
J'écris cet article suite aux réactions à un article que j'ai lu dans cette même rubrique : « L'homosexualité chez les jeunes » de mademoiselle Mélanie Gannet.
L'homosexualité n'est pas un choix
On parle de « choix » de son homosexualité. C'est absurde ! Choisit-on d'être attiré par le sexe opposé ? Choisit-on l'hétérosexualité ? Bien sûr que non, me diront les hétéros ! Le seul choix dont disposent les homosexuels, c'est de vivre leur orientation au grand jour ou pas. Et ce n'est même pas leur propre choix, car dans une société si étroite d'esprit, on oblige des êtres humains à avoir une réflexion douloureuse sur leurs amours et attirances.
Dans un monde idéal, on n'aurait pas à faire un « coming out » : on vivrait simplement ce que l'on a en soi, sans être jugé à tort et à travers.
Homoparentalité : un droit légitime pour tous
On parle aussi d'homoparentalité. Être homosexuel n'ampute en rien un homme ou une femme de son désir de parentalité.
Si l'on se penche sur la psychologie infantile, l'enfant n'a besoin pour se développer correctement que d'amour et de stabilité. Si le schéma familial ne ressemble pas à la sacro-sainte famille (père + mère + enfant), cela n'handicapera pas l'enfant si ce dernier a une image maternelle ou paternelle à laquelle se référer : un grand-père, une grand-mère, un oncle, une tante…
Sans parler uniquement d'homosexualité, des enfants vivent sans papa ou sans maman et ne s'en sortent pas forcément si mal.
De plus, les parents homosexuels peuvent parler de la différence au sein de leur famille avec leur enfant, quand celui-ci est en âge de comprendre. Bien sûr, les enfants peuvent être cruels et l'on ne peut garantir que ce mode de vie ne sera pas source de moqueries. Mais soyons honnêtes : si l'homosexualité n'avait pas une image dévalorisée, les enfants n'y verraient rien à redire.
Je suis moi-même fille de lesbiennes et je ne l'ai pas mal vécu. Et contrairement à ce que pensent certains, je ne suis pas homosexuelle moi-même. Les couples homosexuels ont des amis hétérosexuels, des amis parents isolés. L'enfant a donc une myriade d'exemples de familles autour de lui. L'homosexualité n'est pas transmissible par les gènes…
Dans un monde idéal, le droit inaliénable à la parentalité serait respecté, quelle que soit l'orientation sexuelle des parents.
Religion et homosexualité : pour en finir avec les préjugés
On en vient même à parler de Dieu… Je me demande ce qu'il vient faire dans ce débat. La foi est quelque chose de très personnel, quelle que soit sa confession. On n'est pas censé, lorsque l'on est un bon croyant, juger le comportement d'autrui. Sinon, il faut accepter d'être vu comme un intégriste ou un extrémiste (et j'assume cette déclaration). Il n'est pas incompatible d'être homosexuel et croyant.
Les personnes affirmant une foi très forte et qui crient au scandale de l'homosexualité semblent avoir oublié quelque chose de fondamental : le respect d'autrui.
L'homosexualité implique que les personnes soient consentantes, il ne faut pas tout mélanger. Cela n'a absolument rien à voir avec la pédophilie, qui est un crime. Il n'y a rien de honteux ou de malsain à l'homosexualité.
Dans un monde idéal, chaque croyant écouterait le message d'amour de sa religion et aimerait son prochain en acceptant sa différence.
Représentation médiatique : brisons les clichés sur l'homosexualité
Il n'y a pas de représentation publique de l'homosexualité en dehors des clichés véhiculés par les médias. C'est bien dommage, car si l'on voyait des publicités mettant en scène des couples homosexuels, de la même façon que des couples hétérosexuels, cela permettrait peut-être de la banaliser.
Il semblerait que la société dans laquelle nous vivons essaie de nous faire croire que l'homosexualité n'existe pas (pas plus qu'il n'existe de personnes de couleur, d'ailleurs ! Je vous assure, il n'y en a pas dans la pub !).
De plus, comme pour tout ce qui lui pose un problème moral, la société a tendance, lorsqu'elle aborde ce sujet « épineux », à véhiculer une image cliché de l'homosexualité : haine du sexe opposé, pratiques sexuelles dissolues… Les homosexuels ne sont pas des obsédés sexuels. Leurs sentiments sont aussi complexes que les nôtres. Ils n'ont pas plus tendance à l'infidélité, n'ont pas un appétit sexuel plus développé…
Certains proposent une théorie farfelue selon laquelle l'homosexualité serait une maladie psychique. En ce cas, l'hétérosexualité est aussi une maladie ? Je ne me sens pas malade. Je ne le suis pas.
Puis, je tiens à rappeler qu'une affreuse rumeur a circulé à l'apparition du virus du sida : celui-ci était appelé « le cancer gay », alors que de nos jours, il touche et décime des milliers d'hommes et de femmes dans le monde.
Dans un monde parfait, les hommes et les femmes vivraient leur vie comme ils le veulent. Ils n'auraient pas peur de s'aimer. Ils n'auraient pas peur de devoir sacrifier leur amour au nom de la « bienséance ». Dans un monde idéal, la peur de la différence n'existerait pas. Mais nous ne sommes pas encore dans ce monde-là. J'espère que nos enfants préféreront un « monde idéal » à celui dans lequel nous vivons.