
Lancée il y a douze ans pour célébrer les météores du début août, les Perséides, la « Nuit des Étoiles » n'est plus seulement une soirée télévisuelle : elle s'étend maintenant sur trois jours. 468 sites accueilleront gratuitement le public cette année, de vendredi à dimanche, dont 100 à l'étranger, contre 349 l'an dernier. Quelque 2,5 millions de téléspectateurs devraient suivre l'émission de France 2, mercredi soir, qui accueillera l'astrophysicien Hubert Reeves et plusieurs astronomes de renom (Sylvie Vauclair, Antoine Labeyrie, Michel Mayor, Daniel Kunth), l'ancien directeur du programme scientifique de l'Agence spatiale européenne (ESA), Roger-Maurice Bonnet, ainsi que la ministre déléguée à la recherche et ancienne spationaute, Claudie Haigneré.
Pourquoi l'astronomie est-elle si populaire ?
Le succès de cette soirée et des manifestations qu'elle a suscitées témoigne de la fascination des humains pour le ciel, à l'origine de la plus populaire des disciplines scientifiques, où les amateurs peuvent atteindre un niveau respectable et contribuer à l'accumulation des connaissances.
On compte aujourd'hui plus de 100 000 astronomes amateurs de haut niveau dans le monde. En France, il existe quelque 700 clubs et associations d'astronomie, qui regroupent plus de 30 000 adhérents. Chaque année, 150 000 visiteurs se rendent sur les lieux d'observation et d'animation mis en place lors de la « Nuit des Étoiles » (liste consultable sur le site Internet Ciel et Espace et par Minitel : 3615 Big Bang).

Pollution lumineuse : les étoiles disparaissent-elles ?
Le succès des « Nuits » tient aussi au fait que, sous nos latitudes, l'été constitue pour les citadins en vacances le seul moment véritablement propice à la contemplation des étoiles. La multiplication des éclairages nocturnes et la pollution atmosphérique concourent malheureusement à priver une grande partie de la population de cette vision du ciel.
Une carte établie par l'Association française d'astronomie (AFA) et l'Institut géographique national (IGN), publiée en juillet dans le magazine de l'AFA, Ciel et Espace, montre ainsi un seul endroit à posséder un ciel vraiment « propre » : sur le Causse de Gramat (Lot), entre Rocamadour, Figeac et Cahors.
Comment observer les Perséides en 2003 ?
En cas de conditions météorologiques favorables, les amoureux du ciel pourraient toutefois avoir la chance d'observer bientôt davantage d'étoiles filantes que les autres années à pareille époque.
La Terre est entrée le 17 juillet dans la périphérie du nuage de poussières issu de la comète 109P/Swift-Tuttle, du nom de ses découvreurs, Lewis Swift et Horace Tuttle (en 1862). Lorsqu'elles entrent dans l'atmosphère terrestre, à une vitesse de l'ordre de 210 000 km/h, ces poussières se consument et forment ces traînées lumineuses très brillantes qui semblent toutes provenir d'un même point de fuite, le « radiant », dans la constellation de Persée — d'où leur nom.
Alors qu'on peut déjà observer actuellement plusieurs météores à l'heure, au meilleur moment — dans la nuit du 12 au 13 août (maximum prévu le 13 à 10h00, heure de Paris) —, on devrait en voir plusieurs centaines, prévoient les spécialistes, et ce d'autant mieux que le ciel sera sombre (nouvelle lune le 8 août).