
Signification du nom Aikibudo
- Ai : prendre de l'essor, s'accorder pour n'en faire qu'un.
- Ki : la fluidité de l'âme, de l'esprit, de la force et enfin de l'énergie même.
- Bu : tout simplement le courage.
- Do : la voie tracée dans cet art.
Les exemples sont nombreux. Le « Do » existe dans d'autres disciplines :
- Judo : voie de la souplesse
- Karaté-do : voie des mains vides
- Kendo : voie du sabre
- Kyudo : voie de l'arc
- Shodo : voie de la calligraphie
- Aikibudo : la voie de l'harmonie !
Ces voies sont destinées à :
- atteindre un objectif précis : la maîtrise technique de ce qui précède l'intitulé ;
- développer la maîtrise qui découle de la pratique exercée.
Tous les arts martiaux utilisent donc cette voie qui correspond à la méthode ainsi qu'à l'art.
Philosophie et principe de l'Aikibudo
La voie de l'Aikibudo conduit ses adeptes sur l'Aiki de la grande harmonie, débouchant sur un espace spirituel ouvert à tous. Il n'est ni une « prise » ni même un ensemble de « prises ». C'est un état d'être, un principe universel.
Aiki signifie unir, harmoniser en soi son énergie (Ki) afin de libérer son élan vital. De ce dernier, on parviendra à établir un lien solide avec une énergie universelle. La réalisation de cet état d'harmonisation permettra de contrecarrer toute agression avant de l'avoir décidé, ou mieux encore, avant d'avoir réalisé qu'elle a eu lieu.
C'est le générateur de toutes les activités spontanées où l'homme, à travers ses capacités et une forte intuition, unit ses efforts avec la matière pour procéder à une création bien déterminée. Les calligraphes zen, les grands artistes et les grands artisans de génie en créent. On peut ainsi affirmer, sans craindre d'être contredit, que ceux-ci pratiquent des techniques propres à la voie de l'Aiki.
Symbole Bu : force et paix
L'idéogramme symbolise la force qui procure la paix. Elle est issue du courage qui lui-même naît de la sublimation de l'idée de la mort. Bu associé à Aiki indique clairement que la recherche de l'état d'Aiki s'effectue à travers la pratique des arts guerriers. Une fois atteint, cet état débarrasse les arts guerriers de l'agressivité pour les rendre plutôt disponibles à la paix.
Pratique et techniques de l'Aikibudo
Outre le nombre important de techniques manuelles de défense à main nue, la pratique de l'Aikibudo apprend à celui qui la pratique à affronter des armes blanches ou Kobudo traditionnels tels que le Ken-jutsu, le Jō-jutsu, le Bō, le Tanto-jutsu et la Naginata-jutsu, entre autres.
Le travail aux armes enseigne la distance et le sens du combat réel qui éveille le courage et la vaillance du Bu. Les défenses manuelles sont directes, rationnelles, réalistes, efficaces et effectuées sur toutes sortes d'attaques. Le style est court, mais aussi esthétique et peut être amplifié à volonté. Cet enseignement intègre la recherche intérieure de l'état d'Aiki dans sa forme originelle.
Histoire et tradition de l'Aikibudo
Les écoles d'Aikibudo perpétuent l'enseignement d'origine et traditionnel des techniques et concepts diffusés par les grands maîtres Takeda Sokaku et Ueshiba Morihei avant la Seconde Guerre mondiale.
Au Japon, l'Aikibudo originel et traditionnel poursuit son chemin sous son nom d'origine « Daito Ryu Aiki Budo ». Sa direction est assurée par le maître héritier Takeda Tokimune. En parallèle, la transmission de la forme d'Aikibudo issue du maître Ueshiba Morihei se fait à travers l'enseignement de certains de ses disciples d'avant-guerre, tels que les maîtres Mochizuki Minoru, Inoue Yoichiro et Iramino Minoru, pour ne citer qu'eux.
En Europe, la France comprise, cet art s'est fait connaître sous le nom générique d'Aikido et représente sous ce nom son aspect originel.
Développement en France et en Europe
L'enseignement a été pris en charge par le groupe CERA (1) qui perpétue son acquis ancestral. C'est le maître Mochizuki Minoru, disciple des grands maîtres Kano Jigoro et Mifune Kyuzo pour le Judo, Ueshiba Morihei pour le Daito-ryu Aikijujutsu, Aiki-bujutsu et Aikido, et Shina Ichizo, Itoo Tanéchiki et Kuboki Sozaemon pour le Kobudo Katori Shinto Ryu, qui introduisit l'Aikido-Aikibudo en France et en Europe en 1951.
Il détenait le 8ème Dan de Menkyo Kaiden et Daito Ryu Aiki Bujutsu du maître Ueshiba, le plus haut grade qu'il partageait à l'époque avec le vétéran maître Tomiki. Par son action, il est à l'origine du développement en France et en Europe de l'Aikido-Aikibudo.
Son premier grand disciple européen, Jim Alcheik (qui serait d'origine berbère, donc d'Afrique !), créa à son retour du Japon en 1957 la Fédération Française d'Aikido-Taijutsu et Kendo (F.F.A.T.K.), officialisant ainsi l'enseignement de son maître. C'est la succession de ce mouvement initial qu'assumera le CERA. Jim Alcheik mourra accidentellement en 1962. Ce dernier fera découvrir d'autres disciplines telles que le Yoseikan Budo.
En 1983, l'Aikibudo deviendra officiellement une co-discipline de la F.F.A.A.A., ou Fédération Française d'Aikido, d'Aiki-Budo et Affinitaires (2).
(1) : École traditionnelle de Budo. Un Ryu fondé et dirigé par maître Floquet.
(2) : En 1983, la Fédération d'Aiki-budo et de Kobudo ainsi que le Comité National d'Aiki-Budo de la F.F.J.D.A. se sont associés. Ils donneront naissance à une fédération officielle : la Fédération Française d'Aikido, Aiki-Budo et Affinitaires (F.F.A.A.A.).