Témoignage : une déclaration d'amour face au VIH
C'est tellement facile de croire que l'on est le seul à souffrir et que rien ne peut venir à bout de cette souffrance. Moi, je ne veux ni souffrir, ni regretter, je veux aimer. Je préfère écrire ce jour mon premier écrit par amour justement. Cet écrit est un combat aussi. Le mien. Cet avis est un morceau de moi, précieux, il est ma faiblesse. Il m'a rappelé que j'étais faillible, pas toujours à la hauteur, et que c'était en l'acceptant vraiment que mon existence avait un sens.
Je n'avais pas besoin de me sentir très utile, de vouloir à tout prix changer le monde ou d'apporter toujours aux autres malgré eux pour exister. Cet avis est le plus important qu'il m'ait été donné d'écrire pour tout ce qu'il implique de choix qui l'ont précédé et qui lui survivront. C'est une ouverture. Je pense qu'il le restera dans les tréfonds de mon cœur, car pour une fois, j'ai écrit pour moi, pour eux, pour vous. J'ai écrit une bouteille à la mer.
HIV Mon Amour : une histoire extraordinaire
Quatre-vingt-dix mots pour parler de ce site, c'est à la fois trop et pas assez. Cela me semble soudain terriblement difficile, pour ne pas dire impossible. Des mots, sûrement ne serviraient-ils à rien (ou si peu) pour retranscrire ce qui est, ici, pour moi, de l'ordre de la sensation indicible. Mais voilà, ces mots, je dois les trouver ! Comment alors vous donner l'envie d'un jour le découvrir si ce n'est en laissant tout simplement parler mon cœur ?
« HIV mon Amour », ce n'est pas qu'un choc de mots pour éveiller quelque esprit sur un sujet douloureux. C'est une personne, une histoire, une âme – celle de Françoise. C'est une rencontre étrange et troublante, parfois dérangeante : des rêves, l'insouciance, un monde, du courage, les murmures, une fantaisie outrageante, des audaces punies, le raisonnablement fou et le follement raisonnable, une raison un peu molle et une mollesse un peu folle synthétisés en une poignée de pages.
Des défilements, les erreurs, l'inconstance, des errances, la solitude, des retours, les plaisirs, le silence d'une jouissance.
Bruyant et violent silence.
La vie au positif.
C'est une mise à nu faite de picotements, d'enthousiasme et de pudeur.
Quand le positif sert le négatif
Le positif servant au négatif et vice-versa. Une libération. Un ouvroir. Un hommage, surtout, sobre et infiniment humain à un amour furieux qui sait et épelle la chair jusque dans le sang, criblé de souvenirs puissants et affreusement vibrants, poignants, bouleversants, si remuants au cœur et aux tripes que l'on ne peut en ressortir indemne.
Le vertige est celui de la connaissance. Je ne l'ai pas connue et pourtant, j'ai le sentiment de la connaître, sûrement mieux que moi-même. Ne plus se donner, c'est se donner encore, c'est donner son sacrifice. Nulle plainte, nul désespoir, nulle défaite que celles qui ouvrent les portes ! Que de la vie sur des airs de poèmes et de vérités intimes avec son bonheur, ses étapes et son cordial singulier de souffrance !
H-I-V
MON AMOUR
Le positif sert au négatif et vice versa.
Lire, relire, ressentir la vie
Je lis, relis, tourne les pages d'un virtuel si réel qu'il en devient vivant, sensé, presque palpable. J'éprouve la chair, le sang des mots. Chaleur, frissons, explosion. Une pléiade d'émotions m'étreint. J'écoute le battement d'on ne sait quelle divine horloge à travers la mince cloison charnelle de la vie pleine de sang, de tressaillements et de souffles. Je suis près du noyau mystérieux des choses. LA VIE, enfin.
J'apprends à regarder, à accepter, à aimer totalement malgré tout ce qui m'effraie. Ce n'est pas assez aimer les êtres que de ne pas adorer leurs défauts, leur misère, leur avilissement, leur malheur.
Une intimité s'était établie entre ces deux êtres : Françoise et Philippe, possédés du même dieu, atteints du même mal. En 1998, au contact de cette bulle nommée « internet », Ripley, croyant oublier Philippe, devient un personnage, commence à parler d'elle avec ses mots à elle pour ne raconter qu'elle ! C'est la première chose qu'il fait en découvrant la toile : il tisse son histoire, exorcise une douleur, offre un cœur en témoignage d'une vie.
Il pense s'oublier, mais il est là, partout : fort dans les impressions, vital dans les choix. Textes, photos, ombres et couleurs en guise de saignements. Il la fait vivre à fleur de peau sans se poser de question, avec toute cette spontanéité sublime qui révèle l'amour (le sien, le leur). Et les silences, les vides, les espaces se font soudain « présence » : insaisissable et muette présence des choses, des êtres, des sentiments.
Apprendre à écouter vraiment
Il arrive toujours un moment où l'on apprend à se taire, peut-être parce qu'on est enfin devenu digne d'écouter. Où l'on cesse d'agir parce qu'on a appris à regarder quelque chose d'immobile en jouissant de la présence sereine de celui qu'on aime. Où l'on commence à aimer aussi parce qu'on a retenu une douleur, mais surtout TOUT ce que constitue l'être chéri au-delà de la maladie (et de la mort).
DANS LA VIE !
Je ne suis rien, je ne serai jamais rien, je ne peux vouloir être rien ; à part ça, je porte en moi tous les rêves du monde.
LAISSE MOI TE MONTRER LE MONDE AVEC MES YEUX ET JE LE REGARDERAI AUSSI AVEC TES YEUX.
Un message personnel et universel
Je ne suis pas poète, ce ne sont que mes mots à moi pour parler de ce que Françoise m'inspire depuis « notre » rencontre ; pour dire, enfin, combien je tiens à toi Philippe et combien j'ai envie de continuer à rêver que l'amour soit aussi possible pour nous autant qu'en nous malgré ce fléau qui dort et vit toujours en toi.
Tu estimes que je fais de ton virtuel quelque chose de plus beau que ton réel ; moi, je veux faire de notre réel quelque chose de plus beau que notre virtuel. « Le bonheur est un dieu qui marche les mains vides », ai-je un jour entendu au détour d'une lecture. On ne bâtit un bonheur que sur un fondement de désespoir. Je le crois aussi et je crois que je vais pouvoir me mettre à construire à tes côtés si tu veux bien de moi.
Pardon de vouloir le crier à la terre entière ; pardonnez-moi, vous lecteurs, de me prendre pour témoin ici de mes sentiments. N'est-ce pas aussi à cela que peut servir ce site ?
JE SUIS LÀ. Philippe, je me laisse ressentir ce que tu es, comme un jour tu m'as appris que je devais me laisser être heureuse. Aujourd'hui, je suis heureuse et c'est à toi que je le dois. Alors, à toi maintenant de te laisser aimer, d'arrêter de fuir par peur ou de te persuader que tu es condamné à ne plus aimer à cause de ton passé.
On ne fait de sa vie que ce que l'on veut bien en faire au-delà des peurs, des doutes, des promesses faites dans d'autres situations données. MOI, J'AI CHOISI DE VIVRE ! D'aimer la vie, d'être toujours là comme ton amie pour donner tort à ta fatalité. VIVRE avec toi, en toi, pour toi sans jamais nous oublier.
J'ai aimé, j'aime et j'aimerai. Je suis vivante, je suis en vie, je suis dans la vie. Tu fais partie de moi : je t'accepte pour ce que tu es et je t'aime pour tout, et surtout pour tes défauts, tes angoisses, tes impasses et tes fuites ! Parce que c'est toi, tout simplement, et que tu en vaux la peine !
LA DÉMESURE POUR BATTRE LA MESURE DE LA VIE.
Accepter la différence au-delà des sentiments
Car ici, la déclaration n'est qu'une annexe (si joliment écrite soit-elle). Le plus important reste à mes yeux, au-delà de mes sentiments, l'acceptation de la différence.
Trop souvent, je me suis emprisonnée dans la bulle de mon passé ; trop longtemps, je n'ai pensé que par cet avenir qui me fuyait tant je cherchais à le maîtriser par peur de ne pas être à la hauteur. Aujourd'hui, je ne veux voir que l'instant qui m'effleure et me donne du plaisir.
Il faut aimer pour courir le risque d'en souffrir. J'ai choisi d'aimer, de t'aimer. L'amour est sorcier : il sait les secrets, il sait les sources. « Il n'y a pas d'amour malheureux, on ne possède que ce qu'on ne possède pas ; il n'y a pas d'amour heureux, ce qu'on possède, on ne le possède plus ».
Aimer les yeux fermés, c'est aimer comme un aveugle. Moi, j'ai choisi d'aimer les yeux ouverts, c'est peut-être aimer comme un fou : c'est éperdument accepter. Je t'aime comme une folle.
Mais de cet avis, si vous ne devez garder qu'une chose, je vous le demande, retenez FRANÇOISE.
« Nous sommes malheureux parce que nous n'avons pas ce que nous désirons. Mais savons-nous vraiment ce que nous désirons ? »
Une histoire de rédemption et de deuil
26 mai 2001 : un souvenir douloureux
Je me souviens de ce que tu disais, Ruppert : « Ne sois pas chagrin, mon frère. Il me faut m'en aller. Laurie m'attend, là-bas, derrière ces montagnes. Et je ne saurais la décevoir. »
Au dehors, t'attendait un fiacre d'églantines, serti d'or et de diamants, tiré par quatre chevaux aux jarrets de fer ; une merveille à n'en pas douter, et le bonheur ruisselant à tes pieds.
« Ô mon frère, toi mon double, mon jumeau, jamais tu ne sais, je n'aurais pu me résoudre à vivre sans toi ! Mais mes belles paroles et le vin de Jaffa, les souvenirs mouillés de nos courses folles l'été venu, la couronne de bois morts de notre coffre à jouets, de plaisir, ne faisaient plus trembler ton corps. Alors, les yeux sanguins et le vaisseau fou, j'ai, du plus profond de mon âme, imploré le retour et la bénédiction de l'homme au complet marron. Mais, ne voyant rien venir, j'ai, du plus profond de mon être sourd, demandé le secours du monstre au nez de verre.
Je me souviens de l'insoutenable force montante en mes seins, de la couleur des arbres décharnée, et du chant saccadé des oiseaux de Gourragne. Je me souviens t'avoir crié les mots du magicien des ombres, et de tes joues enfouies aux creux de mes yeux. Alors, de ma main toute déployée, je t'ai, d'un seul coup et sans faiblir, arraché le visage, pour le mettre à ma poche. Un tourbillon de feuilles et de grisailles s'est joué du fiacre et des quatre licornes, prenant au passage nos vignes et nos châteaux, le bleu du ciel et mon regard d'enfant.
Mais voilà qu'aujourd'hui, au rideau de ma vie, tu reviens le cœur en épines, et le cahier à la main ; je te sens renaître aux quatre coins de mon corps, je te sens, là, aux creux de mes bras, à l'orée de mes pieds. Je te sens pousser comme un nouveau-né, écarter les derniers remparts de mes os délavés. Te voici à explorer le fond de mes yeux, à fustiger mes vaisseaux fatigués, et craqueler ma peau jusqu'à la faire crier. Je sens tes mains fondre à la base de mon cou, pour le saisir enfin à double-tour. Le saisir encore, et toujours plus fort, afin de m'arracher ce visage qu'un jour, je te volais.
Si l'heure est venue pour moi de payer mon forfait, sauras-tu m'écouter une dernière fois ? Sauras-tu me croire si je te dis que de ma vie, je n'ai fait qu'un long chemin désolé, un lit de promesses bafouées ? Ô mon frère, mon double, mon jumeau, ne sauras-tu jamais me pardonner, de t'avoir, au fond, épargné la souffrance des prisons inutiles et le poids des amours évaporées ? Ne vois-tu pas que mon corps vidé de sens n'aspire qu'à mourir dans la décence ?
Donnons-nous, si tu le veux bien : le temps du silence. Il m'est interdit d'aimer. »
[P. Ripley Sage - 1991]
20 septembre 2001 : une décision
Il a été mon rêve, mon étoile, la clé de voûte de mon monde. J'ai appris qu'il m'avait menti, trahie, trompée, jamais aimée ; il m'a chassée de sa vie sans explication. Pourtant, il m'a appris l'essentiel. Alors, quelle importance, le reste ?
« L'esprit s'enrichit de ce qu'il reçoit, le cœur de ce qu'il donne. » Il faut à tout prix que nous fassions quelque chose de notre vie : le tour de force consiste à y imprimer l'infini ! Car donner TROP, ce n'est pas encore assez. Je rêve toujours. Il n'est jamais trop fou d'aller au bout de ses rêves et ne plus passer à côté des êtres sans les voir pour rater l'essentiel : le don.
Ne voyez donc en ces mots qu'une forme d'aveu naturel et nécessaire, un légitime effort pour ne rien perdre de la complexité d'une émotion ou de la ferveur de celle-ci. Tendance chimérique à créer un langage totalement poétique malgré moi, dont chaque mot chargé du maximum de sens révèlerait ses valeurs cachées comme sous certains éclairages se révèlent les phosphorescences des pierres.
Il s'agit toujours de concrétiser le sentiment ou l'idée dans des formes devenues elles-mêmes précieuses, comme ces gemmes qui doivent leur densité et leur éclat aux pressions et aux températures presque insoutenables par lesquelles elles ont passé. Ce qu'on peut dire de pis de ces audaces verbales est que celui qui s'y risque court perpétuellement le risque de l'abus et de l'excès, tout comme l'écrivain voué aux litotes classiques frôle sans cesse le danger de sèche élégance et d'hypocrisie.
Les clés de la transformation personnelle
Libération
Quand on est au bord de l'abîme, il y a des moments où l'on saute dans le vide parce que l'on est trop fatigué d'avoir peur et parfois, on saute, juste pour savoir ce que cela fait de tomber.
Pourtant, quand il n'y a plus de certitudes, il reste encore les rêves à condition de les convertir en actes et non de les réduire à des fuites, à des idées ou des mensonges. Ces rêves, lâchés par des mots, en pleine lumière me font rire, pleurer, sourire, parler sans avoir rien à dire. J'ai tout repris, tout tourné, retourné, rien n'a changé vraiment, pourtant. Tout est en moi. Peut-être plus fort que jamais avec cette force de mes rêves qui m'aide à exister.
J'y crois car oser croire en ce monde, à la fois si superficiel et si grave, signifie que je rêve encore. Je suis en vie, je suis vivante, je suis dans la vie ! « L'amour, c'est de ne jamais dire qu'on est désolé ! »
On ne fait jamais vraiment le deuil d'un amour quelle qu'en soit la substance, la consistance, la force. Il n'y a pas d'amour malheureux, on ne possède que ce qu'on ne possède pas ; il n'y a pas d'amour heureux, ce qu'on possède, on ne le possède plus.
Nécessité
Philippe, je sais que tu es aimable et que tu sais aimer. Je t'ai cru, je te crois. Alors ne te pose pas de question. Vis malgré ce que tu portes et accepte de t'aimer comme tu es, c'est peut-être là qu'est ta clé.
Refus de condamner
Le jour où je ne serai plus là, n'oublie pas que je t'ai aimé et que tu resteras toujours en moi, à ta manière.
Quand il n'y a plus de certitudes, il reste les rêves à condition de vouloir tout faire pour les réaliser, les convertir en actes et non les réduire à des idées, des chimères.
Acceptation
Il faut un jour accepter que l'on ne peut faire le bonheur d'un être, si fort soit notre désir de faire partie de sa vie, autrement, différemment. C'est un leurre de croire que l'on aime les gens sans essayer de les changer !
Choix
Je t'ai aimé, je t'aime et je t'aimerai pour tout ce que tu es, pour tout ce que tu m'as donné. Ça ne s'explique pas, ça ne se justifie pas, ça se ressent et ça se prouve. Rien ne nous condamne jamais, il faut Y CROIRE ! Je ne cherche pas à être juste, je veux juste ton bonheur, trop peut-être, même si j'ai hélas compris que je n'en ferai pas partie.
Grâce à toi (à ton histoire), j'ai beaucoup grandi. J'ai pris une décision aujourd'hui et j'ai appris (compris ?) une chose : quand on veut le bonheur d'un être de manière totalement désintéressée, il faut aussi accepter de ne pas en être la source, si dur cela soit-il. Alors, je te le dis de tout mon cœur : je suis heureuse parce que tu es heureux.
Bonne chance !
Ne laisse personne juger ta vie. Elle n'appartient qu'à toi ! Personne ne peut te dire ce que tu dois en faire et personne n'est surtout trop fou d'aller au bout de ses rêves par amour et pour l'amour. Car en amour, trop n'est jamais assez !
Jouissance
Laisse ton esprit aller par les collines, ne critique pas, n'évalue pas, laisse simplement le monde t'envahir, accepte et jouis. L'important n'est pas seulement de voir, de dire, mais de sentir avec son âme.
Chaque instant est précieux, on ne peut perdre le temps à fuir, se complaire, douter (trop de soi, des autres), se mentir ou avoir peur. Chaque instant est un risque, celui d'avoir des idées, des sentiments et de les assumer ; un combat contre soi-même, pour soi-même, par soi-même.
« Papillon de nuit,
Aux ailes turquoises,
Je m'enfuis
Et je pavoise.
Mesdames et messieurs :
Le papillon s'enflamme
Comme les braises d'un feu.
Je vis et je vous toise,
Libre autant que le vent,
Aussi important que fragile.
Je suis le papillon aimant,
Le papillon débile.
Et je ris quand je vous croise.
Papillon de nuit,
Je m'enfuis, je ris,
Éphémère comme la vie. »
[Françoise Rivière-Sage]
Voler de ses propres ailes
J'ai appris que les gens ont des ailes invisibles ; la seule chose au monde que je souhaite, c'est que chacun vole de ses propres ailes ! IL L'A COMPRIS. IL LE RÉALISE, j'espère.
Rien de tragique dans mes sentiments, dans ses mensonges, dans ses personnages, dans mes faillites, dans nos défaites, dans ce fantôme d'amour. Je l'aime, je l'ai aimé, je l'aimerai car il m'a transmis le meilleur de moi et même au-delà de tous les pleurs de mon cœur, l'héritage qu'il m'a laissé souvent malgré lui n'a pas de prix.
QUAND ON SE BAT ON PREND LE RISQUE DE PERDRE ; QUAND ON NE SE BAT PAS ON A DÉJÀ PERDU !
Être soi-même, c'est suffire
Sachez qu'ici, je ne suis vraiment utile à personne, ni à moi, ni à toi, ni à lui, ni à vous ; il serait malsain d'avoir besoin de se sentir utile. Je ne suis que moi avec mes forces, mes mots, mes faiblesses et ce faillible amour fait de lueurs, de perles, d'excès, de désaveux, d'erreurs, de turgescences, de mensonges et de fuites.
Je pourrais dire que je ne suis rien, je ne serai jamais rien, je ne peux vouloir être rien. À part cela, je porte en moi tous les rêves du monde. Il ne faut jamais laisser qui que ce soit nous dire que nos rêves sont trop fous ou qu'ils ne le sont pas assez ! L'important est d'avoir des rêves et de tout faire pour les réaliser.
Et si vous ne comprenez pas, à la fin de cet avis, ce qui en fait sa substance, au-delà d'HIV MON AMOUR et de ma dérangeante déclaration dont la place n'est sûrement pas sur ce site, c'est peut-être qu'il n'y avait à la fois rien et tout à comprendre.
Nous avons osé nous aimer avec nos faiblesses que l'on a transformées en victoire. IL N'Y A PAS D'INFIRMITÉ EN AMOUR, MON PETIT PRINCE.
À toi qui m'a ouverte à moi-même.
VIH/SIDA : comprendre le contexte mondial
Des chiffres qui interpellent
1 personne meurt du SIDA dans le monde toutes les 10 secondes. 25 millions de personnes sont mortes du SIDA en 20 ans à travers le monde. Combien d'autres d'ici 20 ans ? Sûrement le double, peut-être 70 millions d'après les prévisions de l'ONU Sida qui a établi que l'épidémie du SIDA n'en était qu'à ses débuts.
LE SIDA CONCERNE TOUT LE MONDE ET TUE TOUT LE MONDE et non plus seulement les homosexuels et autres toxicomanes ! C'est un fait de société mondial qui atteint les enfants comme les adultes. Surtout quand on sait qu'en Afrique ou en Asie, où les chiffres ont été largement sous-estimés, 6 enfants sur 10 seront des orphelins de cette endémie !
Mais c'est aussi un drame humain en progression permanente ! NE L'OUBLIONS SURTOUT PAS ! LE SIDA EST UN DÉFI QUI S'ADRESSE À CHACUN DE NOUS.
Une réalité qui change les perceptions
Depuis 5 ans, les chiffres tragiques prouvent que 75 % des malades en France sont hétérosexuels (souvent mariés, ignorant qu'ils portent même le virus) et n'ont jamais touché à la drogue ! Ces taux sont de 95 % dans les pays d'Afrique, en Inde et en Asie, où souvent le SIDA de la misère sexuelle a été apporté par des touristes occidentaux dans des pays comme la Thaïlande.
Pourtant, ces pays seront dans 10 ans décimés par l'épidémie et dans certaines régions de ces pays, 80 % des 15-25 ans sont déjà malades et condamnés par le rejet des leurs, le manque de traitement ou le prix trop élevé de ceux-ci puisque les génériques ne sont pas encore autorisés !
Ils n'ont pas été touchés par la seule irresponsabilité, mais par la méconnaissance, le décalage culturel. Des femmes avec leurs enfants sont purement et simplement répudiées quand elles découvrent qu'elles ont le SIDA, souvent par hasard, et qu'elles le doivent à leur mari !
Pire, le refus d'autoriser des génériques plus accessibles pour ces malades qui n'ont aucun moyen de se soigner conduit certains pays à pratiquer le choix des destinataires des thérapies par tirage au sort chaque mois ! Les médecins impuissants dans les pays du tiers-monde n'ont que ce choix terrible pour répondre aux appels désespérés de ce que l'on appelle les « pestiférés » et qui sont aidés dans des dispensaires se limitant à des lits de camp sans autre matériel qu'un stéthoscope et quelques dolipranes pour calmer la douleur !
Ainsi, des gens sont condamnés aussi à cause de politiques médicales internationales gouvernées par les profits que peuvent se faire certains grâce à « une exploitation du SIDA » !
Le cas de la Chine
Et que dire des 100 000 Chinois qui, dans la Chine du Nord, à cause de l'inconscience des pouvoirs politiques et sanitaires, ont été contaminés en vendant leur sang pour survivre ou soigner leurs parents ? Les systèmes procédaient par transfusions simultanées pour mélanger le plasma, réutiliser le sang et réaliser des économies.
Ce pays se meurt aussi petit à petit, sans aucun soin, avec des images sordides qui nous parviennent dans la clandestinité car les autorités refusent d'admettre leurs torts et leur irresponsabilité.
Changer le regard sur le VIH/SIDA
C'est en donnant notre amour et un autre regard que le SIDA NE SERA PLUS UNE HONTE ! Certains croient qu'on ne meurt plus du SIDA, que le SIDA ne les touchera pas. Mais le SIDA NE FAIT PAS DE DISTINCTION ! LE SIDA EST UNE GUERRE QUE TOUT LE MONDE DOIT MENER !
Quand on sait que le SIDA est possiblement dû à des expérimentations douteuses, on ne peut que se sentir concernés ! Fin 1991, la revue scientifique « Nature », réputée pour son sérieux, avait écrit un article qui fit du bruit. Pour elle, l'apparition du SIDA est due à des essais de transfusion sanguine du singe à l'homme, dans le cadre de recherches sur le paludisme dans les années 70. Ces essais auraient permis au virus de quitter son réservoir animal pour s'attaquer à l'homme. J'y tiens, car c'est bien plus qu'une simple hypothèse.
À méditer.
Au-delà de la condamnation physique
Quoi de plus terrible que de savoir, au-delà de la condamnation physique et d'épouvantables déchéances (malgré les avancées qui permettent aujourd'hui à des couples de réaliser leurs désirs d'enfant avec des risques plus limités dans certains cas), qu'il y a le poids du regard de l'incompréhension, voire de l'intolérance aveugle et bête ; gratuitement méchante ?
N'ai-je pas plusieurs fois entendu des gens dire : « Tu aimes un séropositif ? Lui ? Il a le SIDA ? Il l'a bien cherché, qu'il crève, ça débarrassera ! » ?
Dans ce fléau dont on ne guérit toujours pas mais que l'on peut parfois éviter grâce au préservatif, aux tests et à la pilule du lendemain (prise dans les 36 heures suivant un rapport à risque), il ne faut pas oublier l'autre versant : l'humain qui fait prendre conscience que le SIDA est à part et qu'il faut toujours s'en protéger !
Enfin, pour ceux qui s'enferment dans leur conviction, leurs peurs, leur pruderie, le plus dur ici n'est pas d'être d'accord, mais de prendre conscience. On a souvent tendance à être d'accord avec ce qu'on lit, surtout quand c'est si fort, si juste, si humain. Être conscient(e), c'est autre chose, il faut le vivre.
C'est vrai que ce n'est pas toujours évident d'écouter, de comprendre, d'accepter tout, d'aimer complètement. Et l'on se rend compte de ce que c'est quand on va ou travaille dans une association de malades et que l'on voit que certains se contentent de donner un peu d'argent pour avoir bonne conscience alors que des gens crèvent comme des chiens encore aujourd'hui dans nos pays développés, tout cela simplement parce qu'ils sont pestiférés, bannis par le politiquement correct des esprits étroits qui croient ne pas être concernés !
L'argent ne fait plus tout même s'il reste nécessaire. Dans le SIDA, il y a donc un aspect aussi terrible que la déchéance physique ou la mort à retardement : le regard de l'autre, la précarisation, l'exclusion voire l'auto-exclusion comme sa propre double condamnation, les on-dit, les préjugés, la méconnaissance, les doutes, la crainte de se tromper entre compassion et amour, l'envie de briser les barrières mais aussi les peurs qui nous tenaillent.
Car c'est bien le pire dans cette maladie : il faut faire ménage à trois et on est hélas soumis au regard pesant de personnes qui ne nous connaissent pas et ne comprennent pas !
Là on réalise ce qui sépare le SIDA de maladies comme le cancer dont on plaint forcément les malades « qui ne l'ont pas cherché ». Mérite-t-on le SIDA pour avoir pris le risque d'aimer, pour avoir fait une erreur ? La culpabilité, la honte aussi quelquefois et le jugement.
Je l'ai appris indirectement en l'aimant : le pire étant peut-être de convaincre ces personnes-là qu'elles ne sont pas condamnées à ne plus aimer et leur réapprendre à s'accepter pour accepter les autres !
Prendre soin de soi
Surtout prenez garde à vous, il serait dommage de découvrir le prix de la vie quand on s'est déjà brûlé les ailes par inconscience ou oubli !
Pour en savoir plus
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