
Car si dans ce match, le visage de Beckham eut une telle importance, c'est parce que la prestation offerte par les vingt-deux acteurs ne fut guère à la hauteur des attentes des spectateurs qui pensaient encore que le Classique français était considéré comme un match de haut niveau. Il n'est pas étonnant, alors, que la chaîne ESPN en Angleterre ait décidé de diffuser le derby milanais plutôt que ce PSG-OM. On nous fait croire qu'il reste un match au sommet, mais il semble que ce ne soit plus la même chose que dans les années 1990. Pourtant, le match aller n'avait pas été si mauvais que ça, même très intéressant pendant la première demi-heure. Il faut bien avouer qu'hier, les circonstances n'ont pas beaucoup aidé. Déjà, un Clasico avec une équipe largement supérieure à l'autre perd de son intérêt. Le seul moyen de rendre ce match excitant aurait été que les Marseillais ouvrent le score, et le plus tôt aurait été le mieux. Seulement, il se passa tout le contraire. Dès le coup d'envoi, le PSG prenait le contrôle du cuir et Ezequiel Lavezzi, parfaitement lancé par Javier Pastore, n'attendait que deux minutes pour heurter le poteau droit de Mandanda. Bien que dominateurs, on voyait tout de même que les Parisiens y arriveraient en contre, mais c'est sur une frappe plutôt anodine de Lucas Moura, détournée par Nicolas N'Koulou, qu'ils prenaient l'avantage.

Sirigu en excellente forme
Le scénario semblait déjà connu. Quand la meilleure équipe mène rapidement au score, le match qui s'ensuivit est rarement de haute volée, d'autant plus que Paris gagne tout le temps à domicile quand il mène et que Marseille ne revient que rarement quand il est mené. Comme le disait Leonardo : « un match contre Marseille est un match comme un autre. Trois points sont en jeu comme dans n'importe quel match ». Donc, après le but, Paris n'essayait pas forcément d'en mettre un deuxième. Mais Paris est une équipe rapide qui se projette rapidement vers l'avant et, grâce à Ezequiel Lavezzi, il y avait des opportunités de contre. Mais par un mauvais placement d'Ibrahimovic et des choix moyennement lucides de l'Argentin, le danger était assez faible pour les Marseillais. Des Marseillais qui gardaient le ballon et qui, grâce à un Mathieu Valbuena des grands soirs, faisaient planer le doute sur le but de Salvatore Sirigu. C'est en deuxième mi-temps que l'on s'aperçut, ou plutôt qu'on se rappela, que le gardien italien est l'un des meilleurs du monde, car sans lui, Paris aurait vu revenir les Phocéens dans son sillage.
Il est important de noter l'excellente performance de Sylvain Armand, associé à Alex en l'absence de Mamadou Sakho, qui gérait parfaitement les intrusions de Foued Kadir. « J'ai l'impression d'avoir plutôt réussi mes interventions mais le plus important est que nous ne nous sommes pas pris de buts et que l'on a gagné. Ça fait du bien de gagner après la défaite de Sochaux », indiquait le plus ancien défenseur parisien. Cette bonne défense faisait que Marseille tenait durablement le ballon sans avoir beaucoup d'occasions. Ce sont d'ailleurs les Parisiens qui paraissaient les plus dangereux sur le peu de contres qu'ils avaient à jouer. David Beckham et Ménez sont entrés, et on connaît la suite.
Cette victoire 2-0 a des airs d'hold-up, tant le Paris Saint-Germain eut toutes les difficultés à maîtriser le ballon, surtout en seconde mi-temps. L'objectif parisien était de reprendre de l'avance sur Lyon, et c'est pourquoi Leonardo avait le sourire quand il descendit de la tribune présidentielle : « Toutes les équipes ne jouent pas bien tout le temps. Le plus important est d'être efficace et on l'a été. Je suis satisfait car on prend trois points d'avance sur Lyon et huit sur Marseille », avouait le Brésilien. Paris ne tient pas le ballon et s'en accommode. Ezequiel Lavezzi et Lucas Moura ont montré que les contres pouvaient être de vraies armes, même si le Brésilien perdit le fil du match en seconde mi-temps. Il n'a pas encore la condition physique pour tenir un match entier à son meilleur niveau, mais rien que pour son apport de la première mi-temps, on ne peut être que ravi de sa prestation. Celui qui a déçu, c'est encore Zlatan Ibrahimovic. Des appels pas dans le tempo et des tirs que très peu cadrés. Alors il a marqué un but dans les ultimes minutes, mais il ne pourra faire croire à personne que ce tir du genou était voulu.
Marseille, au contraire, repart du Parc des Princes sans point mais avec un peu plus d'assurance sur son jeu. Mathieu Valbuena s'est affirmé comme le vrai leader des Olympiens. Il a tenté et beaucoup couru, mais a manqué de précision dans le dernier geste. Il a été signalé hors-jeu alors qu'il ne l'était pas et qu'il allait créer une occasion. André-Pierre Gignac, longtemps incertain, n'a pas touché beaucoup de ballons, mais il a réussi à mettre Sirigu en danger comme sur ce retourné un peu loupé, mais qui n'était pas loin de tromper le portier parisien. La paire Barton-Romao a largement fait le poids face à Marco Verratti et Blaise Matuidi, et ce, surtout après la pause. La meute, composée par Saint-Étienne, Nice, Lille et Montpellier, revient, mais l'Olympique de Marseille a vu qu'il pouvait faire mieux que jeu égal contre une équipe qu'on lui disait supérieure. C'est ce qu'a retenu Elie Baup : « Je suis content du match de mes joueurs. On se prend un premier but casquette largement évitable et on réagit bien. Sans Sirigu, on aurait pu revenir. Perdre contre Paris, c'est dur, mais on a gagné en confiance ». Dans trois jours, il pourra prendre sa revanche dans cette enceinte du Parc des Princes où il essaiera de se qualifier pour les quarts de finale de la Coupe de France. Beckham devrait commencer le match...