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Sports

Benzema frappe d'entrée

Benzema offre un doublé à la France pour son entrée en Coupe du Monde contre le Honduras (3-0).

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On le savait un peu, mais maintenant la chose est vérifiée : l'équipe de France compte dans ses rangs une superstar, le genre de celle adulée par les foules. On avait pu le remarquer lundi dernier lorsque les Bleus arrivèrent sur le sol brésilien. Des centaines de personnes avaient fait le déplacement pour les attendre à la descente de l'avion à l'aéroport de Sao Paulo, avec le Madrilène en tête. Il fut également au centre des acclamations lors de la séance d'entraînement du lendemain. Mais être une idole ne suffit pas ; il faut le prouver sur le terrain, et une Coupe du Monde en est le meilleur décor.

Hier après-midi, heure locale, dans le sublime écrin de Porto Alegre, Karim Benzema a joué, à vingt-six ans, son premier match de Coupe du Monde. Il avait été sélectionné pour les Championnats d'Europe 2008 et 2012, mais avait manqué le Mondial sud-africain. L'histoire d'amour qui lie l'attaquant du Real et la Coupe du Monde est encore toute fraîche, mais elle se profile intense si l'on en croit le premier chapitre dévoilé hier. On parlera tout d'abord de ses deux buts. Le premier, sur penalty, inscrit une minute avant la mi-temps pour punir une nouvelle faute de Palacios sur Paul Pogba et donner surtout l'avantage aux Bleus. Le second, il l'inscrivit à la suite d'un tir de Mathieu Debuchy contré par Patrice Evra, mais dont le ballon filait sur ses pieds avant qu'il n'étrille Valladares d'une frappe somptueuse en pleine lucarne alors que l'angle était fermé. On se souviendra aussi de lui comme du joueur à l'origine du premier but validé à l'aide de la technologie. "Le plus important, c'est la victoire. C'est vraiment la chose la plus importante, ce qu'il y a à retenir. Après, c'est vrai que je suis heureux de mon match. J'ai marqué deux buts mais c'est l'équipe toute entière qui a fait un très grand match", se réjouissait l'ancien Lyonnais.

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Les Bleus victimes de l'agressivité hondurienne

Pourtant, rien ne s'était vraiment passé comme prévu. On commencera par l'entrée des joueurs qui se fit dans le silence. Le problème de son que connaît le stade Beira Rio de Porto Alegre se poursuivit au point que les hymnes nationaux ne purent être diffusés. Ce qui amena une image étonnante de vingt-deux joueurs attendant deux minutes sur la pelouse avant que ne soit donné le coup d'envoi. Un interlude pendant lequel les deux mille Français présents hier soir dans les tribunes entonnèrent La Marseillaise.

Autre chose que l'on n'avait pas prévue : le pressing propre que firent les Honduriens sur les dix premières minutes. Mais comme dit l'expression populaire : "Chassez le naturel, il revient au galop". Alors, dès que la maîtrise française fut totale, les joueurs du Honduras en revenaient aux bonnes vieilles méthodes, les mêmes dont s'était plaint Steven Gerrard après leur dernier match amical disputé contre l'Angleterre (0-0). Une chose que venait confirmer Yohan Cabaye : "Gerrard avait dit qu'ils étaient violents, je comprends un peu mieux maintenant. Ils se plaignaient qu'on les prenne pour des découpeurs mais ils viennent de confirmer cette réputation".

Mais le milieu de terrain du PSG ne fut pas le seul à être la cible des foudres hondurienne. Valbuena essuya quelques coups. De l'autre côté, Evra aussi. Le piège tendu par le sélectionneur du Honduras, Luis Suarez, aurait pu se refermer sur Didier Deschamps lorsque Paul Pogba réagit par un coup de pied après que Wilson Palacios ne lui eut marché dessus à deux reprises. Heureusement pour le Turinois et pour tout le camp français, l'arbitre ne dégaina qu'un carton jaune. L'affaire entre les deux ne s'arrêtera pas là et le dernier mot reviendra à Paul Pogba, qui provoqua la faute à l'origine du penalty après une nouvelle faute de Wilson Palacios, lequel se vit infliger un second avertissement. En l'espace de deux minutes, le ciel des Bleus s'était éclairci. À onze contre dix et en menant 1-0, on imaginait mal un retour hondurien, tant ils semblaient dominés techniquement et physiquement.

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Confirmer contre la Suisse

Yohan Cabaye avait déjà été l'auteur de l'ouverture qui fut à l'origine du penalty. Le Parisien fut également dans le coup sur le deuxième but. Il intercepta une passe adverse dans les quarante mètres avant d'adresser un centre millimétré pour Benzema. La reprise de ce dernier trouva le poteau avant de revenir sur Valladares, qui remettait le ballon derrière la ligne. Le break dans la poche, Didier Deschamps pensait plus à la différence de buts qu'à la victoire et là aussi, il fut conquis par un troisième but qui marquait le premier doublé pour un joueur français en Coupe du Monde depuis Zinédine Zidane un certain soir du 12 juillet 1998.

L'addition aurait pu être encore plus salée pour le Honduras si Blaise Matuidi n'avait pas trouvé la transversale à la réception d'un centre de Valbuena, ou si Antoine Griezmann n'avait pas imité son coéquipier en décochant une tête rageuse tout droit sur la barre de Valladares. Karim Benzema aurait pu se montrer plus inspiré en centrant en retrait vers Matuidi plutôt que de tirer. En deuxième mi-temps, Matuidi et Valbuena auront aussi manqué des occasions. Mais ça ne suffisait pas à effacer le large sourire qui se dessinait sur le visage du sélectionneur français. Il pouvait même se payer le luxe de mettre au frigo Paul Pogba et Yohan Cabaye, qui avaient pris un carton jaune en première période.

Il fallait remonter à 1998 pour retrouver un but inscrit par l'équipe de France lors de son premier match. À l'époque, l'adversaire était l'Afrique du Sud et le score était le même (buts de Dugarry, Issa (csc) et Henry). De là à y voir un signe annonciateur, il ne faut pas pousser. Il serait même très souhaitable que l'effervescence ne saisisse pas l'équipe de France, car la Suisse ne ressemble en rien au Honduras. Vendredi, le second match pour les Bleus servira de vrai test pour la charnière centrale, qui n'eut pas grand-chose à faire hier. Il faudra s'attendre à une vraie opposition, même si Deschamps a dû être rassuré par le match très moyen des Suisses contre l'Équateur (2-1). En cas de victoire, la qualification serait déjà assurée. La dernière fois que l'équipe de France s'était qualifiée au bout des deux premiers matches, c'était en 1998. Tiens donc...

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rmcriolo
Fruitier Manu @rmcriolo
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