Alex Baudin, cycliste professionnel, en portrait rapproché.
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Cyclisme Alexis Renard : Alex Baudin surprend Paul Seixas sur le Tour AURA

Alex Baudin surprend Paul Seixas en solitaire sur la 1ʳᵉ étape du Tour AURA, malgré une intoxication alimentaire. Une victoire qui redistribue les cartes et confirme la renaissance du cyclisme français, entre prodiges et travailleurs de l'ombre.

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Alex Baudin surprend Paul Seixas en solitaire sur la 1ʳᵉ étape du Tour AURA

Le Savoyard Alex Baudin (EF Education-EasyPost) a réalisé un numéro en solitaire pour s'imposer à Saint-Ismier, reléguant le prodige lyonnais Paul Seixas à 44 secondes. Membre de l'échappée matinale, le coureur de 25 ans a attaqué dans la côte de Rousset pour décrocher son premier succès World Tour. Une victoire qui porte la marque d'un cyclisme français en pleine renaissance, où les seconds couteaux bousculent les hiérarchies établies.

Alex Baudin, cycliste professionnel, en portrait rapproché.
Alex Baudin, cycliste professionnel, en portrait rapproché. — (source)

Comment Alex Baudin a-t-il créé la surprise sur le Tour AURA ?

Le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, nouveau nom du Critérium du Dauphiné depuis cette année, a vécu une première journée historique. Le peloton s'est élancé de Vizille sous un soleil radieux, avec une affiche qui promettait des étincelles. Paul Seixas, le prodige lyonnais de 19 ans, arrivait auréolé de sept victoires cette saison, dont la Flèche Wallonne et le Tour du Pays Basque. Les médias locaux avaient même inventé un terme pour décrire l'engouement autour de lui : la « Seixasmania ».

Les supporters s'étaient massés au départ, certains arborant des t-shirts floqués du visage du jeune champion. « Il a signé nos t-shirts, on peut mourir tranquille ! », s'exclamaient des fans lyonnais interviewés par Le Dauphiné Libéré. L'absence des stars Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, respectivement en préparation discrète et en récupération après le Giro, laissait le champ libre à une génération française montante.

Le peloton alignait une brochette impressionnante de coureurs tricolores : Kévin Vauquelin, Rudy Molard, Bruno Armirail, et bien sûr Paul Seixas. Mais aussi des talents moins médiatisés comme Alex Baudin, le Savoyard d'EF Education-EasyPost. Personne ne donnait cher de sa peau face au rouleau compresseur Decathlon CMA CGM et à ses équipiers dévoués.

Pourtant, le cyclisme nous rappelle souvent que les courses ne se gagnent pas sur le papier. L'étape Vizille-Saint-Ismier (146,2 km) offrait un profil escarpé et piégeux, avec la côte de Rousset comme juge de paix annoncé. Les 8,2 km d'ascension à 7,6 % de pente moyenne allaient rapidement séparer le bon grain de l'ivraie.

Alex Baudin victorieux à l'arrivée de la 1re étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes.
Alex Baudin victorieux à l'arrivée de la 1re étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. — (source)

Pourquoi les favoris sont-ils tombés dans le piège de Vizille ?

L'étape a débuté sur un rythme d'enfer. Une échappée matinale de neuf coureurs s'est formée dans les premiers kilomètres, avec Alex Baudin en bonne place. L'équipe Decathlon CMA CGM de Paul Seixas a immédiatement pris les commandes du peloton pour contrôler l'écart, qui oscillait autour de 3 minutes.

Les autres favoris — Juan Ayuso, Isaac Del Toro, Joao Almeida — observaient une prudente neutralité. Personne ne voulait se découvrir trop tôt. La côte de Rousset, classée en première catégorie, se profilait comme l'endroit idéal pour faire la différence. Avec ses 8,2 km à 7,6%, elle promettait de faire mal aux jambes.

Mais le piège s'est refermé sur les favoris. En contrôlant sereinement l'échappée, le peloton a laissé Baudin prendre une option décisive. Le grimpeur savoyard a placé son accélération à 28 km de l'arrivée, dans les pentes les plus raides de la côte de Rousset. Ses deux derniers compagnons d'échappée, Ramses Debruyne et Léo Bisiaux, n'ont pas pu suivre le rythme.

Au sommet, Baudin comptait déjà 1 minute 20 d'avance sur un peloton qui semblait paralysé par l'attentisme. « Je n'y ai cru qu'à 500 mètres de l'arrivée, j'ai senti les larmes monter », confiera-t-il plus tard au micro de L'Équipe. La descente vertigineuse, où il a frôlé les 100 km/h, n'a fait qu'accroître son avantage.

Cycliste de l'équipe Decathlon CMA CGM en montée.
Cycliste de l'équipe Decathlon CMA CGM en montée. — (source)

Plusieurs cadors ont été mis en difficulté dès cette première étape : Joao Almeida, Daniel Felipe Martinez, Emanuel Buchmann, Tobias Johannessen, Lorenzo Fortunato, Wout Van Aert. Matthew Riccitello, lieutenant de Seixas, a abandonné, victime d'une intoxication alimentaire. Jordan Jegat, 10e du dernier Tour, a crevé au pied de la côte de Rousset et n'a jamais pu revenir.

Alexis Renard dans l'ombre, Alex Baudin dans la lumière : la bascule d'une génération

Le parallèle entre Alexis Renard et Alex Baudin illustre parfaitement la complexité du cyclisme français. Renard, coureur de Cofidis né en 2000, incarne cette génération talentueuse mais souvent cantonnée aux seconds rôles. Baudin, né un an plus tard, partage ce statut de l'ombre.

Pourtant, le Savoyard a su saisir sa chance. Ancien pensionnaire de l'équipe AG2R-Citroën, il a connu des moments difficiles, notamment une disqualification du Tour d'Italie 2023. Sa reconstruction chez EF Education-EasyPost en 2025 lui a offert une seconde chance. « C'est tellement dur de gagner qu'on l'attend toujours », a-t-il lâché après sa victoire.

L'opposition avec Paul Seixas est frappante. Là où le Lyonnais bénéficie d'un statut de superstar involontaire, avec une équipe entièrement dévouée à sa cause, Baudin a bâti sa carrière dans l'ombre. Ses résultats cette saison — 9e de Paris-Nice, 9e du Tour du Pays Basque, 6e de la Flèche Wallonne — montraient pourtant une progression constante.

Le contraste entre les deux hommes dépasse le simple cadre sportif. Seixas, étudiant à l'EM Lyon Business School, futur plus jeune participant au Tour de France depuis 89 ans, incarne la précocité et la fulgurance. Baudin, formé au Guidon d'Or La Léchère, un petit club savoyard de Notre-Dame-de-Briançon, représente la persévérance et le travail de l'ombre. Le cyclisme français a besoin des deux profils.

Alex Baudin : le récit d'une attaque millimétrée et d'une résistance héroïque

Le déroulé de l'étape mérite qu'on s'y attarde. L'attaque de Baudin dans la côte de Rousset n'était pas un coup de folie, mais le fruit d'une analyse tactique précise. Le Savoyard avait repéré cette difficulté comme le point idéal pour faire basculer la course.

À 28 km de l'arrivée, alors que l'échappée matinale commençait à s'essouffler, Baudin a placé une accélération brutale. Ses compagnons d'échappée ont immédiatement accusé le coup. Debruyne et Bisiaux ont tenté de réagir, mais le rythme imposé par le Savoyard était trop élevé.

Au sommet de la côte de Rousset, Baudin comptait 1 minute 20 d'avance sur le peloton. La descente, technique et rapide, lui a permis de creuser encore l'écart. Les chronos indiquaient des pointes à 100 km/h, comme le rapporte le site officiel du Tour AURA. « J'ai senti que c'était le bon moment, que je pouvais le faire », a-t-il expliqué.

Dans les dix derniers kilomètres, un groupe de contre s'est formé avec Kévin Vauquelin, Oscar Onley et Luke Plapp. Ces trois coureurs ont pris 12 secondes d'avance sur le groupe des favoris, où Seixas, Ayuso et Del Toro se neutralisaient mutuellement. Baudin, lui, filait vers la victoire.

Il a coupé la ligne d'arrivée avec 32 secondes d'avance sur Debruyne (2e) et Bisiaux (3e). Le groupe des favoris, emmené par Seixas, pointait à 44 secondes. Une performance exceptionnelle pour un coureur qui n'avait plus gagné depuis deux ans.

Paul Seixas sur un vélo de contre-la-montre lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes.
Paul Seixas sur un vélo de contre-la-montre lors du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. — (source)

Intoxication alimentaire : le détail qui rend la victoire de Baudin encore plus folle

L'aspect le plus incroyable de cette victoire réside dans les circonstances qui l'ont précédée. Alex Baudin a révélé au micro de L'Équipe avoir souffert d'une intoxication alimentaire la veille de la course. « Je n'y croyais pas du tout, j'ai eu une intoxication alimentaire hier matin avant de venir. Je n'étais pas du tout confiant », a-t-il confié.

Cette révélation ajoute une dimension humaine à une performance déjà remarquable. Imaginez devoir pédaler 146 km, attaquer dans une côte difficile et résister en solitaire pendant près d'une demi-heure, le tout avec un système digestif perturbé. La résilience physique et mentale du sportif de haut niveau atteint ici des sommets.

Baudin a également détaillé sa saison 2026, qu'il qualifie de « meilleure de sa carrière ». Ses places d'honneur sur Paris-Nice, le Tour du Pays Basque et la Flèche Wallonne témoignent d'une régularité exemplaire. Mais il lui manquait cette victoire, celle qui valide tous les efforts.

« De faire ça, c'est fou ! C'est tellement dur de gagner qu'on l'attend toujours », a-t-il ajouté, les larmes aux yeux. Un moment d'émotion rare dans le cyclisme moderne, où les victoires sont souvent protocolaires. Cette sincérité a touché le public et les observateurs.

Les 4 maillots en un jour : une rareté statistique dans le cyclisme moderne

La performance de Baudin ne se limite pas à la victoire d'étape. En franchissant la ligne en premier, il a également pris la tête de quatre classements distincts : le maillot jaune du classement général, le maillot vert du classement par points, le maillot à pois du meilleur grimpeur, et le maillot blanc du meilleur jeune.

Cette rareté statistique mérite d'être soulignée. Dans le cyclisme moderne, où les spécialistes se partagent les maillots, un tel « carton plein » est exceptionnel. Il faut remonter à plusieurs éditions du Dauphiné pour trouver trace d'une performance similaire.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 32 secondes d'avance sur Debruyne et Bisiaux, 44 secondes sur le groupe des favoris. Baudin a non seulement gagné l'étape, mais il a aussi construit une avance confortable au classement général. Le groupe de contre mené par Vauquelin a bien grignoté 12 secondes sur les favoris, mais sans menacer la victoire du Savoyard.

Cette domination totale pose une question intéressante : Baudin peut-il conserver le maillot jaune jusqu'à la fin de la semaine ? L'étape 3, un contre-la-montre par équipes, pourrait rebattre les cartes. Mais pour l'instant, le Savoyard savoure chaque instant de cette journée parfaite.

Paul Seixas : erreur du prodige ou coût d'une stratégie trop prudente ?

Le revers de la médaille, c'est Paul Seixas. Le prodige lyonnais, attendu comme le grand favori, a terminé 17e de l'étape, à 44 secondes de Baudin. Une contre-performance relative, mais qui soulève des questions sur la gestion de la course par son équipe.

Avant l'étape, Seixas avait déclaré ne pas vouloir prendre le maillot jaune dès le premier jour. « Je ne sais pas si c'est la bonne idée. Ne pas le prendre nous éviterait d'avoir à faire beaucoup de travail demain », avait-il confié à franceinfo. Une déclaration qui, rétrospectivement, semble avoir libéré Baudin.

L'équipe Decathlon CMA CGM a contrôlé l'échappée une grande partie de la journée, mais n'a pas réagi quand Baudin s'est échappé dans la côte de Rousset. Les favoris se sont neutralisés, chacun attendant que l'autre fasse l'effort. Résultat : personne n'a bougé, et Baudin en a profité.

Dans le final, Seixas a perdu 12 secondes supplémentaires sur un groupe de contre mené par Vauquelin. Plus inquiétant encore, son coéquipier Léo Bisiaux faisait partie de ce groupe et ne s'est pas relevé pour l'attendre. Une faille dans la hiérarchie de l'équipe qui n'a pas échappé aux observateurs.

« Ne pas prendre le maillot jaune » : l'aveu qui a libéré Baudin

La déclaration de Seixas avant l'étape mérite une analyse approfondie. En affirmant vouloir éviter le maillot jaune, le Lyonnais a envoyé un signal à ses adversaires : il n'était pas prêt à assumer le rôle de favori dès le premier jour.

Cette prudence stratégique se comprend. Le maillot jaune implique un travail de défense épuisant, avec l'obligation de contrôler les échappées et de protéger son leader. Dans une course de huit jours, avec un contre-la-montre par équipes en troisième étape, prendre le maillot trop tôt peut être contre-productif.

Mais cette déclaration a aussi libéré Baudin. En entendant que le grand favori ne voulait pas du maillot, le Savoyard a compris qu'il avait une carte à jouer. « J'avais visé cette étape. Il y avait quelque chose à faire », a-t-il expliqué après sa victoire.

Le contraste entre les deux hommes est saisissant. D'un côté, Seixas, le prodige qui gère sa saison avec une maturité presque excessive. De l'autre, Baudin, le chasseur qui saisit sa chance sans se poser de questions. Le statut de favori est un boulet que Seixas a refusé de porter, laissant un autre le faire à sa place.

Léo Bisiaux : une faille dans le leadership de Seixas ?

La question posée par RMC Sport après l'étape est légitime : pourquoi Léo Bisiaux, coéquipier de Paul Seixas chez Decathlon CMA CGM, ne s'est-il pas relevé pour attendre son leader dans le final ?

Bisiaux faisait partie du petit groupe qui a pris 12 secondes d'avance sur Seixas dans les cinq derniers kilomètres. Au lieu de freiner pour permettre à son leader de revenir, il a continué à rouler avec Vauquelin, Onley et Plapp. Résultat : Seixas a perdu du temps sur des rivaux directs pour le classement général.

Alex Baudin à l'entraînement sur son vélo de contre-la-montre, portant les couleurs de l'équipe Decathlon Van Rysel.
Alex Baudin à l'entraînement sur son vélo de contre-la-montre, portant les couleurs de l'équipe Decathlon Van Rysel. — (source)

Cette situation soulève des interrogations sur la hiérarchie au sein de l'équipe Decathlon CMA CGM. Bisiaux, jeune coureur talentueux, a-t-il privilégié sa propre performance au détriment de celle de son leader ? Ou s'agit-il d'un défaut de communication dans le feu de l'action ?

La réponse n'est pas simple. Dans le cyclisme moderne, les équipes ont des hiérarchies claires, mais les courses sont imprévisibles. Bisiaux a peut-être simplement suivi le mouvement sans réaliser que Seixas était en difficulté derrière. Une chose est sûre : cet épisode sera analysé en profondeur lors du débriefing de l'équipe.

L'abandon de Matthew Riccitello, lieutenant de Seixas, victime d'une intoxication alimentaire, n'a pas arrangé les choses. L'équipe Decathlon CMA CGM s'est retrouvée affaiblie dans le final, sans coureur capable de contrôler les attaques.

La jeunesse française en ordre de marche, entre prodiges et travailleurs de l'ombre

Cette première étape du Tour AURA met en lumière un réservoir de talents français impressionnant. Au-delà du duel Baudin-Seixas, c'est toute une génération de coureurs tricolores qui s'affirme sur la scène World Tour.

Alexandre Leaute, champion de France espoirs et spécialiste du contre-la-montre, incarne cette vague montante. Né en 2003, il a tracé son chemin avec patience et détermination. Son parcours rappelle celui de Baudin : des années dans l'ombre, des sacrifices, et une progression constante.

Le système de formation français fonctionne à plein régime. Des clubs comme Lyon Sprint Évolution, où Seixas a commencé, ou Chambéry Cyclisme Compétition, qui a formé Baudin, produisent des talents chaque année. La filière française n'a jamais été aussi riche.

Mais cette abondance pose aussi des questions. Comment gérer l'éclosion simultanée de plusieurs talents ? Comment éviter la concurrence stérile et créer une émulation positive ? Le cyclisme français, avec ses hauts et ses bas, offre un exemple de ce qui peut arriver quand la pression devient trop forte.

D'Alexandre Leaute à Alex Baudin : le chemin de croix du cycliste français lambda

Le parcours d'Alexandre Leaute illustre parfaitement les difficultés rencontrées par les jeunes cyclistes français. Champion de France espoirs, vainqueur de courses nationales, il a dû patienter avant d'obtenir une place dans une équipe World Tour.

Baudin a connu un chemin similaire. Formé au Guidon d'Or La Léchère, un petit club savoyard, il a gravi les échelons un par un. Son passage chez AG2R-Citroën a été mitigé, avec une disqualification du Giro 2023 qui aurait pu briser sa carrière. Sa reconstruction chez EF Education-EasyPost a nécessité du temps et de la patience.

L'exemple contraire est celui de Paul Seixas, passé professionnel à 18 ans sans passer par la case « petites courses ». Son talent précoce lui a ouvert les portes des plus grandes équipes. Mais cette voie rapide comporte aussi des risques : la pression médiatique, les attentes démesurées, la gestion de la célébrité.

Le cyclisme français a besoin des deux profils. Les prodiges comme Seixas apportent la lumière et les victoires. Les travailleurs comme Baudin et Leaute assurent la densité et la profondeur de l'effectif. Les deux sont indispensables à la santé de la discipline.

Alexis Vuillermoz : une leçon de patience pour Seixas ?

À 37 ans, Alexis Vuillermoz incarne une autre facette du cyclisme français. Vainqueur d'étape sur le Tour de France, lauréat de la Classic de l'Ardèche, il a construit une carrière solide sans jamais être considéré comme un prodige.

Son expérience contraste avec la précocité de Paul Seixas. Là où le Lyonnais a déjà sept victoires World Tour à 19 ans, Vuillermoz a dû attendre ses 27 ans pour décrocher son premier succès sur le Tour. Deux trajectoires différentes, mais qui mènent toutes deux au sommet.

La question que beaucoup se posent : la pression mise sur Seixas est-elle saine ? Le comparer à Hinault, Anquetil ou Pogacar avant même ses 20 ans, c'est lui imposer un fardeau que peu de champions ont porté à cet âge. Un article récent sur Paul Seixas au Tour de France : plus précoce que Hinault, Anquetil et Pogacar ? analyse ces parallèles historiques.

La maturité affichée par le Lyonnais dans ses déclarations rassure. « L'âge n'est ni un frein ni une excuse », a-t-il affirmé en officialisant sa participation au Tour de France. Mais la route est encore longue, et les embûches nombreuses.

Du Tour AURA au Tour de France : les conséquences pour les deux hommes

Cette première étape a des implications qui dépassent le simple cadre du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Pour Baudin comme pour Seixas, les conséquences sur la suite de la saison sont considérables.

Baudin, avec son maillot jaune et ses quatre classements, s'est positionné comme un sérieux prétendant à la victoire finale. Sa performance dans la côte de Rousset a montré qu'il avait les jambes pour rivaliser avec les meilleurs. Reste à savoir s'il pourra tenir sur la durée.

Pour Seixas, la perte de 44 secondes n'est pas catastrophique. Mais elle l'oblige à revoir sa stratégie. S'il veut gagner ce Tour AURA, il devra attaquer dans les prochaines étapes, quitte à prendre des risques. Un article récent sur Paul Seixas au Tour de France 2026 : l'enjeu décisif du Pays basque évoque les choix qui s'offrent à lui.

L'étape 2, entre Saint-Martin-le-Vinoux et Le Puy-en-Velay, offre un profil plus accidenté qui pourrait favoriser les attaquants. L'étape 3, un contre-la-montre par équipes, sera cruciale pour Decathlon CMA CGM, qui dispose d'un collectif solide.

Le chrono par équipes, planche de salut pour Decathlon CMA CGM ?

L'étape 3 du Tour AURA est un contre-la-montre par équipes, une spécialité où Decathlon CMA CGM excelle. L'équipe de Seixas dispose d'un collectif homogène, capable de rouler vite et longtemps.

Pour Baudin, cette étape sera un test décisif. EF Education-EasyPost n'a pas la même force collective que Decathlon CMA CGM. Le Savoyard devra compter sur ses coéquipiers pour limiter la casse et défendre son maillot jaune.

L'incertitude tactique est totale. Baudin, désormais leader, devra défendre son bien. Seixas, libéré de la pression du maillot, pourra adopter une stratégie plus offensive. Le contre-la-montre par équipes pourrait rebattre complètement les cartes.

Les écarts sont encore faibles : 32 secondes entre Baudin et Debruyne, 44 secondes sur Seixas. Un mauvais chrono par équipes pourrait tout faire basculer. À l'inverse, une bonne performance pourrait consolider l'avance du Savoyard.

Alex Baudin : un statut de leader à confirmer en vue de la Grande Boucle

Pour Alex Baudin, cette victoire pourrait changer sa carrière. En dernière année de contrat chez EF Education-EasyPost, il a prouvé sa valeur sur la plus grande scène. Un succès World Tour est le meilleur argument pour négocier un nouveau contrat.

Les portes du Tour de France pourraient s'ouvrir. Jusqu'à présent, Baudin n'avait jamais participé à la Grande Boucle. Sa performance sur le Tour AURA pourrait convaincre son équipe de l'aligner au départ de Barcelone le 4 juillet.

Mais attention à ne pas brûler les étapes. Gagner une étape du Tour AURA est une chose, enchaîner trois semaines sur le Tour de France en est une autre. Baudin devra gérer sa condition physique et son capital énergie pour ne pas se griller avant l'été.

Son rôle dans l'équipe pourrait également évoluer. D'équipier de luxe, il pourrait devenir leader sur certaines courses. Sa polyvalence — grimpeur, rouleur, puncheur — en fait un coureur complet, capable de s'adapter à tous les terrains.

Conclusion : quand la tactique et l'expérience parlent plus fort que le talent brut

Cette première étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes restera dans les mémoires comme le jour où Alex Baudin a volé la vedette à Paul Seixas. Un scénario que personne n'avait anticipé, mais qui illustre parfaitement la beauté du cyclisme.

Le duel entre les deux hommes est une métaphore de la discipline. D'un côté, le talent brut et la précocité de Seixas, propulsé au rang de superstar avant même ses 20 ans. De l'autre, l'opportunisme et l'expérience de Baudin, qui a saisi sa chance au moment où elle se présentait.

La leçon de cette étape est claire : dans le cyclisme, la stratégie compte autant que les jambes. Seixas a peut-être été trop prudent en refusant de porter le maillot jaune. Baudin, lui, n'a pas hésité à prendre des risques et en a été récompensé.

Le Tour AURA est relancé. Baudin porte désormais le maillot jaune, mais la course est loin d'être terminée. Seixas a les moyens de revenir, à condition de montrer plus d'agressivité dans les prochaines étapes.

Le cyclisme français a trouvé deux chefs de file aux styles radicalement différents. L'un incarne la fougue de la jeunesse, l'autre la sagesse de l'expérience. Les deux sont essentiels pour porter haut les couleurs tricolores sur les routes du monde.

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Questions fréquentes

Alex Baudin a-t-il gagné le Tour AURA 2026 ?

Oui, Alex Baudin (EF Education-EasyPost) a remporté la première étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes (ex-Critérium du Dauphiné) à Saint-Ismier. Il a attaqué seul dans la côte de Rousset et devancé Paul Seixas de 44 secondes, prenant la tête de quatre classements (jaune, vert, à pois, blanc).

Pourquoi Paul Seixas a-t-il perdu sur le Tour AURA ?

Paul Seixas a perdu 44 secondes sur Alex Baudin lors de la 1re étape du Tour AURA. Le prodige lyonnais avait déclaré ne pas vouloir prendre le maillot jaune dès le premier jour, ce qui a libéré Baudin. Son équipe Decathlon CMA CGM a contrôlé l'échappée mais n'a pas réagi à l'attaque décisive dans la côte de Rousset.

Qu'est-ce que le Tour Auvergne-Rhône-Alpes ?

Le Tour Auvergne-Rhône-Alpes (Tour AURA) est le nouveau nom du Critérium du Dauphiné depuis 2026. Cette course cycliste par étapes se déroule dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec un parcours escarpé et piégeux comme la côte de Rousset (8,2 km à 7,6%).

Alex Baudin a-t-il eu une intoxication alimentaire ?

Oui, Alex Baudin a révélé avoir souffert d'une intoxication alimentaire la veille de la première étape du Tour AURA. Malgré cela, il a attaqué dans la côte de Rousset à 28 km de l'arrivée et résisté en solitaire pour remporter sa première victoire World Tour.

Sources

  1. Alex Baudin — Wikipédia · fr.wikipedia.org
  2. fr.wikipedia.org · fr.wikipedia.org
  3. "Je vais viser la victoire finale" : pourquoi Seixas peut (déjà) avoir de grandes ambitions sur le Tour Auvergne-Rhône-Alpes, à un mois du Tour de France · franceinfo.fr
  4. Tour Auvergne-Rhône-Alpes : le Français Alex Baudin fait coup double sur la première étape avec la victoire et le maillot jaune · franceinfo.fr
  5. Demi Vollering remporte le Giro pour la première fois de sa carrière après avoir renversé le classement général lors de la 9e et dernière étape · franceinfo.fr
terrain-pro
Thomas Rabot @terrain-pro

Ancien handballeur en nationale 3, je vis le sport avec passion même si mon genou m'a dit stop. Coach sportif à Dijon, je regarde tout : foot, basket, tennis, sports de combat, e-sport. J'analyse les perfs avec un œil technique mais accessible. Les stats, c'est bien, mais je préfère raconter les histoires humaines derrière les résultats. Le sport, c'est pas que des chiffres – c'est des gens qui se dépassent.

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