Le 25 juillet 2026, Benjamin Mendy a mis aux enchères sa réplique officielle du trophée de la Coupe du monde 2018 via la maison américaine Goldin. Le montant de la vente, 62 200 dollars (environ 54 000 euros), a sidéré les amateurs de football, mais ce n'est pas le chiffre qui choque le plus. C'est le symbole. Huit ans après avoir soulevé le trophée le plus convoité de la planète, l'ancien défenseur de Manchester City liquide ses souvenirs sportifs un à un, comme on vide un grenier. La vente de ce trophée, fissuré à sa base, marqué par l'usure du temps, intervient dans un contexte bien précis : celui d'une chute financière vertigineuse et d'une reconstruction personnelle loin des projecteurs.

Vente aux enchères Goldin : les souvenirs du Mondial 2018 liquidés
L'information est tombée comme un couperet sur la planète football. Benjamin Mendy s'est séparé de sa réplique officielle de la Coupe du monde 2018, vendue aux enchères par la plateforme américaine Goldin dans le cadre de sa vente « Global Football Auction Part 2 ». Le lot comprenait bien plus qu'un simple trophée. Le défenseur français a également mis en vente la bague de champion du monde offerte par Paul Pogba à tous ses coéquipiers en mars 2019, un trophée de finaliste de la Coupe de France 2015-2016 avec Monaco, un trophée de champion de Premier League 2017-2018 avec Manchester City, et un trophée du Community Shield 2018. Une véritable liquidation de musée personnel.
Le timing de cette vente ajoute une couche d'ironie tragique. Elle a eu lieu juste après le sacre de l'Espagne au Mondial 2026, rappelant à quel point le football peut être impitoyable avec ses héros d'hier. Pendant que la Roja célébrait son troisième titre mondial, Mendy soldait son passé pour une somme qui représente moins d'une semaine de son ancien salaire à City.
54 000 euros pour une réplique abîmée
Le trophée vendu n'est pas en parfait état. Les photos de la vente Goldin montrent une fissure nette à la base de la réplique, ainsi que des marques d'usure évidentes. Le certificat d'authenticité, signé par Mendy lui-même, accompagnait le lot. Mais ce qui frappe, c'est le calcul effectué par SoFoot : diviser les 54 000 euros par les 40 minutes de jeu effectif de Mendy en Russie donne un ratio de 1 350 euros par minute. Un retour sur investissement inversé, pour un joueur qui avait coûté 58 millions d'euros à Manchester City en 2017, faisant de lui le défenseur le plus cher du monde à l'époque.
L'état du trophée raconte une histoire. Les fissures, les marques, tout cela évoque une vie mouvementée, des déménagements précipités, peut-être même une certaine négligence. Ce n'est pas l'objet précieux conservé sous verre, mais un souvenir qui a voyagé, qui a souffert, comme son propriétaire.
La bague de champion du monde signée Pogba
Parmi les objets mis en vente, la bague de champion du monde 2018 occupe une place à part. Offerte par Paul Pogba à l'ensemble de ses coéquipiers en mars 2019, cette pièce de joaillerie a été conçue par Jason of Beverly Hills. Sertie de 3 carats de diamant blanc et de plus d'un demi-carat de rubis et de saphirs, elle représentait bien plus qu'un simple bijou. C'était un symbole de cohésion, un cadeau d'ami, un lien indéfectible entre les 23 hommes qui avaient écrit l'histoire en Russie.
Voir cette bague finir aux enchères, c'est comme assister à la dissolution d'une fraternité. Le geste de Pogba, pourtant sincère et généreux, se transforme aujourd'hui en monnaie d'échange. Cela interroge sur la fragilité des liens tissés dans l'euphorie de la victoire. Quand la gloire s'éloigne, que reste-t-il des promesses et des amitiés ?
Un buzz à 866 000 vues sur les réseaux sociaux
L'annonce de la vente a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux. Le tweet de Goals Side, reprenant l'information de RMC Sport, a généré plus de 866 000 vues, 17 718 likes et 573 retweets en quelques heures. Les réactions oscillent entre l'incompréhension, la colère et la tristesse. Pour de nombreux supporters, vendre son trophée de Coupe du monde est un sacrilège. C'est toucher au symbole ultime de la réussite d'un footballeur. ![]()
Ce sentiment de trahison symbolique est amplifié par le contraste entre la valeur sentimentale de l'objet et son prix de vente. Comment un champion du monde peut-il se séparer de ce qui représente le sommet de sa carrière pour seulement 54 000 euros ? La réponse, comme on va le voir, se trouve dans les comptes bancaires et les tribunaux.
De 100 000 livres par semaine au salaire polonais : la chute financière
Pour comprendre pourquoi Benjamin Mendy en est arrivé là, il faut plonger dans ses finances. La vente du trophée n'est pas un caprice ni un geste symbolique. C'est une nécessité économique. La trajectoire financière de l'ancien Citizen est un cas d'école de la précarité qui peut frapper même les stars les mieux payées.
À Manchester City, Mendy touchait environ 100 000 livres sterling par semaine. Son transfert de 58 millions d'euros depuis Monaco en 2017 faisait de lui le défenseur le plus cher de l'histoire. Aujourd'hui, au Pogoń Szczecin, il gagne environ 100 000 euros par mois, soit un douzième de son salaire hebdomadaire d'antan. La chute est vertigineuse.
Faillite évitée de justesse : la dette de 800 000 livres au fisc britannique
En avril 2024, Mendy a évité la faillite de justesse. Il devait près de 800 000 livres sterling de taxes à HMRC, le fisc britannique. Pour éponger cette dette, il a dû vendre sa maison près de Macclesfield. Son avocat a déclaré à la BBC que le joueur était « au bord de la faillite » et qu'il ne pouvait pas faire face à ses créanciers. Le salaire qu'il touchait alors à Lorient, où il tentait de relancer sa carrière après son acquittement, représentait « environ un dixième » de ce qu'il gagnait à City.
Cette situation révèle une réalité brutale : même les footballeurs les mieux payés peuvent se retrouver acculés financièrement en quelques années. Les dépenses somptuaires, les mauvais investissements, les procès, tout cela peut engloutir des fortunes en un rien de temps. Mendy n'a pas su gérer sa richesse, ou plutôt, les circonstances l'ont rattrapé.
La bataille judiciaire contre City pour 11 millions de salaires impayés
Entre septembre 2021 et juin 2023, Mendy a été suspendu par Manchester City sans salaire, alors même qu'il n'était pas en détention pour une grande partie de cette période. Le club estimait être en droit de retenir ses émoluments. Mais en novembre 2024, un tribunal du travail a donné raison au joueur. Le juge a estimé que City n'était pas légalement en droit de retenir ces salaires et a ordonné au club de verser la majeure partie des 11 millions de livres sterling réclamés.
Cette victoire judiciaire a été une bouffée d'oxygène pour Mendy, mais elle n'a pas effacé les dégâts. Les frais d'avocat, les intérêts, le temps perdu, tout cela a creusé un trou financier immense. Pendant deux ans, le joueur a vécu sans revenu stable, rongé par les procédures et l'incertitude. La vente de ses trophées est la conséquence directe de cette période noire.
Salaire actuel contre salaire passé : du sommet à la reconstruction
Le contraste est saisissant. En 2018, Mendy était au sommet du monde : champion du monde, défenseur le plus cher, salaire mirobolant. En 2026, il joue en Pologne, dans un championnat modeste, pour un salaire de 1,2 million d'euros par an. Sa valeur marchande, estimée à 58 millions d'euros à son apogée, est aujourd'hui proche de zéro.
Ce n'est pas seulement une question d'argent. C'est une question de statut, de reconnaissance, de fierté. Passer de l'Etihad Stadium, avec ses 55 000 spectateurs et ses projecteurs mondiaux, au stade du Pogoń Szczecin, qui peut accueillir 21 000 personnes, c'est une dégringolade sociale et professionnelle. Mais Mendy n'a pas eu le choix. Il devait survivre, reconstruire sa carrière, et cela passait par l'acceptation d'une réalité bien moins glorieuse.
Champion du monde en 40 minutes : le Mondial 2018 en chiffres
L'un des aspects les plus frappants de cette histoire est le paradoxe du titre mondial de Mendy. Il est champion du monde, oui, mais à quel prix ? Sa contribution sur le terrain en Russie a été infime. Cela ne remet pas en cause la légitimité de son titre, mais cela ajoute une couche d'ironie à la vente de son trophée.
Le symbole est d'autant plus fort que Mendy n'a presque pas joué. Vendre un trophée que l'on a gagné en étant un acteur majeur de la compétition serait déjà choquant. Le vendre quand on n'a joué que 40 minutes, c'est presque une forme de renoncement à un statut que l'on n'a jamais vraiment mérité sur le terrain.
40 minutes sur les pelouses russes : le seul match face au Danemark

Le 26 juin 2018, à Moscou, la France affronte le Danemark pour le dernier match de la phase de groupes. Les Bleus sont déjà qualifiés. Didier Deschamps procède à une large revue d'effectif. Benjamin Mendy entre à la 50e minute à la place de Lucas Hernandez. Il dispute les 40 dernières minutes d'un match sans enjeu, qui se termine sur un score nul et vierge (0-0).
Ce sont les seules minutes qu'il jouera de tout le tournoi. Il ne participera pas aux huitièmes de finale, aux quarts, aux demies, ni à la finale. Il regardera ses coéquipiers battre l'Argentine, l'Uruguay, la Belgique et la Croatie depuis le banc. Pourtant, il soulèvera la Coupe du monde comme les autres, il recevra la médaille, il sera célébré comme un champion. Cette anomalie statistique est aujourd'hui rappelée avec une cruauté particulière.
1 350 euros par minute de jeu : le ratio choc
Le calcul de SoFoot est implacable : 54 000 euros divisés par 40 minutes de jeu, cela donne 1 350 euros par minute passée sur les pelouses russes. C'est un ratio absurde, presque insultant pour les joueurs qui ont trimé pendant tout le tournoi. Mais c'est aussi le reflet d'une vérité plus large : dans le football moderne, la valeur d'un joueur ne se mesure pas toujours à son temps de jeu.
Mendy a été champion du monde grâce à son talent, certes, mais aussi grâce à la chance, aux choix du sélectionneur, à la dynamique de groupe. Il n'a pas été un acteur décisif, mais il a fait partie de l'aventure. Aujourd'hui, ce statut de champion du monde, acquis en 40 minutes, lui permet de vendre un trophée à 54 000 euros. C'est une rente de situation, une dernière pièce d'or à convertir en monnaie pour survivre.
Nouveau départ au Pogoń Szczecin : que devient Benjamin Mendy aujourd'hui ?
Depuis septembre 2024, Benjamin Mendy a posé ses valises en Pologne, au Pogoń Szczecin. Ce club, qui évolue en Ekstraklasa, la première division polonaise, n'a rien à voir avec les géants européens que le défenseur a fréquentés. C'est un choix de reconstruction, un exil loin des projecteurs, une tentative de retrouver une stabilité perdue.
Le Figaro souligne que la vente du trophée intervient dans une période plus stable pour Mendy. Après avoir tenté des rebonds ratés à Lorient et à Zurich, il semble avoir trouvé un équilibre en Pologne. Loin du cirque médiatique de Manchester, loin des paparazzis et des rumeurs, il peut se concentrer sur l'essentiel : rejouer au football.
Exil en Pologne : comment relancer sa carrière loin des projecteurs ?
Le choix de la Pologne peut surprendre. Pourquoi un ancien joueur de Manchester City, champion du monde, irait-il s'enterrer dans un championnat mineur ? La réponse est simple : parce que personne ne voulait de lui ailleurs. Après son acquittement en juillet 2023, Mendy a cherché un club. Lorient lui a offert une chance, mais l'expérience a été courte et décevante. Zurich, ensuite, n'a pas non plus fonctionné.
Le Pogoń Szczecin est devenu son refuge. Le club polonais lui a offert un contrat, un salaire modeste mais régulier, et surtout, une absence de pression médiatique. En Pologne, Mendy n'est pas une star. Il est un joueur comme les autres, qui doit faire ses preuves. Cette discrétion est sans doute ce dont il avait besoin pour se reconstruire, loin des regards accusateurs et des souvenirs douloureux.
Salaire, niveau de jeu et objectifs : le nouveau quotidien
Son salaire actuel, selon Sportune/20 Minutes, est d'environ 1,2 million d'euros par an, soit 100 000 euros par mois. C'est une fraction de ce qu'il touchait à City, mais c'est suffisant pour vivre décemment et rembourser ses dettes. Dans le championnat polonais, ce salaire le place parmi les mieux payés, mais sans excès.
Son niveau de jeu, lui, est en dents de scie. Mendy n'a plus l'explosivité de ses jeunes années. Les blessures, les mois sans compétition, le stress des procès, tout cela a laissé des traces. Il n'est plus le latéral offensif qui faisait des merveilles à Monaco. Il est devenu un joueur plus prudent, plus posé, qui compense par l'expérience ce qu'il a perdu en vitesse. Peut-il encore espérer un retour dans un championnat majeur ? Rien n'est moins sûr. La Pologne est peut-être son horizon définitif, sa dernière chance de finir sa carrière dignement.
Le retour sur Instagram : une présence en ligne repensée
Son compte Instagram, autrefois rempli de vidéos de fêtes, de Lamborghini et de montres de luxe, a radicalement changé. Fini les clichés tape-à-l'œil. Place à des photos plus sobres, plus posées, en phase avec sa nouvelle vie. On y voit des entraînements, des matchs, des moments en famille. La marque personnelle de Mendy s'est reconstruite sur une image de résilience et de discrétion.
Cette transformation numérique est révélatrice. Elle montre que Mendy a compris la leçon. Il ne peut plus se permettre d'afficher une opulence qui contraste avec sa situation réelle. Il doit montrer qu'il est un joueur sérieux, concentré, qui a tourné la page. Son Instagram est devenu un outil de reconstruction d'image, un moyen de contrôler le récit après des années de dérapages.
Vendre son passé pour survivre : un geste symbolique fort
Au-delà des aspects financiers, la vente du trophée de la Coupe du monde a une dimension profondément symbolique. Se séparer de l'objet le plus précieux de sa carrière, c'est un peu comme tourner une page définitive. C'est admettre que le passé est révolu, que la gloire d'antan ne nourrit plus son homme.
Pour Mendy, ce geste semble être un acte de survie, mais aussi un renoncement. En vendant ce trophée, il dit adieu à son statut de champion du monde, ou du moins, à la fierté qu'il en tirait. Il accepte que sa carrière a pris un tournant irréversible et qu'il doit désormais regarder vers l'avant.
« Un nouveau chapitre » : ce que disent les proches de l'ancien Citizen
Le Figaro, dans son analyse, évoque « un nouveau chapitre » dans le parcours de Mendy. Ses proches expliquent que la vente intervient dans une période plus stable, après avoir relancé sa carrière en Pologne. Le trophée était devenu un boulet, un rappel constant de ce qu'il avait été et de ce qu'il n'était plus. S'en séparer, c'est se libérer d'un poids.
Cette interprétation est crédible. Mendy a besoin de liquidités, certes, mais il a aussi besoin de se reconstruire psychologiquement. Garder ce trophée, c'était s'accrocher à un passé qui ne reviendra pas. Le vendre, c'est accepter la réalité et se donner les moyens d'avancer. C'est un geste pragmatique, mais aussi thérapeutique.
La malédiction des champions du monde 2018 : Pogba, Umtiti, Fekir
Mendy n'est pas un cas isolé. Bluewin.ch a publié un article sur « La malédiction des champions du monde 2018 français ». Le constat est frappant : plusieurs joueurs de cette équipe ont vu leur carrière dérailler après le sacre russe. Paul Pogba, blessé à répétition, suspendu pour dopage, a vu sa carrière s'effondrer. Samuel Umtiti, victime d'une blessure au genou mal soignée, a pris une retraite précoce à 31 ans. Nabil Fekir, dont le transfert avorté à Liverpool a brisé l'élan, a connu une carrière en demi-teinte. Adil Rami s'est perdu dans la téléréalité. Presnel Kimpembe, blessé, a été exilé au Qatar. Thomas Lemar a connu la relégation en D2 espagnole.
Seuls Ousmane Dembélé, Ballon d'Or 2025 et vainqueur de la Ligue des champions 2025-2026 avec le PSG, et Kylian Mbappé, malgré des difficultés récentes, ont échappé à cette malédiction. Ce schéma interroge. Y a-t-il une explication ? La fatigue mentale après un tel sommet ? La pression supplémentaire ? Les mauvais choix ? Ou simplement la malchance ? Le cas de Mendy s'inscrit dans cette tragédie collective, où la gloire suprême a paradoxalement précipité la chute.
De 58 millions d'euros à 54 000 dollars : un cas d'école
La trajectoire de Benjamin Mendy est vertigineuse. En 2017, il était le défenseur le plus cher du monde, acheté 58 millions d'euros par Manchester City. En 2018, il était champion du monde. En 2026, il vend son trophée pour 54 000 dollars. Ce n'est pas seulement une chute financière, c'est une leçon sur la précarité des carrières de footballeurs stars.
Mendy est un cas d'école. Il a connu la gloire, l'argent, la célébrité. Il a aussi connu la prison, les procès, la faillite, l'exil. Son histoire rappelle que le football ne protège pas de la vie. Les jeunes joueurs, qui signent des contrats mirobolants à 20 ans, devraient méditer cet exemple. L'argent part vite, la gloire s'évanouit, et il ne reste souvent que les dettes et les regrets.
Mais il y a une lueur d'espoir dans cette histoire. Mendy a survécu. Il a été acquitté, il a trouvé un club, il rembourse ses dettes, il reconstruit sa vie. Le trophée est parti, mais sa liberté et sa carrière sont préservées. C'est peut-être la plus belle victoire de toutes.
Conclusion : le prix d'un nouveau départ
Vendre son trophée de Coupe du monde pour 54 000 euros, ce n'est pas une défaite. C'est le prix à payer pour un nouveau départ. Benjamin Mendy a traversé l'enfer : accusations, prison, faillite, exil. Il en est sorti vivant, libre, et toujours footballeur. La vente de ses souvenirs les plus précieux est le signe d'un homme qui regarde désormais vers l'avant, non plus vers le passé.
Son histoire est un avertissement pour toute une génération. La gloire et l'argent ne durent pas éternellement. Les trophées, les bagues, les médailles ne sont que des objets. Ce qui compte vraiment, c'est ce que l'on construit après. Mendy construit aujourd'hui une nouvelle vie en Pologne, loin des projecteurs, mais debout. Et cela vaut bien plus que tous les trophées du monde.