
En parlant de son maillot, il n'est pas sûr qu'il le porte souvent. Car avant d'être un atout sportif, le renfort de l'Anglais de trente-sept ans est surtout un atout économique et pour la communication du Paris-Saint-Germain. Le but du Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, prince héritier du Qatar, est de faire connaître au maximum son club. C'est pourquoi il a mis vingt millions d'euros pour Zlatan Ibrahimovic sachant qu'il ne reverra jamais cet argent, et c'est pour cette même raison que le nom de Beckham figure dorénavant dans les vestiaires parisiens. Bien que peu visible sur les terrains, David Beckham est une divinité en Asie et une icône partout dans le monde. Le club sait qu'en enrôlant un joueur avec la popularité de Beckham, on parlera du Paris-Saint-Germain dans n'importe quel pays. Au Real Madrid, David Beckham aurait rapporté plus de cent millions d'euros au club espagnol.
Dans la boutique officielle du club de la capitale, les maillots floqués du numéro 32 de David Beckham se vendent déjà comme des petits pains. Avec un maillot vendu à 110 €, le club parisien va sûrement arrondir ses recettes marketing. Mais encore plus que l'aspect purement économique, c'est d'un point de vue communication que l'international anglais va beaucoup servir. L'affaire du Qatargate soulevée par le journal France Football dans son édition du mardi fait pas mal de bruit du côté de Doha. Il ne serait pas étonnant que les négociations entre l'homme aux cent-quinze sélections avec l'équipe d'Angleterre et les dirigeants se soient intensifiées depuis la sortie de cette affaire, comme si l'arrivée d'une superstar pouvait masquer les soupçons de corruption pesant sur l'Organisation suprême. Doha s'agace et le représentant du président Nasser Al-Khelaifi le faisait clairement savoir lorsqu'un confrère tenta de poser une question sur le sujet : "Aujourd'hui, nous sommes là pour accueillir David Beckham et rien d'autre, donc si vous voulez bien, on en parlera un peu plus tard".

Quel salaire pour David Beckham ?
Le salaire de l'Anglais devait tourner autour de 800 000 euros par mois lors des précédentes offres du PSG lors du dernier mercato hivernal. Il devrait s'élever à la même somme, et c'est là qu'intervient la seconde nouvelle retentissante de la journée. À la question sur l'argent qu'il devrait percevoir, David Beckham répondait : "L'intégralité de mon salaire sera reversée à des associations pour aider les enfants parisiens défavorisés. Je suis en train de chercher ces associations et quand je les aurai trouvées, je vous ferai signe". Ce qui revient à dire que l'argent des Qataris va être réinjecté dans des œuvres de charité, encore un bon point pour Paris.
Seulement, David Beckham n'est pas juste un bon coup pour son acquéreur parisien, mais pour le championnat français également : "Je viens à Paris car le projet est intéressant. Une grande équipe est sur le point de naître et je souhaitais en faire partie. Je peux aider Paris à grandir et je peux avoir une bonne influence sur ce championnat", expliquait l'ancien galactique. Quand il parle d'influence, ce n'est toujours pas du plan sportif qu'il s'agit, mais bien d'une histoire d'argent. Jean-Michel Aulas le voyait également de cette façon : "Les droits TV pour l'international vont être renégociés très prochainement. Avec la montée du Paris-Saint-Germain, l'arrivée de Zlatan Ibrahimovic et de Lucas Moura, la valeur du championnat français a déjà augmenté, mais sûrement bien encore plus avec la présence d'un joueur comme David Beckham. Si les droits TV sont plus élevés, cela va bénéficier à tous les clubs de l'Hexagone".
Quel sera son niveau sportif ?
L'économie, c'est bien, mais le sportif nous intéresse tout de même bien plus et pose le plus de questions. David Beckham a eu l'intelligence et le professionnalisme de s'entraîner avec Arsenal ces dernières semaines, mais son dernier match officiel date du début du mois de décembre dernier avec les Los Angeles Galaxy. Il serait donc bien de savoir à partir de quelle date il pourra être utilisé par Carlo Ancelotti. Il ne sera pas du match contre Bastia de la prochaine journée, ni du déplacement à Sochaux de la semaine suivante. Il pourrait donc faire ses premiers pas en Ligue 1 à l'occasion du Classico entre le Paris-Saint-Germain et l'Olympique de Marseille vers la fin du mois de février, un match qu'il se voit bien disputer : "Je sais que Marseille est l'ennemi juré de Paris, donc que ça va être un match important, comme je les aime. J'ai déjà marqué contre Marseille, c'était en Ligue des Champions et j'en garde un excellent souvenir. Si je pouvais refaire la même chose, ce serait pas mal".
Reste à savoir si l'Anglais pourra retrouver, à bientôt trente-huit ans, un niveau compatible avec un championnat européen. Car, malgré un passage de six mois du côté du Milan AC, cela fait cinq ans qu'il est habitué au terrain de la MLS. Thierry Henry, qui fait les beaux jours des New York Red Bulls, ne se fait pas de souci : "Techniquement, le championnat américain n'est pas le meilleur, au niveau vitesse de jeu non plus, mais physiquement, David ne sera pas dépaysé. Il a les qualités naturelles pour jouer en France. Il va s'adapter rapidement".
Reste alors à savoir si le technicien italien compte utiliser son renfort. D'après ce qu'il a pu dire hier, on serait tenté de répondre positivement : "C'est un grand joueur et bien qu'il n'ait pas vingt ans, il a encore de très bonnes qualités et pourra servir à l'équipe". N'oublions pas que lors du dernier mercato d'hiver, il avait refusé de rejoindre la capitale française car son temps de jeu ne lui était pas garanti, alors qu'il en recherchait activement un pour avoir une chance de disputer le tournoi olympique avec sa sélection anglaise. Donc, a-t-il accepté car on lui promettait de jouer ? Possible, mais le technicien italien préférait vanter les mérites hors du terrain de l'ex-Manchunien : "Il a de l'expérience. Il peut te servir en cas difficile dans un match. Il peut conseiller les jeunes et tirer l'ensemble de l'équipe vers le haut. C'est très bien de le voir avec nous".
Ses nouveaux coéquipiers sont déjà sous le charme, comme l'avouait sans détour Blaise Matuidi : "C'est un joueur exceptionnel que j'admirais quand j'étais adolescent et que je regardais les matchs à la télévision. Je vais l'avoir devant moi et il va pouvoir m'apporter d'excellentes choses". Il pourrait évoluer à côté de l'international français dans le cœur du jeu parisien et pourra aider par ses analyses parfaites et ses passes millimétrées. Et surtout, plus question de savoir qui tire les coups de pied arrêtés. Quoiqu'avec Zlatan, on attend de voir...