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Sports

Arsenal sort la tête haute

Arsenal bat le Bayern (2-0) mais est éliminé. Fin de règne pour les clubs anglais.

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N'est-ce pas dans la mentalité française de faire le boulot et de se lâcher une fois que l'on se retrouve dos au mur ? Vous savez, cette force qui nous anime quand on nous dit que nous n'avons aucune chance. Il n'était alors pas étonnant de voir Olivier Giroud et Laurent Koscielny, les deux anciens pensionnaires du FC Tours, inscrire les deux seuls buts de la rencontre. Ces réalisations auraient pu donner la qualification aux Gunners si ces derniers avaient réussi à inscrire un troisième but. L'histoire aurait été si belle : qu'un club comme Arsenal — devenu, depuis l'intronisation d'Arsène Wenger à sa tête, le sanctuaire de joueurs français tels que Thierry Henry, Patrick Vieira ou Robert Pires — se sauve d'une situation si défavorable grâce à ses deux Frenchies.

Mais la cause était sans doute trop perdue pour être rattrapée. C'est d'ailleurs sans trop de surprise qu'Arsène Wenger, durant sa conférence de presse d'après-match, a occulté le résultat positif de la soirée : "On aurait pu avoir une chance de se qualifier en quart de finale si on n'avait pas tout gâché lors du match aller. Vu ce que nous avons su faire ce soir, c'est normal que ce soit la sensation de déception qui domine". Une déception, celle d'une défaite trop importante (1-3) à l'Emirates Stadium, où les Londoniens n'avaient pas pu contester l'ultra-domination des Bavarois. Ces derniers étaient parvenus à mener deux à zéro après seulement vingt minutes de jeu. Avant le match d'hier soir, les bookmakers anglais donnaient deux chances sur cent pour qu'Arsenal passe au tour suivant. Mais ayant regardé les qualifications de la veille de Barcelone et de Galatasaray, qui avaient également de très fines chances de l'emporter, Arsène Wenger tenait à motiver ses joueurs : "Ce n'est pas gagné mais ce n'est pas perdu, ce sera difficile mais on peut le faire et on doit au moins se réveiller pour ne rien regretter", disait le technicien alsacien.

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Bayern Munich moins convaincant à l'Allianz Arena

Et son discours a été entendu par ses hommes qui n'ont attendu que trois minutes pour filer les premiers frissons au public munichois. Celui-ci voyait Olivier Giroud surgir au second poteau à la réception d'un centre ras de terre de Théo Walcott. Il restait alors aux Gunners un match entier pour marquer deux fois sans en encaisser. Un second but qui mettra trop de temps à venir : "Quand on marque le premier but, on s'est dit que l'on avait une chance et qu'il fallait marquer le deuxième but assez rapidement pour profiter de leur début de match hésitant. Le coach nous a demandé de monter, de presser haut mais leur défense était en place et compensait leur incapacité à égaliser. On aurait peut-être dû essayer de se procurer plus de coups de pied arrêtés car c'est sur ce genre d'action que l'on pouvait créer le danger", jugeait le premier buteur de la rencontre.

Le deuxième but viendra d'ailleurs d'un coup de pied de coin frappé par Santi Cazorla, directement sur la tête de Laurent Koscielny. Ce dernier sautait plus haut que Javi Martinez et trompait Manuel Neuer. Il ne restait malheureusement que cinq minutes dans le temps réglementaire et chacun sait que les Allemands savent garder un score et gérer les derniers instants d'un match, ce que les hommes de Jupp Heynckes faisaient parfaitement.

Si Arsenal s'est imposé, c'est parce qu'il a fait un bon match, mais force est de constater que c'est surtout le Bayern Munich qui a déjoué. Après le match aller où ils étaient apparus si dominateurs et maîtres du jeu, et avec la contre-performance du FC Barcelone contre le Milan AC à San Siro, les Bavarois faisaient figure de grands favoris de cette Ligue des Champions. Eux qui avaient été finalistes en 2010 et la saison dernière. Seulement, trois semaines après, les Catalans sont revenus dans la course en s'imposant largement au Camp Nou mardi soir, et le Bayern est légèrement tombé de son piédestal. En quatre-vingt-dix minutes, ils ont montré qu'ils pouvaient être ébranlés par une équipe moyenne sur le plan européen.

Offensivement, le Bayern Munich n'a jamais vraiment pesé sur la défense londonienne où Laurent Koscielny et Per Mertesacker — ce dernier avait été mauvais au match aller — excellaient dans chaque intervention. En l'absence de Franck Ribéry, blessé à la cheville le week-end dernier, c'est Arjen Robben qui devait s'occuper du couloir droit. Autant dire que vu sa prestation, où il a oublié que le football était un sport collectif, Franck Ribéry retrouvera assez rapidement sa place dès qu'il sera sur pied. Quant à Toni Kroos, il devait prendre le jeu à son compte, ce qu'il n'a pas su faire : "Je n'ai pas bien fait mon boulot. Je n'ai donné aucun bon ballon à Mandzukic et à Gomez. Je n'ai pas encore la maturité pour assumer d'organiser le jeu", admettait l'international allemand.

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Élimination des clubs anglais de Ligue des Champions

Et comme si l'absence du Nordiste ne suffisait pas, celle de Bastian Schweinsteiger a mis de l'huile sur le feu. Le milieu composé par Luiz Gustavo et Javi Martinez ne faisait pas le poids face à l'envie de Mikel Arteta et d'Aaron Ramsey. "Bastian est un joueur majeur de notre équipe. Quand il n'est pas là, on ne joue pas pareil, on est moins bien organisés et notre jeu s'en ressent", estimait Thomas Müller pendant que son coach regrettait : "Ce n'est pas normal de jouer moins bien juste parce qu'il nous manque deux titulaires. Franck et Bastian sont importants mais on a besoin d'apprendre à se débrouiller quand ils ne sont pas là".

S'il y avait un point positif à garder pour les Bavarois, c'est leur défense. Mis à part les deux buts — le premier dû à une erreur d'Alaba qui laissait un boulevard à son vis-à-vis, et le deuxième sur corner où Javi Martinez fut largement dominé dans les airs — les Londoniens ne se sont pas procurés une avalanche d'occasions et les buts de Manuel Neuer sont restés assez sécurisés. Le duo Philipp Lahm-Thomas Müller semblait bien coordonné et il aurait pu être dangereux si le latéral droit avait été un peu plus juste dans le dernier geste.

Arsenal ne s'est pas qualifié mais s'est imposé sans encaisser de buts chez le leader de la Bundesliga, qui domine largement son championnat avec vingt points d'avance sur son dauphin, le Borussia Dortmund. Ce dernier est encore en lice en Coupe d'Europe, ce qui ne risque pas d'arriver si souvent en Bavière ces prochaines semaines. Cette élimination s'ajoute à celles de Chelsea et de Manchester City en phase de poules, et de Manchester United mardi dernier contre le Real Madrid. Ce qui fait qu'il n'y aura pas de club anglais en quart de finale, un fait qui n'était pas arrivé depuis 1996, c'est-à-dire il y a dix-sept ans.

Mais Arsenal a montré que le football anglais était vraiment le meilleur. Même avec cette élimination en huitième de finale de la Ligue des Champions, qui était la seule compétition où Arsenal pouvait gagner et stopper cette série d'une huitième saison sans aucun titre, l'Alsacien n'est pas menacé. Son patron est content de son boulot et de sa gestion budgétaire, donc il devrait rester du côté du nord de Londres. Il ne faut pas s'y méprendre, le match le plus important de la semaine pour Arsène Wenger et ses joueurs n'était pas le match d'hier soir contre le Bayern Munich. Mais cette victoire pourrait servir à l'orée d'un déplacement crucial samedi à Swansea. Arsenal n'est pas très bien en championnat mais a retrouvé de la confiance dans l'enceinte de l'Allianz Arena. Pour l'instant, Arsenal est cinquième de Premier League à cinq points de Chelsea et à sept points de Tottenham, qui compte un match de plus que les Gunners. En cas de défaite à Swansea, sa qualification en Ligue des Champions la saison prochaine serait fortement compromise, tout comme la présence d'Arsène Wenger sur le banc...

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Fruitier Manu @rmcriolo
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