Affiche promotionnelle de l'exposition « Vive la mariée ! » à l'Institut du monde arabe, présentant trois femmes en tenues formelles et parures de joaillerie
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"Vive la mariée !" à l'IMA : la fête du farah, un regard critique et un billet à 12 €

Du 29 septembre 2026 au 28 février 2027, l'Institut du monde arabe réunit costumes de mariage d'Algérie, du Maroc et de Tunisie et oeuvres de 27 artistes contemporains. Le farah, un des mots arabes pour le mariage, qui signifie "joie", y coexiste avec les questions de sujétion et d'inégalités. Entrée 12 €, 6 € pour les 12-26 ans.

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Du 29 septembre 2026 au 28 février 2027, l'Institut du monde arabe consacre une exposition aux cultures du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Le titre annonce le programme : c'est la mariée que l'on salue, et c'est elle que l'on observe.

Affiche promotionnelle de l'exposition « Vive la mariée ! » à l'Institut du monde arabe, présentant trois femmes en tenues formelles et parures de joaillerie
Affiche promotionnelle de l'exposition « Vive la mariée ! » à l'Institut du monde arabe, présentant trois femmes en tenues formelles et parures de joaillerie - (source)

Un costume aussi précieux qu'éphémère

L'accrochage part d'un paradoxe assumé : un vêtement qui peut peser plusieurs kilos d'or, de fils et de perles, et qui ne se porte qu'un jour. De ce contraste naît le parcours conçu par les commissaires Élodie Bouffard et Nawel Dehina.

Des costumes et des parures des XIXe et XXe siècles y sont présentés, issus de collections algériennes, marocaines et tunisiennes : caftans brodés, coiffes, ceintures, bijoux de cérémonie. Konbini et Mond Afrique en comptent "une quarantaine" au total. L'IMA, de son côté, annonçait "une trentaine de tenues et parures de mariées inédites en France". Les deux formulations circulent dans la presse et ne se rapportent pas forcément au même périmètre. Dans tous les cas, une sélection, pas un inventaire.

Mannequins habillés de costumes traditionnels colorés et brodés, accompagnés de bijoux, présentés dans une vitrine de l'exposition Vive la mariée ! à l'Institut du monde arabe
Mannequins habillés de costumes traditionnels colorés et brodés, accompagnés de bijoux, présentés dans une vitrine de l'exposition Vive la mariée ! à l'Institut du monde arabe - (source)

L'IMA insiste sur ce que ces pièces disent des différences régionales, mais aussi des pratiques partagées entre communautés musulmanes et juives : la constitution du trousseau, la préparation de la mariée, la succession de cérémonies qui peut s'étaler sur plusieurs jours. Certaines parures ont une fonction protectrice ; d'autres signalent un statut social ou une appartenance.

Un patrimoine ancien, vingt-sept regards d'aujourd'hui

Le second volet est le plus intéressant : il oppose à ces objets patrimoniaux les oeuvres de 27 artistes contemporains du Maghreb et de sa diaspora - photographie, vidéo, textile, broderie, installation. Parmi les artistes figurent Lazhar Mansouri, Djamel Farès, Ghizlane Sahli, Aïcha Filali, Sara Ouhaddou, Ymane Fakhir, Meriem Bouderbala et Maïssane Alibrahimi. La composition est, rapporte Arts in the City, presque entièrement féminine.

C'est là que l'exposition cesse d'être une vitrine de beaux costumes. Dans la série "Moroccan Brides", Valérie Belin s'intéresse au corps que dissimule l'apparat. De ce lourd habit de la mariée de Fès, maintenu par une armature de bois, elle écrit qu'il est "au sens propre comme au sens figuré un carcan, symbolisant la sujétion de l'épouse". La magnificence du vêtement devient ainsi une question sur la place laissée à celle qui le porte.

De son côté, la réalisatrice algérienne-américaine Kenza Bousseloub raconte dans Beauty in the chaos le mariage de son frère aîné, étalé sur une semaine. Dans l'agitation des préparatifs à la maison, c'est "les plus beaux instants" qu'elle filme. Ce regard garde la joie au premier plan. Maïssane Alibrahimi, elle, assemble des pièces de sucre moulé ornées de perles issues de caftans pour interroger les rapports de pouvoir et la construction de la féminité.

Le mot qui sert de boussole au parcours n'est pas anodin. Konbini le rappelle : en arabe, l'un des mots qui désigne le mariage est le farah, qui signifie "joie". Le farah désigne donc le mariage autant que la joie qu'on y célèbre. Le parcours, lui, fait place aux questions de sujétion et d'inégalités : les attentes, les rôles conjugaux et les tensions qui accompagnent ce "moment pivot" y côtoient la fête qu'énonce le terme. Le titre est une acclamation ; le parcours ne l'est pas tout à fait.

Une tradition que l'on célèbre et que l'on discute

Le programme refuse l'opposition trop commode entre tradition figée et modernité. Un caftan brodé témoigne d'un savoir-faire ; le carcan de Belin fait apparaître les contraintes dont le costume peut aussi être porteur. Mettre ces deux lectures en regard permet de parler de transmission sans taire les rapports de pouvoir.

Le dernier volet, consacré à la réinvention des rites dans la diaspora en France, prolonge cette idée. Un mariage ne conserve pas simplement des usages : les familles les déplacent, les adaptent et leur donnent un autre sens. Projections, rencontres et concerts accompagnent l'exposition dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026. Ce dialogue intéressera aussi ceux pour qui le mariage est une histoire familiale, et pas seulement un sujet de musée.

Infos pratiques et prix

  • Dates : du 29 septembre 2026 au 28 février 2027
  • Lieu : Institut du monde arabe, 1 rue des Fossés-Saint-Bernard, 75005 Paris - métro Jussieu (lignes 7 et 10)
  • Horaires : du mardi au vendredi, 10 h-18 h ; samedi et dimanche, 10 h-19 h ; fermé le lundi
  • Tarifs : 12 € plein, 10 € réduit, 6 € pour les 12-26 ans, gratuit pour les moins de 12 ans
  • Billetterie : réservation en ligne d'une visite libre ou guidée

Grand panneau promotionnel de l'exposition « Vive la mariée ! » installé sur un cadre métallique devant l'Institut du monde arabe, aux murs blancs à rosaces dorées
Grand panneau promotionnel de l'exposition « Vive la mariée ! » installé sur un cadre métallique devant l'Institut du monde arabe, aux murs blancs à rosaces dorées - (source)

À 12 € en plein tarif, tout dépend de ce que l'on vient chercher. Si les costumes, les gestes transmis et leur relecture par les artistes vous intéressent ensemble, le programme donne de bonnes raisons de faire le déplacement. Venir seulement pour de belles robes, c'est manquer la question la plus forte de l'exposition : que célèbre-t-on du mariage, et que choisit-on d'en discuter ?

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Questions fréquentes

Quand se déroule l'exposition "Vive la mariée !" à l'IMA ?

Du 29 septembre 2026 au 28 février 2027.

Combien coûte l'entrée à l'exposition de l'IMA ?

12 € en plein tarif, 10 € en tarif réduit, 6 € pour les 12-26 ans et gratuit pour les moins de 12 ans.

Quelles cultures sont représentées dans l'exposition ?

Les cultures du mariage en Algérie, au Maroc et en Tunisie, avec des pratiques partagées entre communautés musulmanes et juives.

Quels objets et quelles oeuvres découvre-t-on à l'IMA ?

Des costumes et des parures de mariage des XIXe et XXe siècles, issus de collections algériennes, marocaines et tunisiennes, dialoguent avec les oeuvres de 27 artistes contemporains : photographie, vidéo, textile, broderie et installation.

Qui sont les commissaires de l'exposition ?

Élodie Bouffard et Nawel Dehina.

Sources

  1. Expo : de la mariée à l’œuvre d’art, le patrimoine maghrébin réinventé par des artistes · agenceecofin.com
  2. Exposition Vive la mariée ! à l'Institut du monde arabe - Arts in the City · arts-in-the-city.com
  3. Vive la mariée ! – Paris | Baratin · baratin.art
  4. L'Institut du monde arabe raconte les mariages du Maghreb au ... · beurfm.net
  5. Ventes de billets en ligne - Institut du monde arabe · billetterie.imarabe.org
fresh-sounds
Noémie Garbot @fresh-sounds

Je trouve les artistes avant qu'ils explosent, c'est mon superpouvoir. Étudiante en musicologie à Montpellier, j'écume SoundCloud à 2h du mat' pour dénicher la prochaine pépite. Mon algorithme Spotify est complètement cassé à force de lui faire écouter des trucs obscurs. Je vais à tous les concerts de petites salles, je connais les programmateurs par leur prénom. Quand un artiste que j'ai découvert passe à la radio, je dis « je l'écoutais avant » sans aucune honte.

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