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Anderson Silva : le plus grand champion de l'histoire de l'UFC ?

Découvrez le parcours d'Anderson "The Spider" Silva, de ses débuts difficiles à son règne historique à l'UFC.

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Il y a quelques années encore, quand on parlait de MMA et que le nom de Silva arrivait au centre des débats, c'est à Wanderlei que l'on faisait référence. Mais la légende du destructeur quasi invincible du temps du Pride a pris du plomb dans l'aile ; c'est aujourd'hui Anderson "The Spider" qui porte haut le nom de Silva. Ce dernier fait tomber les records les uns après les autres : plus long règne de champion de l'UFC toutes catégories confondues, plus grand nombre de défenses de titre, plus longue série de victoires...

Des débuts difficiles dans le MMA

Un parcours exceptionnel qui était loin d'être tout tracé. En effet, si l'apprentissage de divers arts martiaux (Tae Kwon Do, Muay Thaï, Judo, Capoeira) dès son plus jeune âge plaidait pour une carrière en MMA, l'actuel champion des poids moyens de l'UFC s'est retrouvé étrangement sur un ring de boxe pour son premier combat professionnel le 22 mai 1998. Il a subi les foudres d'un autre Brésilien répondant au nom de Luiz Osmar Teixeira qui l'a mis K.O. dès la deuxième reprise.

Il demeura ensuite au pays, s'engageant avec le Vale Tudo World. Son physique est alors bien moins impressionnant que celui du Silva que l'on connaît aujourd'hui puisqu'il concourt parmi les poids welters. Il va s'incliner lors de son premier combat pour cette organisation, bien plus dignement ici puisque Luiz Azeredo ne s'impose que de justesse à la décision. Il va rapidement rebondir suite à cet échec, remportant quatre succès consécutifs face à des adversaires sans grande envergure. Cependant, sa participation à un événement du Shooto le fait remarquer au Japon et on le juge apte à challenger le champion de l'organisation, nul autre que le légendaire Hayato Sakuraï.

Cage Rage, Pride et voyages internationaux

Le combat contre Sakuraï constitue le début de l'ascension. Ce soir-là, il ne remporte pas seulement le titre Super Welters de la compagnie, il met fin (par décision unanime) à la série d'invincibilité du héros local qui comptait vingt victoires de rang. Paradoxalement, il n'aura guère l'occasion de défendre ce titre puisqu'il bifurque rapidement vers le Pride, l'endroit où il faut être en ce début des années 2000.

Il y poursuit sa progression, mettant K.O. un ancien champion Welter de l'UFC, Carlos Newton, avec un coup de genou sauté qui est passé à la postérité. Silva va ensuite avoir du mal à assumer son statut naissant de favori, éprouvant notamment des difficultés face à des combattants japonais, ceux-ci responsables de ses trois seules défaites (si on excepte son premier combat). À chaque fois, un scénario similaire ou presque : un affrontement que Silva semble mener à sa convenance, dominant en étant le plus souvent en position haute et offensive face à un adversaire au sol, puis un retournement de situation soudain. Une soumission par triangle face à Daiju Takase, un enchaînement spectaculaire de Ryo Chonan qui le pousse aussi à l'abandon, et une disqualification risible au Rumble On The Rock où Silva méconnaît les règles sur les coups portés à un adversaire au sol, face à un Yushin Okami trop ravi de s'en sortir de la sorte.

Loin de se satisfaire d'un éventuel contrat d'exclusivité avec le Pride, Silva a aussi acquis le respect de nombreux fans par sa propension à relever des défis venant de tous horizons. Entre l'été 2003 et une participation à la grande messe du MMA japonais le soir du 31 décembre 2004, il a trouvé le moyen de réaliser un retour aux sources victorieux au Brésil avec la Conquista Fight, de se rendre en Corée du Sud pour défaire Jeremy Horn sous l'égide du Gladiator FC, puis de voguer en Angleterre pour devenir le champion Middleweight du Cage Rage en venant à bout de Lee Murray par décision unanime. Il défendra trois fois cette ceinture avant de signer à l'UFC au printemps 2006. Sa marque au Cage Rage sera si grande qu'aucun champion ne lui succédera dans cette catégorie jusqu'à la faillite de cette compagnie fin 2008.

Roi incontesté de l'Octogone UFC

Bien que sa réputation ne fût déjà plus à faire, Silva a pris un gros risque en signant avec le géant mondial du MMA. Il se jetait en quelque sorte dans la cour des grands, allait avoir de nouveaux concurrents dans cette catégorie de poids en plein essor. Pour ses débuts, il rencontra le vainqueur de la première édition de The Ultimate Fighter, c'est-à-dire Chris Leben. Ce dernier était sur une série de 5 victoires et vu comme un concurrent sérieux. Pourtant, il va être "atomisé" en moins de cinquante secondes avec une rafale de coups d'une précision incroyable.

Sur la seule foi de ce résultat, Silva est désigné comme le challenger du champion des poids moyens Rich Franklin. Leur combat a lieu à l'UFC 64 et voit la consécration du Brésilien avec à nouveau un enchaînement de coups de genou. L'image choc de Franklin avec le nez cassé contribuera grandement à créer la légende d'Anderson "The Spider". Après une défense facile face à Nate Marquardt à l'édition 73, il accorde un rematch à Franklin (UFC 77) et s'impose quasiment dans les mêmes conditions que la première fois, si ce n'est qu'il aura dû attendre le milieu du deuxième round cette fois-ci.

La donne change quelque peu au cours de l'année 2007 puisque la compagnie de Dana White perd, avec la disparition du Pride, son concurrent numéro 1 (voire le seul) et gagne un afflux de lutteurs importants. Pour crédibiliser encore plus son champion, l'UFC lui oppose le dernier détenteur du titre des poids moyens du Pride, Dan Henderson. Celui-là même qui a fait tomber de son piédestal l'autre Silva, Wanderlei. L'expérience et la technique semblaient du côté de l'Américain au moment du match d'unification en mars 2008, mais le Brésilien saura déjouer les pronostics et montrer qu'il n'est pas qu'un démolisseur en s'imposant par un étranglement arrière.

Quel avenir pour Anderson Silva ?

Depuis, Silva a écarté de sa route tous ceux que les organisateurs ont bien voulu mettre sur son chemin, de James Irvin à Demian Maia en passant par Forrest Griffin, sans donner l'impression d'avoir vraiment été mis en danger. À moins d'une improbable surprise lors de l'affrontement prévu face à Chael Sonnen l'été prochain, Silva n'aura plus guère d'intérêt à demeurer dans cette division. Il est l'antithèse d'un champion comme Brock Lesnar (Heavyweight) dont beaucoup contestent la légitimité et n'a guère d'équivalent dans sa catégorie de poids.

À vrai dire, seul un homme est vu comme l'autre grande figure actuelle de l'UFC : il s'agit de Georges Saint-Pierre, aussi dominant chez les Welters que Silva l'est chez les Middleweights. On se prend logiquement à penser à un "dream match" entre les deux, mais l'UFC en 2010 est bien loin de ce qu'il était dans les années 90. Une rencontre entre deux combattants aussi éloignés morphologiquement ne peut se décréter du jour au lendemain. Or, GSP n'a émis aucun souhait de gravir un échelon supplémentaire et il est aussi peu probable qu'à l'âge de 35 ans Silva puisse suivre des contraintes draconiennes pour faire le poids. Peut-être ira-t-il plutôt regarder du côté des Light Heavyweights ou envisagera-t-il une retraite bien méritée à l'issue de son contrat qui prévoit encore deux combats.

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