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Sports

Bianchi débloque les compteurs

À Monaco, Jules Bianchi offre à Marussia ses premiers points en F1 lors d'une course historique.

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Habituellement, après chaque Grand Prix, il faut aller voir du côté de l'écurie du vainqueur pour faire la fête. Hier, avec la victoire de Nico Rosberg et la superbe deuxième place obtenue au bout du suspense par Lewis Hamilton, qui résistait avec autorité aux velléités de retour de Daniel Ricciardo, il y avait toutes les raisons pour que le champagne coule à flot et que la musique fasse péter les tympans dans le stand de Mercedes. C'était d'ailleurs le cas, mais en tendant l'oreille vers l'extérieur, on aurait pu entendre que la fête n'était pas l'apanage de l'équipe allemande. C'est beaucoup moins habituel, mais c'est bien chez Marussia qu'on se félicitait d'un Grand Prix de Monaco qui rentrera dans l'Histoire, pas forcément celle de la Formule 1 mais à coup sûr dans celle de la jeune équipe Marussia.

Cette dernière est la première des trois équipes arrivées sur le circuit en 2010 (Virgin Racing, HRT et Lotus) à entrer un de ses pilotes dans le top 10. C'est en 2012 que Marussia est entrée dans l'affaire avec Timo Glock et Charles Pic en représentants. Jules Bianchi arrivera en 2013.

Une performance historique pour Marussia

Au départ de la saison, Graeme Lowdon, son patron et directeur sportif, avait révélé que son objectif était « d'entrer au moins une fois en Q2 (deuxième phase de qualifications) ». Autant dire qu'une place dans les dix premiers paraissait totalement inconcevable. L'objectif fixé par Lowdon n'a pas encore été atteint, mais il est sûr qu'il préfère très largement les points offerts hier après-midi par Jules Bianchi. Hier soir, une fois que ses obligations envers la presse étaient terminées, il se dirigea vers son stand. Sur la route, il fut arrêté par des pompiers qui souhaitaient simplement le féliciter, et quand ce n'était pas les pompiers, ce sont les commissaires qui tenaient absolument à prendre une photo avec le héros du jour. Eric Boullier, le tout nouveau directeur de McLaren, y est aussi allé de ses félicitations. C'est assurément la première fois qu'une neuvième place est autant acclamée. Le fait qu'il soit Français doit y être pour quelque chose, mais il n'y a pas que ça. Marussia est la plus petite structure du paddock avec les moyens les plus limités, avec quatre fois moins d'employés (197 chez Marussia contre 800 chez Red Bull ou Mercedes). Alors vous comprendrez qu'une neuvième place — et les deux points qui vont avec — ce n'est pas rien du tout. « C'est un peu comme une victoire même si on sait que ce n'est pas la même chose. On a tellement trimé depuis l'année dernière. Ça fait trois ans que l'équipe se bat pour faire au mieux, pour que la voiture soit la plus performante, alors c'est une victoire surtout pour l'équipe », expliquait le héros français du jour.

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Comment Bianchi a dépassé Kobayashi avec panache

Il n'avait même pas le temps d'aller voir son père et sa fiancée, tant il était attendu par ses mécaniciens et ingénieurs. Si on lui faisait une telle fête, ce n'est pas seulement pour le résultat, même si c'est ce qu'on retiendra dans vingt ans. C'est parce qu'il y avait la manière qui allait avec. Il n'a pas seulement profité des accidents et des sorties de route qui ont occasionné quelques abandons. On pourrait même dire que le sort n'était pas de son côté. Il a pris cinq secondes de pénalité au départ. Il explique : « Maldonado cale sur la ligne de départ au tour de formation. Je crois que Gutiérrez n'a pas été mis au courant par Sauber, donc il s'est trompé de ligne et tout le monde derrière a fait la même chose et moi aussi. Je m'en suis rendu compte mais il était trop tard pour faire marche arrière. » Il aura une nouvelle pénalité de cinq secondes pour avoir effectué son stop-go alors que la voiture de sécurité était en piste. Cette pénalité aurait pu lui coûter sa place dans les points, mais il eut, quelques tours plus tôt, le panache de dépasser Kobayashi. « J'avais Kimi Räikkönen qui galérait depuis plusieurs tours à dépasser Kobayashi. Quand j'ai vu qu'il allait passer à la Rascasse, je l'ai suivi dans un trou de souris. C'est passé limite mais on ne s'est pas touchés violemment », souriait le jeune Niçois. Elle ne lui coûtera finalement que la huitième place qu'il devra céder à son compatriote Romain Grosjean, mais l'essentiel était d'aller chercher les points au bout d'un Grand Prix somptueux, résultat d'un travail de tous les jours. « On a fait un excellent boulot sur le Grand Prix d'Espagne et sur les deux jours qui ont suivi », se réjouissait le patron de Marussia.

Une famille marquée par l'histoire du sport

Au bout de quelques heures, son père parvint tout de même à se frayer un chemin pour aller faire l'accolade à son fils avec toute l'émotion qui va avec : « Je suis si fier de toi si tu savais. Et il n'y a pas que moi. J'en connais un là-haut qui doit l'être au moins autant que moi. » Quand il dit ça, le père du pilote fait mention à son frère, donc l'oncle de Jules Bianchi. Lucien Bianchi avait déjà brillé dans la Principauté monégasque en prenant la troisième place de ce Grand Prix au volant d'une Cooper-BRM en 1968. Mais c'est surtout en Endurance qu'il fut le plus présent, remportant les 24 Heures du Mans la même année. Il décèdera une année plus tard lors des qualifications de ces mêmes 24 Heures. Mauro Bianchi, grand-père de Jules, avait alors arrêté sa carrière automobile. Preuve que l'histoire entre le sport automobile et la famille Bianchi ne date pas d'hier et que le petit dernier y a inscrit un nouveau chapitre...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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