
Le 3 juin prochain, le professeur Jacques Jouana, académicien de l'Institut des Inscriptions et Belles-Lettres (la « sœur jumelle » de l'Académie française), viendra rendre visite aux jeunes hellénistes et latinistes de Flers dans l'Orne. Cette visite fait suite à leur venue historique sous la coupole, le 26 avril dernier.
Origine du projet : promouvoir les langues anciennes
Tout est parti d'un simple projet pédagogique visant à promouvoir les langues anciennes auprès des jeunes. Mme Barbier, professeur de grec au lycée Guéhenno, a eu l'idée d'une visite à l'Académie française. Elle a donc demandé une invitation — sans vraiment y croire — pour notre groupe en voyage à Paris, à Mme de Romilly et au professeur Jean Leclant.
Devant la motivation de notre professeur, mais aussi très impressionnés par nos effectifs en langues anciennes (environ 80 élèves sur tout le lycée, à une époque où l'on parle sans cesse de fermer ces options), ces derniers ont répondu favorablement à cette requête. Le professeur Jean Leclant s'est même proposé de nous recevoir personnellement. Dans un souci de recevoir dignement les élèves, il a décidé de solliciter la présence de certains de ses confrères : les professeurs Callu, Poule et Jouana.
Ainsi, nous avons été reçus en « grande pompe » par ces immortels de la culture française. Pendant plus d'une heure et demie, ils se sont entretenus avec nous sous la coupole, nous félicitant de l'intérêt que nous portions aux langues anciennes. En tant qu'élèves, ce que nous avons le plus apprécié, c'est l'accueil vraiment particulier qu'ils nous ont réservé : tenant beaucoup au protocole pour ce genre de visite, ils ont cependant manifesté envers nous une grande simplicité et se sont montrés très chaleureux.
Un engagement pour la sauvegarde du latin et du grec
Cette volonté de nous marquer les esprits en nous recevant d'une telle manière souligne l'intérêt que ces personnalités portent à la culture classique française. En effet, à une époque où les langues anciennes sont mal vues et de moins en moins enseignées, les académiciens continuent de lutter pour la sauvegarde de ces matières. C'est d'ailleurs dans ce but que Mme de Romilly a lancé son « appel » dans la presse en janvier dernier.
On peut donc comprendre le désir du professeur Jacques Jouana de venir à Flers nous rencontrer, comme une manière de marquer de nouveau les esprits puisque cette venue sera une première en France. Aucun académicien, jusqu'à présent, n'avait pris la peine de recevoir un groupe de scolaires sous la coupole — et donc encore moins de se déplacer pour venir les rencontrer.
Une rencontre qui change le regard sur les académiciens
Enfin, beaucoup d'entre nous ont compris l'utilité de ces hauts personnages que nous imaginions auparavant plutôt comme des monstres de savoir tout « poussiéreux », à l'image des livres qu'ils étudient.