
Imaginez Ben Laden à la tête d'un des plus grands clubs de football anglais. L'intitulé intrigue, mais la rumeur qui a secoué Newcastle le mois dernier est bel et bien réelle. Les médias britanniques ont largement relayé le supposé intérêt, non pas d'Oussama, mais de Bakr Ben Laden, big boss d'une multinationale du BTP basée en Arabie Saoudite, pour le rachat des Magpies. Le demi-frère du célèbre terroriste pourrait offrir 380 millions d'euros aux pensionnaires de St James' Park. Stupeur et tremblements au bout de l'Eurostar...
Newcastle : une rumeur de rachat explosive
Lundi 7 juillet, les médias britanniques se sont faits l'écho d'une bien étrange information. Les journalistes de la Reine ont en effet annoncé aux amateurs du Newcastle United Football Club que Bakr Ben Laden, demi-frère du célèbre Oussama, songerait à racheter la formation de Premier League pour la coquette somme de 380 millions d'euros.
Le demi-frère du chef d'Al-Qaida jouit d'une immense fortune en tant que président du Saudi Ben Laden Group (SBG), multinationale du bâtiment aux fonds incommensurables. La direction des Magpies a aussitôt démenti la rumeur, alors que cette dernière a connu une diffusion exponentielle sur la toile, les nombreux forums dédiés au club anglais reprenant largement l'info.
Les fans de Newcastle ont bien sûr pris la nouvelle comme une mauvaise blague, ne donnant que peu de crédit à la rumeur ou préférant s'indigner. Pourtant, si une offre venait à être formulée, la Premier League ne pourrait s'opposer à ce que la SBG négocie le rachat du club, la société n'ayant aucun lien avéré avec le terrorisme mondial. Il est de notoriété publique que Bakr et Oussama ne se parlent plus depuis 1994, année de la destitution de la nationalité saoudienne pour l'argentier du terrorisme international.
L'exemple de Manchester City et Thaksin Shinawatra
Si toute cette histoire semble totalement improbable, il faut tout de même rappeler que Manchester City n'a pas toujours appartenu à ses propriétaires actuels. Le club fut un temps entre les mains de Thaksin Shinawatra, un ex-Premier ministre thaïlandais. Ce dernier était en plein procès pour une affaire de corruption et traînait une réputation de dirigeant liberticide lors des négociations pour le rachat des Citizens. À l'époque des faits, la Premier League ne s'était émue à aucun moment de la personnalité controversée du puissant homme d'affaires asiatique.
Aujourd'hui, la Premier League compte onze pensionnaires détenus par des capitaux étrangers. Les investisseurs moyen-orientaux viendraient s'ajouter à la longue liste d'étrangers détenteurs de clubs. Fulham est égyptien avec le célèbre milliardaire Mohamed Al-Fayed à sa tête. Manchester United, Aston Villa, Newcastle, Everton et Liverpool sont américains, Chelsea et Portsmouth russes, et l'exotisme ne s'arrête pas là puisque West Ham se paie le luxe d'avoir un propriétaire islandais et Sunderland un voisin irlandais !