol, et ces duels finissaient comme par enchantement en faveur des Bleus. Dès les premières minutes, on ressentait cette envie d'arracher tous les ballons, d'arriver en premier sur chaque balle. Devant eux, les Ukrainiens ne voyaient plus les enfants naïfs et trop confiants qu'ils avaient battus 2-0, mais de véritables morts de faim.

On a tendance à dire que l'équipe de France n'est justement pas une équipe. On se dit qu'il n'y a aucune osmose entre eux, aucune forme de solidarité. Seulement, les Bleus ont montré hier qu'ils pouvaient faire bloc, jouer en équipe et tirer tous dans la même direction. Les joueurs communiquaient. Sur tous les coups de pied arrêtés défensifs, on voyait Mamadou Sakho replacer sa défense et encourager tout le monde. « C'était bien beau de dire qu'on voulait se révolter mais des paroles restent des paroles et il faut le faire pour prouver qu'on est capable de tenir nos engagements. Alors, en effet, quand on était sous pression, je ressentais le besoin de remotiver toute la troupe parce que le moindre but encaissé nous condamnait », expliquait le nouveau défenseur de Liverpool.

Cette victoire est à mettre en premier lieu au crédit de tous les joueurs qui se sont serré les coudes jusqu'au bout pour transformer cette situation impossible en véritable exploit. Mais il faut également rendre à César ce qui appartient à César et il est important de souligner les choix faits par Didier Deschamps. Le sélectionneur tricolore aurait très bien pu persister dans son 4-2-3-1 pour montrer que seul le manque d'engagement de ses hommes était à l'origine du désastre de la rencontre aller, mais l'ancien capitaine de l'équipe de France championne du monde en 1998 n'est pas de ce genre-là. Il sait que ses choix n'ont pas été exempts de tous reproches et il a pris les dispositions pour mettre ses joueurs dans les meilleures conditions possibles. Si Varane remplaçait logiquement Koscielny suspendu, Deschamps eut le cran de mettre Eric Abidal sur le banc, son expérience avec, au profit de Mamadou Sakho qui « voulait aller à la guerre ». Et l'ancien Parisien y est allé à la guerre et il a gagné sa bataille contre Zozoulia. Il a parfois été imprécis dans son jeu de tête mais excusons ce léger excès d'engagement, vaut mieux trop que pas assez. Sa deuxième très bonne idée fut d'ajouter Yohan Cabaye au milieu de terrain dans un rôle de sentinelle où il excella.

La performance de Yohan Cabaye

Il fut peut-être hier le meilleur joueur français même s'il paraît délicat de sortir une individualité du lot dans une victoire où c'est l'équipe toute entière qui fut au rendez-vous. Il fut agressif à la récupération, propre à la relance. Sa capacité technique fut précieuse et fut au départ de la plupart des mouvements offensifs. Il eut également le mérite de donner plus de liberté à Paul Pogba qui pouvait jouer un cran plus haut comme il le fait quand il joue avec la Juventus de Turin.

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Comment Sakho a sauvé les Bleus à la Thuram

Sa dernière excellente décision, même si elle s'imposait dans l'esprit de tous, fut de choisir Mathieu Valbuena. On le disait en méforme, ce qui n'était pas faux par ailleurs, mais il semble que l'équipe de France a pour lui un intérêt supérieur. Initialement placé à droite, il passa partout, du côté gauche au couloir droit en passant par l'axe. Il apporta son énergie comme il le fait à chaque fois qu'il porte la tunique bleue. Sur une pelouse en bien mauvais état, le match de rugby France-Nouvelle-Zélande il y a dix jours oblige, les Bleus se sont efforcés à jouer. Depuis la seconde période du match Espagne-France, on n'avait pas vu une équipe de France jouer aussi bien dans un match important (ce qui veut dire que l'on ne compte pas la victoire contre l'Australie). Les mouvements fluides s'amoncelaient sur les cages de Pyatov, les situations dangereuses aussi, et à un moment ou à un autre, ça a fini par passer sur un tir de Ribéry repoussé par Pyatov dans les pieds de Mamadou Sakho qui ajustait son tir pour ouvrir le score. Il s'ensuivit un but de Benzema injustement refusé pour un hors-jeu. Le Madrilène ne laissa pas place à la frustration et allait marquer le deuxième but, qui lui n'était pas valide, mais qui emmenait les siens au moins en prolongation. Le public chantonnait la Marseillaise. La France avait marqué deux buts contre des Ukrainiens qui n'en avaient pas encaissé depuis huit matches. La France, c'est aussi cela. C'est une équipe capable de bouleverser toutes les statistiques. Aucune équipe ne s'était qualifiée lors d'un barrage en s'inclinant 2-0 au match aller, la bande à Deschamps l'a fait après que Mamadou Sakho y est allé de son doublé par une reprise du genou à partir d'une frappe de Ribéry. Sakho avait alors des airs de Thuram même si ce dernier inscrivit ses deux premiers buts en équipe de France dans une demi-finale de Coupe du Monde alors que la France était menée 1-0. En fin de match, Benzema, Ribéry puis Giroud auraient pu alourdir le score mais soit la pelouse bosselée de Saint-Denis, soit Pyatov en décidaient autrement.

Avec cette victoire, la génération des Nasri et Benzema se donne une occasion de participer à sa première Coupe du Monde enfin, si Deschamps les sélectionne en mai. Le groupe pourrait changer d'ici la compétition. La suite de la saison lui donnera peut-être de nouvelles cartouches. On pense à Lucas Digne, Florian Thauvin ou Antoine Griezmann. Du moins, il sait qu'il pourra s'appuyer sur ses jeunes (Varane et Pogba qui apparaissent de plus en plus solides en sélections), sur Valbuena et Cabaye qui sont indispensables et bien évidemment sur Franck Ribéry qui eut plusieurs occasions et qui fit jouer ses coéquipiers. Alors, en juin, les Bleus seront au Brésil. N'allons pas d'un extrême à l'autre. Ne parlons pas déjà d'ambition. Cette équipe est tantôt formidable, tantôt minable. Tantôt on l'acclame, tantôt on l'accable. Les cartes sont dans leurs mains...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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