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Bolt nous l'avait caché

Usain Bolt signe 9"63 aux JO de Londres et prouve qu'il reste le leader indiscutable du sprint.

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Dire qu'on se posait des questions sur la forme du showman jamaïcain. On se demandait s'il pouvait rééditer sa performance de Pékin. On se rappelait des sélections jamaïcaines, qui s'étaient déroulées au début du mois de juillet du côté de Kingston. Il avait été battu par deux fois, sur 100 et 200 m, par le jeune Yohan Blake qui prenait l'avantage sur son aîné à seulement un mois des JO. Ses deux dernières années jonchées de galères pour la « Monster » de Kingston. Son faux départ lors de la finale des Mondiaux de Daegu lui avait fait beaucoup de mal. Il admettait sa fatigue après ses entraînements.

Hier soir, en deux heures, juste le temps de faire les demi-finales, il a répondu de la meilleure des manières. Alors que les séries de la veille avaient plutôt mis en lumière Justin Gatlin ou Yohan Blake, c'est en demi-finale que l'on a su que cet Usain Bolt là était largement au-dessus du lot. Dans la sienne, Bolt a signé un temps de 9"89 alors qu'il avait commencé à relâcher au bout d'une soixantaine de mètres. Il envoyait un signe à ses adversaires du soir, dont son compatriote Asafa Powell : « J'étais en train de rentrer aux vestiaires après ma demi-finale, je voulais voir Usain. Sa décontraction pour se qualifier m'a sauté aux yeux. C'est un adversaire mais j'étais franchement content de le voir de retour à un tel niveau ».

Une finale aux allures de formalité

La finale, une des plus fortes de l'histoire du 100 m lors des Jeux Olympiques, avec quatre hommes au niveau des 9"80, a eu presque des allures de formalité pour le recordman du monde de la discipline. Cet Usain Bolt rappelait vraiment ses meilleures heures. Alors que le speaker faisait monter la pression en présentant les huit rapides, Usain Bolt montrait une décontraction que nous n'avions plus vue sur son visage depuis quelques mois. C'était le Bolt de 2008 et 2009, le pitre de service capable d'amuser la galerie à quelques secondes d'une finale mondiale ou olympique. Hier, il se mimait en Disc Jockey mettant le feu dans le Stade Olympique de Londres.

Derrière, après un départ moyen mais pas si mauvais que ça, pas assez pour que l'un d'entre eux puisse déboulonner le patron, il allongeait son extraordinaire foulée et venait casser la ligne en signant un 9"63, record olympique battu de six centièmes. En moins de dix secondes, il faisait taire ses détracteurs, ceux qui pouvaient penser que son talent d'athlète était aussi grand que sa flemmardise.

Un retour au professionnalisme

Seulement, Usain Bolt sait ce qu'il veut et il s'en est donné les moyens. Cela ne veut en aucun cas dire qu'il a perdu son amour pour la fête. Rappelons tout de même qu'il est toujours jamaïcain, où faire la fête est presque une seconde nature. Mais, pour ceux qui doutaient, à l'orée d'une échéance comme les Jeux Olympiques ou les Championnats du Monde, le professionnel reprend du galon.

Lui-même reconnaissait que Yohan Blake l'avait aidé : « Lors des sélections, je ne sais pas si Yohan était dans un pic de forme. Ce que je sais, c'est que je ne l'étais pas. C'est peut-être grâce à lui si je fais un tel temps en finale. J'ai travaillé tous les jours, toujours plus car mon objectif était de rester dans la légende et cela passait par un deuxième titre olympique ». Si avec ça il ne rentre pas dans la légende…

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rmcriolo
Fruitier Manu @rmcriolo
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