Le 28 juin 2026, de 14h à 20h, le Loft de La Bellevilloise dans le 20e arrondissement parisien accueille la toute première édition du Salon de la BD érotique. Porté par Flore Cherry et Anne Hautecoeur, cet événement prolonge l'énergie du Salon de la littérature érotique en se consacrant exclusivement au neuvième art. Avec une vingtaine d'artistes, sept masterclasses et un collectif baptisé « Fièvres » en tête d'affiche, ce salon promet de redonner ses lettres de noblesse à un genre trop longtemps cantonné aux marges.
« Fièvres » au cœur du tout premier Salon de la BD érotique à La Bellevilloise

Le cadre a son importance. La Bellevilloise, 19-21 rue Boyer, est un lieu qui pulse depuis des années au rythme des concerts, des expositions et des événements culturels. Son Loft, vaste espace modulable, va se transformer le temps d'un après-midi en galerie vivante du désir dessiné. Le choix de ce quartier populaire et créatif du 20e arrondissement n'a rien d'anodin : il ancre le salon dans une dynamique de quartier, loin des circuits institutionnels du neuvième art.
L'événement naît d'une filiation directe. Flore Cherry, autrice et journaliste, avait lancé le Salon de la littérature érotique il y a plusieurs années. Sa huitième édition, en novembre 2024, avait confirmé l'appétit du public pour une exploration libre et décomplexée de l'intime par le livre. Avec Anne Hautecoeur, directrice de la librairie La Musardine, elles ont voulu créer un espace dédié à la bande dessinée, un médium où l'image et le texte s'entrelacent pour raconter autrement les désirs.
Le 28 juin 2026, « Le Loft » de La Bellevilloise devient le temple du 9ᵉ art érotique
Les tarifs ont été pensés pour attirer un public large. Les early birds, à 15 euros, sont disponibles jusqu'au 27 juin à minuit. Sur place, l'entrée passera à 25 euros. C'est un pari sur l'affluence : les organisatrices misent sur une fréquentation jeune et curieuse, prête à découvrir ce que la nouvelle vague de la BD érotique a à offrir.
Le Loft, avec ses murs de brique et sa lumière tamisée, offre un écrin idéal pour des œuvres qui jouent souvent avec l'ombre et le clair-obscur. Les visiteurs pourront déambuler entre les stands des artistes, assister aux masterclasses et feuilleter les ouvrages présentés par les éditeurs partenaires. L'ambition affichée est claire : faire de ce salon un rendez-vous annuel incontournable pour les amateurs du genre, mais aussi pour ceux qui n'osent pas encore franchir le pas.
« Fièvres », le collectif Dynamite qui redonne ses lettres de noblesse au genre
Au centre de l'événement, il y a un livre. « Fièvres », publié par La Musardine dans sa collection Dynamite, est un collectif qui rassemble plus d'une vingtaine d'artistes autour du thème du désir. Chaque planche est une plongée dans un univers singulier, une variation sur la fièvre qui monte, celle du corps et celle du trait.
Ce qui frappe dans « Fièvres », c'est la diversité des approches. Là où les classiques du genre — Manara, Crepax, Serpieri — imposaient un regard souvent masculin et hétéronormé, ce collectif ouvre le champ des possibles. Des corps de toutes morphologies, des désirs qui ne se plient pas aux attendus, des scènes où la tendresse côtoie la crudité. C'est un manifeste silencieux mais puissant : la BD érotique n'est plus l'apanage d'un seul regard.
Petites Luxures, Maïa Mazaurette, Manolo Carot : les artistes de « Fièvres » en maîtres de cérémonie
La force du salon, c'est aussi de mettre en avant les visages derrière les dessins. La liste des artistes annoncés donne le vertige : Petites Luxures, Maïa Mazaurette, Marie Casaÿs, Benoît Feroumont, Manolo Carot, Caroline de Ruffray, Stella Polaris, Inès Allahverdian, Janevsky, Luigi Critone, Chéri, Clara Néville, Alban Sapin, Kris, Swann Dupont, Ariane Burgelin… Plus d'une vingtaine de noms, certains déjà connus du grand public, d'autres à découvrir.
Chacun apporte sa patte, son univers, sa manière de jouer avec les codes du désir. Petites Luxures, figure montante des réseaux sociaux, transforme les situations quotidiennes en saynètes érotiques d'une précision redoutable. Maïa Mazaurette, chroniqueuse et autrice, explore les marges de la sexualité avec une plume acérée. Manolo Carot, lui, mise sur un humour décalé qui désarme les pruderies.
7 masterclasses pour apprendre à dessiner le désir avec Stella Polaris et Benoît Feroumont
Le programme des masterclasses est l'un des points forts de l'événement. Sept sessions de trente minutes chacune, réparties sur l'après-midi, permettent aux visiteurs de passer derrière le crayon. Caroline de Ruffray animera un atelier sur la représentation de la diversité des corps, une question centrale dans le renouveau du genre. Stella Polaris, elle, décortiquera l'esthétique pop contemporaine du BDSM, montrant comment les codes visuels peuvent dire la domination et la soumission sans tomber dans la caricature.
Inès Allahverdian dévoilera les coulisses de la création d'une affiche, de l'esquisse à l'impression. Benoît Feroumont, connu pour son humour décalé, explorera les liens entre rire et érotisme en bande dessinée. Les autres masterclasses, dont les horaires précis seront communiqués sur place, aborderont des thèmes aussi variés que l'usage de la couleur, la narration sans paroles ou le dessin de scènes d'intimité.
L'aspect participatif est central. Les visiteurs ne sont pas de simples spectateurs : ils peuvent esquisser personnages et scènes pendant les ateliers, poser des questions, échanger avec les artistes. C'est cette proximité qui fait la spécificité du salon, comme le souligne la description de l'événement par UniDivers : « une rencontre culturelle, accessible et surtout résolument participative ».

De « Visions en bleu » à « La Liste » : les pépites du catalogue 2025‑2026 à dénicher
Au-delà de « Fièvres », le salon sera l'occasion de découvrir une sélection des meilleures BD érotiques de l'année. ActuaBD a dressé une liste qui donne envie de fouiller les stands. « Visions en bleu » d'Urbinno joue sur les transparences et les superpositions pour évoquer le désir sans jamais le montrer frontalement. « HistoireSEXtraordinaires » mêle récit historique et fantasmes, tandis que « Des vices et des os » de Manolo Carot assume un ton résolument potache.
« La Liste » d'Ikna, elle, explore la mécanique du fantasme à travers un récit choral où chaque personnage coche ses cases. « Sugarpop », enfin, est une explosion de couleurs acidulées qui fait la part belle aux corps libérés des normes. La variété des styles est impressionnante : du noir et blanc ciselé aux aplats fluorescents, du récit réaliste à la satire, chaque ouvrage propose une entrée différente dans l'érotisme.
L'affaire Vivès et la faillite des grands éditeurs : pourquoi ce salon arrive à point nommé
Pour comprendre l'importance de ce salon, il faut revenir sur le contexte éditorial des dernières années. Le marché de la BD érotique a connu un séisme avec l'affaire Vivès, du nom du dessinateur dont les œuvres ont été retirées du Festival d'Angoulême en 2023 après des polémiques sur leur contenu. Cet épisode a eu des conséquences concrètes : Glénat s'est désengagé du secteur, Delcourt a drastiquement réduit sa production.
Résultat : un vide. Les grands éditeurs, frileux, ont laissé le champ libre à des structures plus agiles, prêtes à prendre des risques. Tabou et La Musardine, notamment, ont fait de la BD érotique leur fond de commerce. La collection BD Cul, chez Monte-en-l'air, continue d'offrir un espace de liberté artistique où les auteurs peuvent explorer sans autocensure.
Tabou et La Musardine, les piliers du renouveau de la BD érotique
Le paysage éditorial s'est donc recomposé autour de quelques acteurs clés. Tabou, avec son catalogue éclectique, mise sur des séries qui durent et des auteurs fidèles. La Musardine, de son côté, a développé des collections qui vont de l'érotisme soft aux explorations plus radicales. Leur présence au salon n'est pas anecdotique : ce sont eux qui portent aujourd'hui le genre.
Cette recomposition a aussi un effet sur la créativité. Libérés des contraintes des grands groupes, les petits éditeurs peuvent publier des œuvres plus audacieuses, plus personnelles. Les auteurs n'ont plus à lisser leur propos pour correspondre à des attendus marketing. Le résultat, c'est une production plus diverse, plus sincère, qui parle à un public en quête de représentations authentiques.
« Des hommes dessinant pour des hommes » : la révolution des représentations selon Anne Hautecoeur
Anne Hautecoeur ne mâche pas ses mots. Pour la directrice de La Musardine, la BD érotique a longtemps été dominée par « des hommes dessinant pour des hommes ». Manara, Serpieri, Crepax : des maîtres, certes, mais dont le regard restait celui d'un public masculin hétérosexuel. Les corps féminins y étaient souvent standardisés, les scènes pensées pour exciter un regard masculin.
La nouvelle génération d'autrices et d'illustratrices change la donne. Elles dessinent des corps qui ressemblent à ceux qu'elles croisent dans la rue, des scènes d'intimité qui prennent en compte le plaisir féminin, des situations où le désir ne se plie pas aux hiérarchies traditionnelles. Le salon est le point de rencontre de cette nouvelle vague, en phase avec les attentes d'un public 18-25 ans qui réclame des représentations libres et variées de la sexualité.
BD Cul, Dynamite, Monte-en-l'air : les labels de l'ombre qui redessinent le genre
Si les grands éditeurs ont déserté, les labels indépendants ont pris le relais avec une énergie contagieuse. BD Cul, chez Monte-en-l'air, est devenu une référence pour ceux qui cherchent une BD érotique qui ne se prenne pas trop au sérieux. Dynamite, la collection de La Musardine, se veut plus exigeante, avec des ouvrages soignés qui revendiquent une véritable ambition artistique.
Ces labels fonctionnent comme des laboratoires. Ils publient des premiers albums, donnent leur chance à des auteurs inconnus, explorent des thématiques que les grands groupes jugent trop risquées. Leur présence au salon est essentielle : ce sont eux qui garantissent la diversité et la vitalité du genre.
« Des vices et des os » : le phénomène Manolo Carot qui cartonne chez les 18‑25 ans
Manolo Carot est l'un des noms qui revient le plus souvent dans les discussions sur la nouvelle BD érotique. Son album « Des vices et des os », publié chez Tabou, a trouvé un public immédiat chez les jeunes lecteurs. Pourquoi un tel succès ? Parce que Carot mélange les genres avec une insolence réjouissante. Ses planches mêlent humour potache, références pop et scènes d'intimité décomplexées.
Le ton est léger, jamais vulgaire. Carot ne cherche pas à provoquer, il raconte des histoires où le désir fait partie de la vie quotidienne, comme une évidence. Ses personnages ne sont pas des archétypes : ils ont des défauts, des doutes, des fous rires. C'est cette humanité qui séduit un public lassé des représentations trop lisses ou trop sulfureuses.
L'essor des collectifs : pourquoi « Fièvres » est le symbole de la BD érotique nouvelle vague
« Fièvres » n'est pas qu'un livre, c'est une déclaration d'intention. En réunissant plus d'une vingtaine d'artistes autour d'un même thème, le collectif Dynamite affirme que la BD érotique est un genre collectif, collaboratif, où les regards se croisent et s'enrichissent mutuellement.
Chaque planche de « Fièvres » est une réponse à une autre, un dialogue entre styles et sensibilités. On passe du trait délicat de Petites Luxures à l'encrage nerveux de Janevsky, des couleurs saturées de Chéri au noir et blanc épuré de Clara Néville. Le résultat est kaléidoscopique, à l'image d'un genre qui refuse de se laisser enfermer dans une seule définition.
« Résolument participative » : l'expérience totale du Salon de la BD érotique décryptée
Au-delà des livres et des artistes, le salon mise sur une expérience immersive. L'idée est simple : faire de la visite un moment de création partagée, où chacun peut passer du statut de spectateur à celui d'acteur. Les masterclasses en sont le cœur, mais pas seulement.
Les allées sont conçues pour favoriser les rencontres. Les artistes ne sont pas derrière des barrières : ils dessinent en direct, échangent avec les visiteurs, donnent des conseils. L'ambiance est décontractée, loin des codes parfois intimidants des salons traditionnels. Comme le résume UniDivers, c'est « une rencontre culturelle, accessible et surtout résolument participative ».
Croquer, discuter, vibrer : le salon comme atelier géant de création
L'aspect participatif se matérialise concrètement. Des tables sont mises à disposition des visiteurs qui veulent s'essayer au dessin. Des feuilles, des crayons, des encres : tout est fourni pour que chacun puisse laisser libre cours à son imagination. Les artistes passent entre les tables, jettent un œil, donnent des conseils.
Cette approche tranche avec l'image parfois confidentielle ou sulfureuse de la BD érotique. Ici, pas de tabou : on dessine, on rit, on échange. Les corps sont croqués sans jugement, les désirs esquissés sans pudeur. C'est un espace de liberté où la créativité prime sur la morale.
Audio érotique et nouveaux imaginaires : les tendances explorées par Flore Cherry
Flore Cherry, co-organisatrice du salon, insiste sur la diversification des modes d'exploration de l'imaginaire érotique. « Ces dernières années, les modes d'exploration de l'imaginaire érotique se sont profondément diversifiés, explique-t-elle. L'audio érotique s'est installé durablement, tandis que de nouvelles formes numériques émergent. »
Le salon ne se contente donc pas de mettre en avant des livres. Il explore les tendances qui façonnent la culture érotique contemporaine. L'audio, avec ses podcasts et ses récits chuchotés, connaît un essor fulgurant chez les 18-25 ans. Les formats numériques, des webtoons aux applications interactives, ouvrent des possibilités inédites. Le salon se veut connecté à ces mutations, offrant un panorama complet de ce que peut être l'érotisme aujourd'hui.
Billets early bird, accès et programme : ton guide survie pour le 28 juin à Paris
L'événement approche, et il est temps de s'organiser. Le salon se tient le 28 juin 2026, de 14h à 20h, dans le Loft de La Bellevilloise. L'adresse : 19-21 rue Boyer, Paris 20e. Le métro Gambetta est à quelques minutes à pied, desservi par les lignes 3 et 3bis.
Les billets early bird, à 15 euros, sont disponibles jusqu'au 27 juin à minuit. Passé ce délai, l'entrée coûtera 25 euros sur place. La différence est significative, et pour ceux qui veulent être sûrs d'avoir une place — les masterclasses ont une jauge limitée —, la réservation en ligne est vivement conseillée.
De 15 à 25 euros : comment réserver ta place et optimiser ta visite
Pour réserver, direction le site de La Bellevilloise ou les plateformes partenaires. Le processus est simple : choix du nombre de billets, paiement sécurisé, réception d'un QR code à présenter à l'entrée. Pas d'impression nécessaire, le smartphone suffit.
Une fois sur place, quelques conseils pour optimiser la visite. Arriver tôt, vers 14h, permet de profiter des masterclasses sans se presser. Le programme complet sera affiché à l'entrée, mais il est conseillé de repérer à l'avance les sessions qui intéressent. Les artistes sont disponibles tout l'après-midi, mais les plus populaires — Petites Luxures, Maïa Mazaurette, Manolo Carot — attirent vite du monde.
Prévoir un budget pour les achats. Les ouvrages présentés sont en vente directe, souvent dédicacés. C'est l'occasion de repartir avec des pièces uniques, comme « Visions en bleu », « Des vices et des os » ou « La Liste », repérés plus haut. Les éditeurs proposent aussi des goodies : affiches, marque-pages, prints.
Pourquoi « Fièvres » et le Salon de la BD érotique marquent un tournant pour le genre
Ce salon n'est pas un événement isolé. Il s'inscrit dans une dynamique plus large de renouveau du genre, portée par une génération d'artistes qui refuse les carcans. « Fièvres » en est le symbole : un collectif qui rassemble des voix diverses, un livre qui se feuillette comme un manifeste, une déclaration d'intention qui dit que la BD érotique a sa place dans les librairies et les salons.
Le contexte de marché, avec le désengagement des grands éditeurs et l'émergence de labels indépendants, a créé un vide que ce salon vient combler. Mais plus qu'une simple réponse à une offre défaillante, c'est une affirmation : le neuvième art érotique est vivant, créatif, et il parle à un public jeune en quête de représentations libres et variées de la sexualité.
Conclusion : un rendez-vous à ne pas manquer pour les amateurs du neuvième art érotique
La combinaison d'une œuvre forte, d'une programmation participative audacieuse et d'un lieu iconique comme La Bellevilloise fait de ce salon un rendez-vous à ne pas manquer. Ce n'est pas une fin en soi, mais le début d'un nouveau chapitre pour le neuvième art érotique.
Les organisatrices ont réussi à créer un espace où se rencontrent la tradition du neuvième art et les aspirations d'un public moderne, exigeant et curieux. La diversité des artistes présents, la richesse des masterclasses et la qualité des ouvrages présentés témoignent d'une vitalité que beaucoup croyaient éteinte.
Alors, le 28 juin, direction le 20e arrondissement. Les crayons sont taillés, les planches sont prêtes, et le désir n'attend que vous. Que vous soyez amateur éclairé ou simple curieux, ce salon vous tend les bras pour une après-midi de découvertes, d'échanges et de créations partagées.